Si la
fusion entre les avionneurs franco-allemand EADS et britannique BAE
avait eu lieu, on aurait eu un joli jouet. Une bonne grosse boite
industrielle 100% européenne, capable de mettre la pile à
l’américain Boeing, c’est sûr, ça aurait eu de la gueule. On
peut même imaginer qu’à coup de « rationalisation » -
comme on dit – ça aurait fini par créer quelques emplois,
nonobstant la contraction des budgets de la Défense, en Europe comme
aux Etats-Unis.
Las,
cette affaire a tourné court, et l’Union devra se contenter, à
titre de lot de consolation, d’un prix Nobel de la Paix dont on ne
doute pas qu’il sera aussi utile à l’édification de l’espèce
humaine que celui obtenu en son temps par l’élégant Barack
Obama.
L’affaire
a capoté, donc. Elle s’est heurtée à un « nein »
allemand, comme aime à le répéter la presse écrite, que le simple
fait de publier les quatre lettres N-E-I-N semble faire beaucoup
rigoler, sans qu’on sache trop pourquoi. L’Allemagne a eu peur,
semble-t-il. Peur que les activités d’aéronautique civile se
concentrent à Toulouse, comme c’était prévu. Peur que la partie
militaire ne revienne à l’Angleterre, et que dans cette affaire,
l’Allemagne soit le dindon de la farce. Angela Merkel a donc fait
capoter le truc : un peu logique non, présenté comme ça ?
Ce qui
est mignon, du coup, c’est d’entendre ceux-là même,
habituellement si prompts à traquer le « germanophobe »
qui sommeille en chaque européen depuis l’Anschluss de 1938,
conspuer la chancelière avec la dernière énergie. Le journal LeMonde, pour ne citer que lui, se désolait vendredi matin de
l’égoïsme allemand. Lui qui croyait la veille – voir l’édition
de jeudi 11 – que la fusion achopperait sur l'étatisme archaïque
et atavique qui gangrène la France, se trouva trouvé fort dépourvu
lorsque le « nein » fut venu.
Et de
pleurnicher. Quoi, l’Allemagne refuserait de brader des emplois
industriels en pleine tempête économique mondiale ? Qui plus
est à un an d’élections majeures ? Si c’est pas là la
preuve de ignominieuse « double duplicité chez Angela Merkel » ! Et le quotidien de dénoncer, sans blague,
le « provincialisme » de nos cousins germains (on
ne parle plus de « nationalisme » allemand depuis 1945
car ça fout la trouille à tout le monde).
Il y en a
donc qui, dans les meilleures rédactions de France, découvrent en
2012 qu’un pays, même membre de l’UE, défend généralement
ses intérêts de nation d’abord, et fait passer l’Europe après.
Incroyable : l’Allemagne n’est donc pas un pays masochiste !
Faites
gaffe, tout de même, les petits gars du Monde à ne pas
cogner trop fort. Parce que bon, « double duplicité »,
« provincialisme politique» et
« impérialisme industriel », ça fait quand même
beaucoup. A ce rythme-là, la germanophobie n’est
plus très loin….
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