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lundi 20 juin 2016

Municipales en Italie : la révolte d'un pays qui coule





Par Lenny Benbara

Horreur et damnation, le « souverainisme » qui hante l’Europe a encore frappé ! Alors que le Brexit menace outre-Manche et que les élections générales espagnoles s’apprêtent à consacrer Unidos Podemos comme deuxième force parlementaire du pays, voilà maintenant que le Mouvement cinq étoiles (M5S) s’empare de deux grandes villes italiennes : Rome et Turin. Sur fond de participation en net recul - à peine plus de 50% - dans un pays où l’on vote traditionnellement beaucoup, notamment aux municipales, nous assistons à un véritable désaveu pour la classe politique italienne. Les résultats dans les villes moyennes sont peu ou prou à l’image de ce qu’ils sont dans les grandes villes, le Parti Démocrate recule substantiellement, le M5S progresse fortement, le centre droit stagne, et la Ligue du Nord de Matteo Salvini continue à s’implanter dans le Nord du pays, parfois aidée du parti d’extrême-droite Fratelli d’Italia.

Le M5S candidat au pouvoir national

S’il y a bien un fait à retenir de ce scrutin, c’est que le M5S s’est imposé comme premier mouvement d’opposition et est devenu un sérieux candidat au pouvoir. L’éclatante victoire de Virginia Raggi - 65% des voix à Rome, rien que ça - et la prise de Turin par une autre jeune femme - Chiara Appendino, 32 ans seulement - mettent clairement le M5S en ordre de marche pour les élections générales italiennes de 2018. Sur les 20 ballotages dans lesquels le M5S était présents, celui-ci en a remporté 19 alors qu’il s’agit d’élections qui lui sont structurellement défavorables. Jusqu’ici, le mouvement fondé par Beppe Grillo en 2009 était surtout un phénomène national mais avait du mal à s’implanter localement.
Il y a là un avertissement net pour Matteo Renzi. Contrairement au Front National en France, le M5S est clairement un parti de second tour, montrant par là sa capacité à unifier les opposants au PD. Cela, alors que la nouvelle loi électorale prévoit un second tour si aucun parti ne réunit au moins 40% des voix au premier tour des prochaines élections parlementaires. Tout porte à croire que nous assisterons donc à un second tour entre le PD de Renzi et le M5S lors des prochaines élections de 2018. Dans cette configuration, les derniers sondages indiquent que le M5S battrait le PD assez nettement (51,8% - 48,2%). Les « grillistes » sont donc devenus de sérieux candidats à la prise du pouvoir et viennent de renforcer leur statut grâce à ce second tour des élections municipales. Cette situation nouvelle est aujourd’hui vue comme une menace par l’ensemble des élites européennes et des « partis de gouvernements » traditionnels des grands pays.

Vous avez dit « extrême-droite populiste » ?

La classe politique française et les grands médias ont l’habitude de présenter le M5S comme un mouvement « populiste », entendant par là démagogue. Certains observateurs qualifient même le mouvement comme étant d’extrême-droite. Si on peut légitimement qualifier le M5S de populiste, ce n’est certainement pas dans le sens de démagogue. Il s’agit plutôt d’un mouvement qui met au centre de son discours le référent populaire et qui se veut une émanation largement horizontale des aspirations citoyennes. Le M5S n’est pas du tout structuré comme un parti traditionnel. Il n’y a ni congrès, ni strates intermédiaires, ni élections internes. Le mouvement s’organise par la démocratie numérique et des éléments de démocratie directe. Cela correspond à des pratiques proches de ce qu’était le Podemos espagnol des premières heures avant son tournant centralisateur. On a là, en réalité, la forme politique la plus aboutie des mouvements « citoyennistes » qui rejettent les strates intermédiaires et valorisent le rapport direct entre les citoyens et la démocratie. Nous sommes loin, de ce point de vue, de la tradition très verticale des partis d’extrême-droite.
La sociologie du M5S semble, elle, très éloignée de l’électorat traditionnel de l’extrême-droite. D’après une enquête de l’Istituto Cattaneo (La Stampa, 2012), une large majorité de la base sociale du mouvement viendrait de la gauche et du centre-gauche. Son électorat est majoritairement urbain, et issu des classes populaires et des classes moyennes déclassées comme le montrent les élections municipales d’hier. On est loin, encore une fois, de la sociologie traditionnelle des partis d’extrême-droite, largement rurale et périurbaine comme dans le cas du FN et du FPÖ autrichien.
De même, le programme économique du mouvement semble plus social démocrate que d’extrême-droite quand on sait que Stiglitz, Greenwald, Fitoussi ou Mauro Gallegati ont participé à son élaboration. Renégociation de la dette publique, revenu citoyen, suppression des stock options, nationalisation des télécommunications, rejet des politiques d’austérité, interdiction de posséder plus de 10% d’un journal, valorisation de l’économie sociale et solidaire y figurent, soit une série de mesures que l’on verrait plus du côté de la gauche radicale qu’ailleurs. Pour autant, d’autres éléments indiquent qu’il s’agirait plutôt d’un mouvement de droite. Critique de la gabegie budgétaire, rejet des impôts, rejet des politiciens, valorisation de la petite propriété artisanale et discours anti-immigration traduisent des relents de ce qu’on qualifierait en France de poujadisme.
Il faut néanmoins comprendre que la classe politique italienne est globalement corrompue dans l’esprit de l’italien ordinaire. Il faut imaginer qu’on ait en France une affaire Cahuzac tous les trois mois depuis 50 ans pour se faire une idée de l’image que les italiens ont des politiciens, et des conséquences inévitables sur le consentement à l’impôt d’une population soumise à une austérité fiscale très rude. Cela tient aussi à un fait plus profond : l’unité nationale italienne, qui s’est faite par le haut [1] reste relative, notamment entre le Nord et le Sud. Le peuple italien ne se représente pas de la même manière qu’en France la nécessaire solidarité nationale. Ces deux phénomènes s’autorenforcent. Tant que la situation économique du pays était correcte, cet état de fait était plus ou moins tolérée par la population. Mais après 15 ans de décrochage depuis l’entrée dans l’euro et cinq années de récession à la suite de la crise de 2008, cela est devenu inacceptable. Le M5S ne fait que traduire cette demande sociale pour une régénération de la vie politique italienne et une amélioration de la transparence de l’action de l’État. Ici, ce n’est pas à Podemos qu'on peut comparer le mouvement mais plutôt à un autre parti espagnol, Ciudadanos.
Quant à l’immigration, il ne faut pas oublier que l’Italie est l'une des principales portes d’entrée de l’Union européenne depuis de nombreuses années et que le pays a été en première ligne avec la Grèce depuis le début de la crise des réfugiés. Cela, alors que le pays ne bénéficie par des moyens nécessaires pour accueillir correctement les populations, est soumis à l’austérité, et a vu son taux de chômage grimper en flèche. L’absence de solidarité européenne envers la Grèce et l’Italie est dans ce cadre scandaleuse. Elle est pour une part responsable de la montée de sentiments xénophobes parmi les populations. D’un autre côté, le M5S défend ardemment les droits des LGBT. Son identité politique est donc très complexe. Quant à l'Italie, elle a bien une extrême-droite, mais celle-ci s'incarne dans la Ligue du Nord dont les positions sont très proches de celles du FN, et par Fratelli d'Italia, parti d'extrême-droite très traditionnel. 

Chronique d'un décrochage économique

Le double problème de l’Union Européenne et de l’euro est en réalité le principal moteur de l’émergence du M5S qui demande un référendum sur la sortie de l’euro. De l’autre côté des Alpes, le débat sur la sortie de l’euro est devenu central et la population est aujourd’hui majoritairement favorable au retour à la lire. Les Italiens n’ont pas du tout le même rapport fétiche à l’euro que les français qui ont porté le projet, ou que les Espagnols qui voient dans l’intégration européenne l’assurance d’être arrimés à la démocratie. Sans parler des Grecs qui ont longtemps vu l’adhésion à l'euro comme l’assurance de faire définitivement partie de la « civilisation occidentale ». 
De même, la question de l’hégémonie allemande dans l’UE et de ses conséquences néfastes est régulièrement posée en Italie, parfois même par Matteo Renzi. Le sentiment de déclin et de perte de souveraineté est profondément enraciné dans le débat politique italien, alors que le déclin économique s’accroît.
Quelques indicateurs suffisent à résumer la situation économique italienne depuis l’entrée dans l’euro. L’investissement par habitant est à seulement 72% [2] de ce qu’il était en 1999. Le taux de croissance annuel moyen du PIB par habitant sur la période 1999-2015 est de -0,2% (1,3% pour l’Allemagne et 0,7% pour la France) soit moins que la Grèce (0,2%) et le pays a perdu 26% de compétitivité en indice cumulée (écarts d’inflation et de productivité) vis à vis de l’Allemagne depuis 1999. L’Italie est le seul pays qui s’appauvrit structurellement depuis son entrée dans l’euro. La chute de l’investissement va avoir des conséquences dramatiques sur l’évolution future de la productivité dans le pays. 
Les politiques de Matteo Renzi n’y changeront rien. Les réformes structurelles tant vantées par la Commission européenne appliquées en Italie n’ont fait qu’empirer la situation et précariser un peu plus une population qui vit dans la peur constante du déclassement. Les emplois créés par le Job’s Act italien qu’on nous vante comme modèle pour la Loi Travail sont en réalité des emplois précaires, faiblement qualifiés et subventionnés par l’État qui, paradoxalement, risquent d’avoir des effets catastrophiques dans le futur. En effet, la subvention d’emplois non qualifiés agit comme une incitation à substituer du travail au capital et donc à retarder ou à annuler les investissements productifs qui font s’accroître la productivité du travail. La politique de Renzi ne peut donc régler les problèmes de compétitivité et de productivité de l’Italie.
Quant à la question de la dette publique italienne, elle est loin d'être réglée. La croissance n’est pas suffisante pour la faire reculer alors qu’elle atteint aujourd’hui 133% du PIB. On peut évoquer aussi les montagnes de créances pourries dans les banques italiennes (environ 300 milliards d’actifs pourris) qui mettent le secteur bancaire sous pression, le rendent incapable de financer correctement l’économie et risquent de le faire voler en éclat au moindre choc exogène de grande ampleur. Ce cocktail explosif fait de l’Italie un candidat de choix à la sortie de l’euro, ce que le M5S a bien compris et ce qui lui permet de rassembler largement autour de lui au second tour.

Et après ?

L’euphorie pro-Renzi qui a fait suite aux élections européennes de 2014 relève aujourd’hui d’un lointain passé. Le gouvernement présente à l’automne prochain un projet de réforme constitutionnel sur lequel il a engagé sa responsabilité alors que le scrutin de ce dimanche vient fragiliser un peu plus sa position. Il n’est donc pas impossible que des élections anticipées soient convoquées et que le M5S en sorte victorieux avec Luigi di Maio comme nouveau premier ministre. Il devra néanmoins faire ses preuves dans la gestion de Rome et de Turin car il est évident qu’il sera attendu au tournant. 
La situation italienne semble aujourd’hui traduire le mûrissement de contradictions qui s’aiguisent d’années en années. Le vote grilliste ne peut pas être regardé comme un simple vote de protestation. Son enracinement et sa progression régulière en font un réel vote d’adhésion. Rien n’indique, donc, que la situation politique pourrait se retourner. Il va falloir compter avec les militants cinq étoiles dans un futur proche. A l’heure où la crise de l’UE qui s’approfondit chaque jour, l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique dans la troisième économie de la zone euro pourrait bien donner le coup de grâce à l'Union supranationale. 


[1] On conseille ici l’analyse de Gramsci sur le processus de Risorgimento et le visionnage du grand film de Visconti, Le Guépard.
[2] Source : Base de données du FMI. Idem pour les autres données.



jeudi 28 avril 2016

Montée des «populismes», Brexit, migrants : par quel bout l'Europe va-t-elle exploser ?





Après le « non » au référendum néerlandais du 6 avril, qui avait rendu « triste » le très émotif président de la Commission Jean-Claude Juncker, les chroniqueurs du GEE (Grand effondrement européen) font aujourd'hui la part belle à un autre référendum, celui à venir en Grande-Bretagne. En effet, le risque du Brexit est a priori le plus immédiat d'entre ceux qui pèsent sur l'Union. Toutefois, un rapide tour d'horizon a tôt fait de montrer qu'il est loin d'être le seul. Au point où l'on en est, on ne se demande plus si l'UE – et en son sein la zone euro – survivra à tout cela. On se demande simplement de quelle plaie elle périra, et quand.

Le risque du Brexit

La « campagne Brexit » a officiellement débuté vendredi 15 avril, avec la désignation, par la commission électorale britannique des deux camps en présence. Ainsi, The In Campaign, emmené par un authentique homme du peuple en la personne de Lord Stuart Rose, ancien PDG de Marks & Spencer, sera opposée jusqu'au 23 juin à Vote Leave, regroupant le camp des partisans de la sortie.

En France, certains se donnent beaucoup du mal pour tenter de peser sur le scrutin. Le ministre Emmanuel Macron, par exemple, a récemment expliqué que si la Grande-Bretagne quittait l'UE, elle serait « tuée » - rien que ça - dans les négociations commerciales mondiales . En mars dernier, le même avait déjà prévenu les Anglais qu'en cas de Brexit, la France ne retiendrait à plus à Calais les migrants désireux de traverser la Manche. Bien sûr, il s'était abstenu de préciser que les modalités de contrôle de la frontière franco-britannique sont actuellement régies par l'accord bilatéral du Touquet (février 2003), d'ailleurs très désavantageux pour la France, mais qui n'a pas grand chose à voir avec l'appartenance de l'un et l'autre pays à l'Union européenne.

Il faudra encore un peu de patience pour savoir si les rodomontades hexagonales - et peut-être aussi celles de Barack Obama.... - sont parvenues à impressionner les électeurs d'Albion. Si les sondages indiquent plutôt, à ce stade, une avance des partisans du maintien, le résultat pourrait toutefois être serré.

On l'avait oubliée : revoilà la crise grecque

Mais le Brexit n'est évidemment pas le seul risque auquel soit confrontée l'Union européenne. Avec une économie effondrée, une dette insoutenable, l'omniprésence d'une ex-Troïka exigeant des réformes sans cesse plus dures et confrontée à des flux migratoires inédits, il était évident que la Grèce referait parler d'elle.

C'est le cas, alors que se profile une nouvelle échéance pour le pays. Celui-ci devra rembourser plus de 3 milliards d'euros d'emprunts (450 millions au FMI et 2,3 milliards à la BCE) entre le 13 et le 20 juillet. Ce remboursement ne sera possible que grâce au versement d'une fraction du plan d'aide de 86 milliards voté à l'été 2015, pour l'obtention duquel Alexis Tsipras a tout de même consenti à oublier le programme sur lequel Syriza s'était fait élire, et à s’asseoir sur le résultat d'un référendum. Actuellement, le pays surnage encore sans déblocage d'argent frais. Mais c'est avant tout, comme expliqué ici, parce que le gouvernement accable les Grecs d'impôts.

En juillet, cela ne suffira plus. C'est pourquoi il est urgent que les créanciers de la Grèce procèdent au versement d'une partie de l'aide promise, d'autant que ces 86 milliards sont presque exclusivement destinés à rembourser les prêteurs, certainement pas à adoucir les vie des gens. Problème : si Tsipras a consenti à signer le « troisième mémorandum » sous le joug duquel vit actuellement le pays, c'était pour obtenir la restructuration d'une dette - 180 % du PIB - dont tout le monde sait qu'elle ne sera jamais payée. De cette restructuration, l'Allemagne ne veut à aucun prix. Le FMI, lui, en veut bien, mais à condition de réformes d'une dureté impitoyable : poursuite du rabotage des retraites (alors que le minimum retraite a déjà été abaissé de 18 % en un an), de la hausse des impôts, augmentation du montant des excédents budgétaires à dégager, etc.

Entre une dette incommensurable, des demandes de réformes invraisemblables, des « partenaires » divisés mais intraitables, on pourrait rapidement en revenir à une situation proche de celle du printemps 2015, avec des blocages épars et un pays sans cesse au bord de la faillite. Le tout sur fond de rumeurs d'exfiltration possible d'Alexis Tsipras, d'organisation éventuelle d'élections anticipées, en somme, de turbulences politiques.

La crise des migrants, toujours en fond de tableau

Ce serait d'autant plus grave que la Grèce fait face à un défi migratoire d'une ampleur inédite. Elle abrite un nombre record de personnes bloquées sur son territoire depuis que la « route des Balkans » a été fermée. Ces migrants sont plus de 11 000 à s'entasser dans le camp d'Idomeni, où les heurts et les tensions s'accumulent. Le 10 avril, par exemple, 250 d'entre eux ont été blessés par des tirs de gaz lacrymogènes de la police macédonienne, alors qu'ils tentaient de franchir la frontière.

De telles tensions dans ce coin fragile d'Europe du Sud ne sont certainement pas une bonne nouvelle pour l'UE, quand bien même elle tente de mettre un mouchoir dessus. Comme l'explique ici le spécialiste Amaël Cattaruzza, « les Balkans sont un thermomètre de l'Europe (…) ils révèlent les faiblesses de l'Union européenne ». Dans un ouvrage de référence, l'historien Olivier Delorme, rappelle quant à lui que c'est précisément dans cette région que se prépara le Premier conflit mondial, avec, en guise de prolégomènes, les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913. Dans La Grèce et les Balkans (Gallimard 2013, tome II p. 780) il va jusqu'à qualifier la Grande Guerre de « troisième guerre balkanique ».

Le problème des banques italiennes

En tant que pays méditerranéen, l'Italie prend elle aussi plus que sa part dans la gestion de la crise migratoire. Il semble d'ailleurs que le nombre des arrivées y augmente depuis que l'accord UE-Turquie du 18 mars dernier rend plus difficile l'entrée dans Schengen via la Grèce.

L'Autriche, déjà à l'origine de la décision de fermer la route des Balkans, envisage de transformer l'essai et de faire de l'Italie un nouveau piège à migrants. En effet, elle a annoncé sa volonté de renforcer les contrôles à la frontière entre les deux pays, et il est même question de la construction d'une clôture « symbolique » au niveau du col du Brenner, une idée que ne renierait sans doute pas le parti de la liberté d'Autriche (FPÖ). Pour le coup, celui-ci est arrivé très largement en tête du premier tour de l'élection présidentielle de ce dimanche avec plus de 35 % des suffrages, en éliminant au passage la droite et la gauche traditionnelles.

Mais ce n'est pas le seul défi auquel l'Italie ait à faire face, loin de là. Ses banques, on le sait, sont dans un état d'extrême fragilité, qui inquiète la planète finance. On se souvient de leur plongée vertigineuse en bourse (-40%) au tout début de l'année 2016, cependant qu'elles ploient sous 200 milliards d'euros de créances douteuses. Du coup, entre autres tentatives de colmatage, le gouvernement italien a annoncé la semaine dernière la création d'un fonds spécial pour soutenir les banques transalpines. D'un fonds doté de... 5 milliards d'euros, soit moins de 3 % du total des prêts non performants. Apparemment amusé, le site spécialisé en finances Zero Hedge qualifie l'initiative de « blague de la semaine » .

Toutefois, même si elles sont loin d'être sorties de l'auberge, le zoom sur les banques italiennes ne doit pas faire oublier combien vont mal certaines banques allemandes ( notamment la première d'entre elles, la Deutsche Bank), les banques grecques (évidemment), ou à négliger cette information : l'Autriche (tiens, tiens...) vient tout juste d'inaugurer le premier bail in européen (sauvetage d'une banque à partir de l'argent des actionnaires et des déposants, sans usage d'argent public) d'une banque en faillite, Hypo Alpe Adria.

L'Espagne, toujours sans gouvernement

Quant à l'Espagne, si la situation économique y reste difficile avec un taux de chômage à 21%, le second plus haut de l'Union européenne, c'est surtout à une crise politique qu'elle est actuellement confrontée. Le pays se trouve sans gouvernement depuis quatre mois. En effet, les élections générales du 20 décembre 2015 y ont fait voler en éclat un bipartisme très installé qui opposait traditionnellement le Parti populaire (PP) aux socialistes du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol). Elles ont introduit brutalement dans le jeu Ciudadanos (C's), un parti de droite libérale « espagnoliste », et Podemos, le parti de gauche anti-austéritaire.

Depuis lors, le blocage est total. Aucune coalition ne parvient à se former. On a bien cru, l'espace d'un moment, qu'un ménage à trois se révélerait possible, que le socialiste Pedro Sanchez réussirait à unir la carpe et le lapin, et à former autour de lui un gouvernement allant de C's à Podemos. Les militants de ce dernier en ont décidé autrement. Alors que Pablo Iglesias a fait le choix de les consulter pour qu'ils adoubent ou repoussent le « pacte Rivera-Sanchez », c'est à dire l'accord de gouvernement signé entre le patron du PSOE et celui de Ciudadanos, les militants l'ont très massivement rejeté. Le 18 avril, plus 88 % d'entre eux disaient « non » à ce pacte économiquement très orthodoxe.

Désormais, le pays s'achemine vers une dissolution du Parlement le 2 mai, puis vers la tenue d'élections anticipées le 26 juin. L’Espagne demeurera-t-elle ingouvernable après cela ? Impossible à prévoir. La seule chose que l'on saura à cette date, puisque les Anglais auront voté trois jours avant, c'est si la Grande-Bretagne poursuit la croisière infernale ou si elle quitte enfin le bord.

Les relations tendues de l'Allemagne et de la BCE

Ce panorama d'apocalypse ne serait toutefois pas complet si l'Allemagne n'était pas là pour jeter quelques hectolitres d'huile dans la fournaise. Aussi le ministre des finances Wolfgang Schäuble a-t-il jugé le moment opportun pour critiquer la politique actuelle, certes très accommodante, de la Banque centrale européenne (taux nuls voire négatifs, quantitative easing étendu au rachat d'obligations de certaines entreprises), et pour lui attribuer les succès obtenus en mars par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) lors des scrutins régionaux du Bade-Wurtemberg, de Rhénanie-Palatinat et de Saxe-Anhalt.

Que l'AfD ait, suite à des bisbilles internes et à un changement de leader, mis en sourdine sa rhétorique anti-euro pour se consacrer exclusivement à la question migratoire, n'y change rien. Que la BCE n'ait plus que peu de marge de manœuvre, qu'elle soit obligée d'agir ainsi pour éviter que les économies du Sud de la zone euro ne soient emportées par un tourbillon déflationniste, non plus. Les largesses monétaires ne sont pas du goût des Allemands, et ne l'ont jamais été.

Quant à la monnaie unique et aux modalités de sa gestion par une Banque centrale fédérale, elles ne peuvent pas convenir à tout le monde. Du coup, elles finissent par ne plus convenir à personne. En juin 1992, des économistes allemands l'annonçaient déjà dans un « Manifeste des 60 contre Maastricht ». Ils y écrivaient : « l'introduction précipitée d'une union monétaire va soumette l'Europe à des tensions économiques intenses qui, à bref délai, peuvent conduire vers l'épreuve d'un déchirement. L'union monétaire pourrait menacer par là l'objectif d'intégration ». Nous y sommes.

Et nous y sommes à un point tel que l'on ne se demande plus si l'Union européenne – et en son sein la zone euro – survivra à tout cela. On se demande simplement de quelle plaie elle périra, et on se demande quand. 


Article initialement paru dans le Figarovox


dimanche 17 avril 2016

La revue de presse de L'arène nue - du 11 au 17 avril 2016







Quelques articles qu'on pourra lire / vidéos que l'on pourra écouter pour faire le tour de l'actualité européenne de la semaine. 
Les passages les plus alléchants sont mis en exergue. C'est pour faire saliver : miam, miam, miam. 


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1 / L’Autriche inaugure le premier “bail-in” européen d’une banque en faillite, Express.be11 avril 2016. 


Depuis le 1er janvier de cette année, en effet, le sauvetage des banques avec l’argent des contribuables (“bail-out”) est donc – en théorie – proscrit. Désormais, il est prévu d’effectuer un “bail-in”, c’est à dire de mettre à contribution les actionnaires, puis les détenteurs d’obligations, et enfin, les déposants qui détiennent au moins 100.000 euros (le montant du dépôt garanti) sur des comptes ouverts auprès de l’institution en faillite. C’est la Heta Asset Résolution AG, la structure de defaisance (“bad bank”) issue de la faillite d’Hypo Alpe Adria, qui inaugure donc le recours à cette réglementation. Cette banque est confrontée à un déficit de 7,5 milliards d’euros (...) Ce “bail-in” autrichien est une première, et dans un contexte de secteur bancaire européen sous-capitalisé et vulnérable en raison de son exposition à des produits dérivés et des problèmes de liquidité, il ne devrait pas rester un cas isolé. 

= => Plus de détails ici

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2 / L’Italie met en place un Fonds pour sauver ses banques, Les Echos, 12 avril 2016.

Mieux vaut un bon fonds d’investissement qu’une bad bank refusée par Bruxelles pour améliorer l’état de santé du système bancaire italien. Le gouvernement a donc mis sur pied un Fonds d’Investissement Alternatif (FIA) baptisé Atlante, en référence à Atlas, le Titan grec portant sur ses épaules la voûte céleste. Il devra dans les faits aider les instituts de crédit à ne pas ployer sous les 200 milliards d’euros brut de créances douteuses qui grèvent leur bilan et contribuer à la recapitalisation de ceux qui sont en difficulté.

= => Pour en savoir plus sur cette solution miracle : 


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3 / Dialogue de sourds entre la Grèce et ses créanciers, Le Monde11 avril 2016.


C’est un scénario mille fois éprouvé depuis le début de la crise qui se joue de nouveau en Grèce, ces dernières semaines. Avec, d’un côté, le gouvernement grec qui souhaite boucler au plus vite la mission visant à juger de l’état d’avancement des réformes menée par des représentants de ses créanciers, et ces mêmes créanciers (Banque centrale européenne , Mécanisme européen de stabilité, Fonds monétaire international ), qui repoussent de mois en mois l’échéance. Lundi 11 avril, les négociations continuaient après un week-end interminable de rencontres à l’Hôtel Hilton d’Athènes (…). Athènes redoute de devoir accepter des mesures plus dures si elle se retrouve dos au mur en juillet. Car elle aura alors 3,5 milliards d’euros à rembourser à la Banque centrale Européenne et au Fonds Monétaire International, paiements qu’elle ne peut honorer sans avoir touché auparavant une nouvelle tranche (un peu plus de 5 milliards d’euros attendus) des 86 milliards de prêts prévus dans le cadre du troisième plan d’aide au pays signé à l’été 2015. 

= => pour conforter l'impression qu'on n'est pas sorti des ronces, c'est là


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4 / Grèce : le retour de la crise ? La Tribune, 13 avril 2016.

Le temps joue donc contre le gouvernement grec. Plus on se rapproche de l'été, plus le besoin d'argent va se faire sentir pour Athènes qui a des échéances importantes de 4 milliards d'euros à honorer en juillet. Là aussi, les fuites de Wikileaks ont révélé une potentielle stratégie du FMI visant à exercer la pression sur la Grèce et les créanciers européens en faisant traîner la revue du programme. Or, après deux semaines de pause pour Pâques, les discussions ont encore été suspendues mardi 12 avril pour permettre aux représentants du FMI de tenir conseil avec leurs supérieurs en fin de semaine à Washington. Comme rien ne semble devoir avancer, le risque de voir les créanciers jouer la montre était donc patent. D'où la décision grecque de passer en force pour contraindre les créanciers de la zone euro à prendre une décision.

= => Pour découvrir ébahis qu'il y a encore une crise en Grèce, cliquez


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5 / Les Balkans, thermomètre de l'Europe, France Inter, 13 avril 2016.




Les Balkans, souvent méprisés par l'Europe, sont pourtant le véritable thermomètre du continent. Analyse avec Amaël Cattaruzza, expert en géopolitique balkanique.

= => Pour écouter la douce voix de l'expert, c'est au bout de ce lien
= => Et pour en savoir plus sur la région, le livre de référence, c'est celui-ci



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6 / Pourquoi l'Ukraine s'éloigne un peu plus de l'Union européenne, Figarovox, 12 avril 2016.


A force de s'élargir, l'Union européenne est devenue obèse et n'arrive plus à avancer, même vers l'Est. A 28, l'Europe est paralysée, il n'est plus question d'aller plus loin. Même l'OTAN l'a compris. L'ironie de l'Histoire veut que plus de deux ans après Maïdan, l'accord d'association qui a déclenché la révolte est rejeté par un référendum d'initiative populaire aux Pays-Bas. Jean-Claude Juncker et Donald Tusk font discrètement pression sur Mark Rutte afin qu'il ne suive pas cet avis consultatif. Au risque d'aggraver l'euroscepticisme de la population néerlandaise mais aussi la défiance face à la coalition libérale au pouvoir. On voudrait que Geert Wilders arrive aux manettes qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Onze ans après le refus franco-néerlandais à la Constitution Giscard, et sa ratification à Lisbonne en 2009, on a le sentiment que les institutions européennes veulent s'imposer contre la volonté des peuples.Au risque d'aggraver l'euroscepticisme de la population néerlandaise mais aussi la défiance face à la coalition libérale au pouvoir. On voudrait que Geert Wilders arrive aux manettes qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

= => Ça c'est la fin du texte. Le début est à un click de là


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7 / Whole of Europe risks spinning into crisis if leaders mishandle Brexit, The Telegraph, mars 2016.


"A UK departure would have repercussions for the whole continent," says Professor Otmar Issing, the founding chief economist of the European Central Bank.  He dismisses the analogy with Norway and Switzerland as "misguided". They do not shape EU affairs in any meaningful way. Britain most certainly does. The eye-opener of my five years at the coal face in Brussels was to discover the pivotal role played by the UK in the EU machinery.

= = > follow the link
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8 / La Grande-Bretagne peut-elle être européenne ? La vie des idées, article de 2015.


La Grande-Bretagne se trouve aujourd’hui dans une crise politique aiguë qui pourrait entraîner la désintégration du pays et sa sortie de l’Union européenne. Après la parution d’un manifeste célébrant l’exceptionnalisme britannique, le débat s’enflamme parmi les historiens, dans la bataille pour ou contre l’Europe.

= => querelle d'historiens à découvrir ici


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9 / Humour allemand : la chanson par laquelle le scandale est arrivé. 






jeudi 10 mars 2016

La revue de presse de L'arène nue - du 7 au 12 mars 2016







Quelques articles qu'on pourra lire / vidéos que l'on pourra écouter pour faire le tour de l'actualité européenne de la semaine. 
Les passages les plus alléchants sont mis en exergue. C'est pour faire saliver : miam. 

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1/ "Pour que l'Europe soit sauvée, il faut lever le tabou sur les nations" - Wolfgang Streeck, Le Monde, 2 mars 2016 (article de la semaine précédente donc, mais à lire) 

"Après les polémiques obligées sur le traitement de faveur que réclament éternellement les Britanniques, alors que toutes les nations européennes rêvent depuis belle lurette d’en réclamer autant, on est passé à la procédure bruxelloise classique : la négociation d’un bon vieux communiqué grâce auquel tous les gouvernements concernés ainsi que l’eurocratie peuvent croire et faire croire qu’ils ont eu gain de cause. L’établissement de tels textes, où de grands thèmes se trouvent émiettés en petits détails technocratiques incompréhensibles pour le profane, est désormais un art développé à la perfection par Bruxelles ; peut-être son seul art et, en tout cas, de loin le plus marquant. Le problème, qui n’a pourtant jamais gêné les responsables politiques européens, c’est que, régulièrement, l’accord ainsi atteint perd sa substance au bout de quelques mois et exige alors une nouvelle révision collective, une nouvelle pseudo-solution. Mais en attendant, on a obtenu le calme, et tant qu’au round suivant nul ne se souvient du dernier, le travail sur ce qu’on ose appeler l’idée européenne peut tranquillement se poursuivre. "

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2/ "L'Allemagne a la croissance qui flanche", Alexandre Milicourtois, Xerfi canal, 8 mars 2016

" L’Allemagne, pays vieillissant vit aujourd’hui les vicissitudes d’un créancier dans un environnement de rendements en berne et de prix d’actifs de plus en plus instables. Bref, le pays, qui n’a de cesse de provisionner pour ses retraites, voit sa rente de plus en plus menacée (…) Créancière du reste du monde, l’Allemagne est de fait exposée aux risques des autres. Risque financier d’abord : les banques allemandes ont subi de lourdes pertes sur les marchés américains lors de la crise des subprimes ou sur le marché immobilier espagnol, qui se complique maintenant d’un risque juridictionnel, lié aux procédures engagée par les clients. Risque de croissance aussi avec la panne du commerce mondial. Jusqu’en 2014, l’Allemagne avait été servie par l’histoire. L’émergence synchrone de grandes économies en voie d’industrialisation rapide très demandeuses de biens d’équipements comme la Chine ou le Brésil et l’ouverture de vastes marchés à la consommation avides du made in Germany comme la Russie poussaient les exports. Et peu importe la panne de la zone euro, car le jeu s’était déplacé ailleurs. Oui mais le jeu est cassé. Le Brésil et la Russie ont décroché et la Chine a brutalement atterri. La concurrence s’est aussi durcie avec les industriels japonais qui ont profité de la baisse du yen et les entreprises du Sud de l’Europe devenues plus compétitives avec l’écrasement de leurs coûts de production ". 

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3/ "L'Allemagne redécouvre l'extrême-droite" Le Point, 9 mars 2016. 

" Est-ce la fin de l'exception allemande ? Alors que les partis d'extrême droite ont pignon sur rue dans la plupart des pays européens, l'Allemagne se distinguait jusqu'à ce jour par l'absence d'une force politique bien implantée à la droite de la droite démocratique. Les petites formations d'extrême droite se contentaient de faire des poussées de fièvre aux régionales avant de disparaître à nouveau. Jamais un parti d'extrême droite n'a passé la porte du Bundestag, le Parlement allemand. Le tabou moral imposé par la catastrophe nazie, la bonne santé économique du pays faisaient rempart aux populistes et aux démagogues. Mais l'afflux de réfugiés et les craintes qu'il a fait naître sont-ils en train de faire sauter ce verrou ? "

= => Vous êtes à un click de la suite, qui est ici
==> Pour aller plus loin : un long (et bon) article (en anglais) sur le parti AfD est disponible sur le Spiegel Online, là. 

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4/ La recette du miracle allemand ? Un marché du travail moins flexible qu'en France, Guillaume Duval, Alternatives économiques (c'est une reprise, mais qui s'insère idéalement dans le débat sur la "loi travail") 


"Entre la France et l’Allemagne, il n’y a pas photo : les salariés allemands restent sensiblement mieux protégés contre les licenciements que leurs homologues français. Un constat qui peut sembler contre-intuitif : les réformes menées au début des années 2000 par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder sont en effet souvent accusées d’avoir libéralisé à l'excès le marché du travail allemand.  Ces réformes ont en effet entraîné un développement spectaculaire de la précarité outre-Rhin. Multipliant le nombre des personnes qui ne bénéficient pas de ces protections réservées aux seuls salariés en CDI. Mais les différentes formes d’emploi précaire n’en restent pas moins sensiblement moins fréquentes en Allemagne que chez nous, où elles sont de longue date très répandues : en 2014, l’emploi précaire touchait ainsi selon Eurostat 16 % des salariés français, contre 13,1 % des Allemands". 

= => La suite se trouve là.

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5/ Will Italian banks spark another financial crisis ? Global Risk Insights, 7 mars 2016

"Some have compared the risk of an escalating financial crisis in Italy to the seemingly perennial debt crisis in Greece that has ravaged European markets and tested European unity several times since 2008 as investors and EU members alike feared uncontrollable contagion. This has resulted in the multiple EU bail outs granted since then.However, judging by the numbers it is clear that the financial risks posed by Italy are not comparable to Greece – they are far worse.While Greece holds the top spot in the EU for the worst debt-to-GDP ratio, Italy comes in second place with a debt-to-GDP ratio greater than 132% according to Eurostat. So what makes Italy so much worse?  While Greece has more than once brought the global financial markets to the brink, it is only the 44th largest economy in the world.  Italy represents the 8th largest economy in the world.A deteriorating financial crisis in Italy could risk repercussions across the EU exponentially greater than those spurred by Greece" .  

= => Yes, yes, I know it's in English, fuck yeah !


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6/ Interview de Marcel Gauchet sur France Inter pour la sortie de son nouveau livre, 11 mars 2016.

- Et si toutes les nations européennes se mettaient à se comporter comme les Anglais ?
- Marcel Gauchet : et bien ce serait un progrès (...) et c'est comme ça que ça va se passer. Je pense que l’épisode de la négociation avec les Britanniques est le premier acte d'une série de remaniements qui vont profondément modifier la physionomie de la construction européenne. C'est d'ailleurs ce que nous pouvons souhaiter de mieux, plutôt qu'une sortie brutale qui aurait une allure de catastrophe.

= => La suite de l'interview est ici . 


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7/ Interview de Jean-Pierre Chevènement sur l'accord UE-Turquie sur les migrants, RFI, 11 mars 2016. 

"Madame Merkel a annoncé qu'elle allait accueillir un million de réfugiés en faisait fi du principe de Dublin qui prévoit que c'est dans le pays d'enregistrement que l'asile doit être accordé, donc c'est tout le système européen qui a été déséquilibré. Ce n'est pas sans conséquences, et même sans conséquences fâcheuses. Nous sommes à la veille d'élections allemandes dans les Länder du Sud-Ouest et de la Saxe-Anhalt, donc Mme Merkel fait aujourd'hui le contraire de ce qu'elle avait annoncé puisqu'elle vient de conclure directement avec le Premier ministre turc un accord de réadmission (…) nous avons été placés devant le fait accompli. "

= => Pour aller plus loin tout en ménageant sa monture, c'est là. 
= => Un article paru sur L'arène nue et qui rejoint ce point de vue ici