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mardi 11 décembre 2012

« Je suis antilibérale et favorable à la décroissance », entretien avec Natacha Polony


Natacha polony dans l'émission "On n'est pas couché"

Vous avez un parcours atypique. Vous êtes agrégée de lettres modernes et avez commencé par enseigner. Comment peut-on passer de prof à journaliste télé ?

Disons qu’il y a eu quelques étapes entre les deux ! J’ai fait des études de lettres, allant jusqu’à l’étude de la poésie contemporaine, soit une formation a priori très détachée du concret. Je reconnais volontiers une disposition pour l’abstraction. Pourtant, j’ai été élevée par des parents médecins, qui m’ont transmis le goût du service aux autres. Dès lors, je ressentais un fond de culpabilité. J’ai donc passé l’agrégation de lettres dans le but d’être prof, au moins un temps.

Je me suis promenée un peu en politique également, avant d’entrer à Sciences Po, puis de devenir journaliste. Mais je suis avant tout une journaliste de presse écrite. Cela fait partie de ma culture : j’ai besoin du temps long. D’ailleurs, je penche davantage vers le journalisme d’hebdo que vers la presse quotidienne. Je suis certes passée par Le Figaro, mais mon vrai plaisir demeure la rédaction d’articles longs et fouillés. M’adapter au côté trépidant de l’actualité immédiate m’a demandé un vrai travail sur moi-même.

Vous avez été déçue par l’enseignement ?

Pas du tout. J’ai été effondrée par l’Éducation nationale mais j’ai adoré enseigner. J’ai d’ailleurs continué, à la fac Léonard de Vinci, où j’ai enseigné la culture générale pendant neuf ans. J’aime me trouver devant une classe et essayer de transmettre ce qui m’est cher, notamment les grands textes littéraires, philosophiques, religieux…

J’ai arrêté il y a deux ans, faute de temps, et parce qu’il me semblait être arrivée au bout. J’avoue que voir évoluer les étudiants a fini par m’user, tant j’ai parfois eu l’impression que leur inculture était de plus en plus immense. Un mur d’inculture difficile à percer, quand on s’adresse à des jeunes qui ont déjà 18 ans…

Votre dernier ouvrage sur ces sujets, Le pire est de plus en plus sûr (Mille et une nuits, 2011), est très pessimiste. Vous l’êtes également, donc.

Oui. Il est temps qu’on regarde lucidement les choses. Je considère que ma conception de l’école républicaine, qui consiste à transmettre des savoirs universels à des jeunes gens pour en faire des hommes libres, a perdu.

Vous ne placez aucun espoir en Vincent Peillon ?

Son discours est formidable, mais il faut regarder au-delà des discours. Ce qui compte, dans l’éducation, ce sont non seulement les principes, mais la manière dont ils s’appliquent.

Or ce qui est en train de se passer n’est guère encourageant. Ne serait-ce que, par exemple, le fait d’avoir organisé une « grande concertation sur l’école », en la mettant entre les mains de Nathalie Mons et de Christian Forestier. Lui, c’est le prototype de l’apparatchik présent rue de Grenelle depuis 30 ans et qui a accompagné toutes les mauvaises réformes. Je pense en particulier à la loi Fillon, qui a posé les bases de l’autonomie des établissements, de la pédagogie de projets, qui a inventé le livret de compétences…

Demeurent deux ou trois choses notables chez Peillon. L’idée, par exemple, de créer une formation spécifique pour l’école maternelle. Personnellement, ça fait des années que je plaide pour une formation spécifique des profs de maternelle. De même, la simplification du livret de compétences est une bonne mesure.

Pour autant, le discours de François Hollande en clôture de la « grande concertation » était consternant : suppression des notes, fin des devoirs à la maison, suppression du redoublement… en gros, c’est un retour 30 ans en arrière !

Je reste donc très perplexe. Je crains finalement que Peillon ne fasse qu’habiller d’un beau discours : le retour des IUFM ou la réouverture de l’INRP (Institut national de la recherche pédagogique), qui sert depuis les années 1980 de caution « scientifique » à la mise en place de toutes les pédagogies constructivistes.

Après l’enseignement, vous vous tournez donc vers le journalisme. Vous avez d’abord été à Marianne, mais on vous connaît davantage par Le Figaro

Oui, pour une raison simple : à Marianne, j’étais considérée comme une « réac de gauche ». Arrivée au Figaro avec les mêmes idées, on m’a immédiatement vue comme « de droite ». Or il y a peu de journalistes étiquetés « de droite ». Et surtout, il y en a très peu que ça indiffère. Et comme sur les plateaux de télé, il faut malgré tout équilibrer… on s’est mis à m’inviter.

Peut-être parce que vous tenez un discours authentiquement républicain et qu’il y a un besoin de ce côté-là ?

Peut-être. Avec néanmoins le danger que le système n’organise un peu de pluralisme que pour mieux se perpétuer. Le tout est d’éviter de devenir une caution, un opposant minoritaire et caricatural qu’on invite pour se donner bonne conscience. Or la seule façon de se prémunir contre cela reste le travail. Par exemple, ma revue de presse quotidienne sur Europe1 me conduit à lire énormément. Par ce travail, je tâche de me garder des slogans, des opinions répétitives et prémâchées. D’autant qu’à titre personnel, cela me permet de réfléchir et d’évoluer.

Prenons l’exemple du débat sur le mariage gay. À force de débattre et de lire sur la question, je suis parvenue à affiner ma réflexion. Au début, j’ai sans doute fait l’erreur de m’agripper à la question du mariage, mais soyons honnêtes : les premiers à avoir dévoyé le mariage en tant qu’institution sont les hétérosexuels, dès lors qu’on conçoit le mariage comme une fête sympathique et que personne n’envisage pour autant qu’il puisse être durable.

Plus que le mariage des homosexuels, ce qui me dérange réellement, au fond, c’est l’implication qu’il pourrait avoir sur la filiation. C’est surtout à la négation de cette dernière que je suis opposée, car la gommer, c’est rendre très difficile le fait pour un enfant de se construire. D’ailleurs, je suis tout à fait favorable à l’adoption par des couples homosexuels dès lors qu’on ne cherche pas à effacer cette réalité : un enfant a toujours un père et une mère biologiques.

Nous parlions à l’instant du positionnement gauche/droite. Il n’est pas rare de vous entendre contester l’une ou l’autre des ces étiquettes. Vous considérez que cette distinction n’a pas de sens ?

Elle n’a aucun sens dans la mesure où « droite » et « gauche » telles qu’on les entend aujourd’hui ne reflètent plus les véritables clivages. Un vrai clivage, selon moi, sépare ceux qui sont favorables et ceux qui sont hostiles à la mondialisation telle que nous sommes en train de la vivre, ou ceux qui sont favorables ou opposés à l’idée du progrès tel qu’on l’envisage depuis le XIXe siècle.

En tant que lectrice de Michéa, je considère que la droite a choisi la régulation par le marché et la gauche celle par le droit. Mais ce ne sont que les deux faces d’une même médaille et la véritable alternative n’est pas là. Oui, je suis conservatrice dans le domaine des valeurs. Il y a évidemment des choses qui méritent qu’on les conserve, et que contribue à détruire le laisser-faire, qu’il s’exerce dans le domaine de l’économie ou dans le domaine culturel et moral.

Je suis également antilibérale et favorable à la décroissance. Je ne sais pas où cela me place sur l’échiquier politique. J’avoue avoir surpris un jour en expliquant que je me situais quelque part entre Mélenchon et Dupont-Aignan…

Vous vous réclamez de Michéa, mais aussi de Jacques Ellul, si j’en crois une interview accordée en février 2011 à David Desgouilles. N’est-ce pas en contradiction avec vos engagements politiques initiaux, aux côtés de Jean-Pierre Chevènement ?

Totalement. C’était la chose qui me gênait chez Chevènement. A mon modeste niveau, j’ai essayé d’introduire quelques réflexions sur les questions écologiques, sans succès. Je pense que c’est une des limites de ce courant d’idées. Les républicains sont issus d’une tradition politique qui les inscrit dans une conception du progrès qui a montré ses limites.

Êtes-vous tentée par l’écologie ?

Certainement pas telle qu’elle est incarnée aujourd’hui au niveau politique, et qui relève d’ailleurs du paradoxe. Il faut se souvenir que la pensée écologiste, assez logiquement, est née à droite. Elle est avant tout une forme de conservatisme, dès lors qu’on entend préserver le monde, ne pas l’abîmer. D’ailleurs, les chevènementistes ont toujours reproché aux écolos d’être des conservateurs.

Finalement, je suis une souverainiste girondine davantage que jacobine. Si je suis profondément républicaine, si je crois à l’égalité sur l’ensemble du territoire ou à l’unité de la République, je pense qu’on ne peut plus envisager les choses comme on le faisait lorsque celle-ci était en construction. Par exemple, sur la question des cultures et des langues régionales, on ne peut plus raisonner comme à l’époque où le Français était une langue de conquête et d’unification. Car aujourd’hui, le danger est tout autre : c’est l’uniformisation mondiale. Or cette uniformisation est un ennemi commun des défenseurs du Français et de ceux des langues régionales.

Je suis convaincue que l’être humain a besoin d’un ancrage territorial parce que nous restons des êtres de chair. Je crois beaucoup à la théorie des climats de Montesquieu. D’ailleurs, le véritable droit du sol devrait être pensé ainsi, en partant du principe que n’importe qui peut s’intégrer n’importe où dès lors qu’il comprend où il se trouve. D’où qu’il arrive, l’homme qui est capable de comprendre les modes de vie qu’il trouve là peut s’intégrer. À condition de ne pas vouloir à toute force apporter ses propres origines et ses propres conceptions.

Mais pour penser cela, encore faut-il accepter de mettre en cause cette abstraction pure vers laquelle on tire parfois la République, qui peut d’ailleurs provoquer un rejet et une renaissance des identitarismes défensifs.

Voilà une défense de la « France charnelle » qui sonne un peu maurrassien…

Je m’en moque complètement et ne me sens en aucune façon attirée par l’Action française ! Ce n’est pas être rétrograde que d’admettre qu’on est parfois allé trop loin, notamment sur le terrain de la désincarnation. Ce sont de véritables enjeux anthropologiques qui se dessinent, à l’heure où certains prônent une virtualisation de l’humanité par le truchement de la technologie.

Sur ces questions-là, j’assume totalement le fait d’être en réaction. Vous savez, quand la vigie du Titanic a vu l’iceberg, il a crié « marche arrière toute ! ». Etait-il réactionnaire ? Je crois pour ma part que quand on va dans le mur, l’intelligence est de reculer.

Dans votre réussite de journaliste, pensez-vous que le fait d’être une femme a joué un rôle ? 

Bien sûr. Il faut être lucide sur ces choses-là. J’ai bénéficié d’un besoin de rééquilibrage dans les médias. Outre Elisabeth Lévy, Caroline Fourest et quelques autres, très peu de femmes, finalement, sont capables d’assumer une position d’éditorialiste.

Vous êtes l’auteur d’un livre intitulé L’Homme est l’avenir de la femme (Lattès, 2008). Est-ce un livre féministe ?

Oui, mais où j’assimile le féminisme à un humanisme. J’essaie d’y expliquer comment il faut dépasser les deux formes de féminisme qui dominent aujourd’hui. Le premier est un féminisme différentialiste, qui oppose hommes et femmes et nous explique que la femme porte en elle l’amour et la tolérance. Le second est incarné par le courant des gender studies et considère que pour conquérir l’égalité, il faut effacer complètement les différences.

L’un et l’autre sont des échecs patents. D’abord, le différentialisme est une aberration. Il suffit de connaître un peu l’histoire et la politique pour convenir que les femmes ne portent pas spécialement la bonté en elles. Ensuite, l’indifférenciation n’est en rien une garantie d’égalité. De plus, elle tue le désir, qui nait de la différence et, bien plus que d’un rapport de domination, d’un jeu de rôles, d’un jeu avec les codes

Au bout du compte, je refuse de choisir entre Virginie Despentes et Caroline de Haas. C’est pourquoi je défends l’humanisme, que je définis comme une conception exigeante de l’être humain, où l’on considère que c’est par le savoir, par un appétit de connaissances et de compréhension du monde que nous développons l’humanité en nous. Relisez, chez Rabelais, la lettre de Guargantua à Pantagruel. Elle exprime parfaitement cette conception de l’humanisme dont le féminisme doit être l’un des aspects. C’est à partir d’une réflexion sur notre condition commune d’êtres humains que nous pourrons penser la place de la femme dans la société.

D’où vient le succès de « féministes » façon Caroline de Haas ?

C’est le fruit d’un travail de lobbying mené depuis des années. Et d’un lobbying d’autant plus efficace qu’il utilise la culpabilisation des autres, notamment des hommes. Regardez le séminaire de « rééducation » organisé au profit des ministres du gouvernement ! Le pire est que cela fait naître, en réaction, une forme de nouveau machisme qui me déplaît tout autant.

Vous parlez du « machisme Zemmour » ?

Oui. Même si nous avons les mêmes adversaires idéologiques, je ne suis pas d’accord avec Eric Zemmour là-dessus. Il ne fait que reprendre les arguments des féministes différentialistes en les inversant. M’entendre expliquer que mon cerveau archaïque me dicte de rester dans la grotte pendant que Monsieur va conquérir le monde, trop peu pour moi. J’ai grandi en m’identifiant à des héros masculins. Moi aussi, j’ai eu envie d’être Alexandre Le Grand ou Cyrano de Bergerac.

Comment peut-on articuler l’exigence d’égalité et le constat qu’il existe bel et bien des différences ?

En maintenant à tout pris la séparation entre l’espace public et l’espace privé, ce qui est le fondement-même de la démocratie. Il faut relire l’un des plus beaux textes jamais écrits sur la démocratie, qui est le discours aux morts de Périclès dans la guerre du Péloponnèse. On y retrouve l’idée que la liberté ne va pas sans une frontière entre l’espace public et le privé. C’est crucial : dans l’espace privé, nous sommes effectivement des individus différents, hommes ou femmes. En revanche, dans l’espace public, nous sommes des citoyens égaux.

Votre conception de l’humanisme est empreinte de beaucoup d’exigence. Avez-vous l’impression que le mérite puisse encore être récompensé ?

Je pense qu’une vraie démocratie ne peut exister sans méritocratie. Même si je conviens que c’est très imparfait. Il est évident que l’égalité des chances est une forme de fiction. Certains partent dans la vie avec un boulet au pied. Mais si on ne récompense pas le mérite, alors, que récompense-t-on ? Comment se fait la sélection ? Par l’argent ? Par les réseaux ?

Avez-vous des projets pour « l’après-télévision » ?

Oui, d’autant qu’à mon avis, on ne peut faire de la télévision de manière intéressante que si l’on sait que c’est éphémère.

Actuellement j’ai plusieurs projets de livres, dont l’un me tient tout particulièrement à cœur, sur cette thématique de la virtualisation de l’être humain que nous évoquions tout à l’heure. J’aimerais rappeler que l’intelligence se construit au travers des cinq sens, et qu’il peut être dangereux d’effacer cela, notamment via un usage imprudent des technologies.

J’envisage également un livre sur Flaubert en tant qu’auteur antimoderne. J’aime beaucoup les écrivains antimodernes : Giono, Saint-Exupéry, Bernanos…

Et un auteur « de gauche » qui aurait vos faveur, pour finir ?

Je me demande rarement de quel bord sont les auteurs ! Et je me fiche qu’il se soit de droite ou de gauche – je note qu’il a d’ailleurs beaucoup évolué tout au long de sa vie – mais j’ai une passion pour Victor Hugo. Il est l’un des premiers à avoir pensé le poète comme un visionnaire, comme celui qui cherche à combler le vide et la carence de sens par le langage. Les travailleurs de la mer et L’homme qui rit me semblent deux des plus grands romans jamais écrits.

Cet entretien est initalement paru dans le magazine Ragemag, ici : http://ragemag.fr/natacha-polony-antiliberale-decroissance/


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lundi 5 mars 2012

Micro-trottoir 2012 : Bisounours ou Zorro ? Monique choisit Sarko !



Cet entretien a été réalisé dans le cadre du micro-trottoir 2012 de l’arène nue. Vous pouvez en consulter ici la rapide description, ainsi que les quinze premiers volets (un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze, quinze). Je remercie vivement Monique, mon interlocutrice.
***

Monique a 73 ans et vit à Marseille. Après avoir été infirmière, elle est désormais retraitée. Le 22 avril prochain, elle votera pour Nicolas Sarkozy.

Vous avez voté pour Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007. Pour qui voterez-vous cinq ans plus tard ?

Malgré les défauts et les faiblesses de Sarkozy je voterai à nouveau pour lui car il a un grand sens républicain. Il exprime une réelle envie de moderniser la France et pour cela, il faut du courage - ce dont il semble être pourvu - de l'autorité – il n’en manque pas, et le sens des responsabilités.

Vous lui reconnaissez pourtant des faiblesses. Quelles sont-elles ?

Il a, me semble-t-il un ego surdimensionné. C’est peut-être pour compenser le complexe de sa petite taille qui lui a valu des moqueries. Il a subi à ce sujet des humiliations mesquines et méchantes et cela l'empêche de tenir compte d'avis parfois plus éclairés.

Il a aussi, bien sûr, un style à l'emporte-pièce : il a oublié que notre vieux continent n'a pas la mentalité de l'Amérique. Je pense désormais qu'il en a pris conscience et que beaucoup d'errements de début de mandat resteront comme un brouillon, et lui serviront de leçon dans le cadre d’un deuxième mandat.

Vous dites que Nicolas Sarkozy a la volonté de "moderniser la France". Après les réformes déjà entreprises (réforme des retraites, par exemple), faut-il continuer ? Quelles modernisations vous semblent encore nécessaires ?

Je pense qu'il serait nécessaire de se pencher sur la gestion des hôpitaux et le statut des médecins, qui sont intouchables, et dont l’action continue de grever la Sécurité sociale. Ce sont les assurés en font les frais.

Par ailleurs une  mise à plat et une grande reforme des impôts serait souhaitable, ainsi que des aides sociales. Il n’est pas normal que la moitié des contribuables soient non imposables.

Enfin, il faut aller plus loin dans l'organisation du travail, qui est trop rigide en France, que la formation professionnelle soit mieux encadrée. Nous devons changer nos mentalités de fonctionnaires et d'assistés !

Vous désapprouvez l'assistanat. Mais comment faire autrement pour les gens qui subissent le chômage et ne peuvent vivre que de la redistribution et des aides ?

Ce n’est pas tout à fait ça : je désapprouve la façon dont est géré l'assistanat. Est-il normal que des allocations familiales soient encore versées aux riches gagnant plus de 7 000 € par mois ? Ni la droite ni la gauche ne se penchent sur ce problème ! Est-il normal que la gauche s'oppose à ce que les bénéficiaires  du RSA (ceux en capacité de le faire bien sûr) rendent a la collectivité quelques heures (payées) de leur temps ? On n'encourage pas l'effort  et cela me dérange qu'il y ait tant de fraudeurs et tout le monde le sait !

Alors de l’assistanat – et même plus – d’accord. Mais aussi, davantage d’encadrement et plus de contrôles (tiens, voilà un gisement de centaines d'emplois).  Il faut revaloriser le travail plutôt que l'assistanat, c’est une chose que voulait faire Sarkozy,  mais il s’est heurté à un tollé de la gauche qui l’a fait échouer. !

Pour changer de sujet, comment jugez-vous le soutien des dirigeants européens conservateurs à Nicolas Sarkozy, notamment celui d’Angela Merkel ? N'est-il pas risqué d'apparaître comme un candidat ayant besoin d'être légitimé par d'autres leaders ?

Peut-être mais c'est rassurant aussi de savoir que l'Allemagne accorde sa confiance à Sarkozy en ces temps difficiles pour la gestion de l'Europe. Ce soutien n’a rien d'illégitime. Il est plutôt de bon augure.

Que vous inspirent les polémiques générées par les ministres de Nicolas Sarkozy, notamment par Claude Guéant, qui ne cessent de faire "le buzz" ?

Je déteste les provocations volontaires de Guéant et je déteste les réponses de la gauche qui tombe toujours dans le piège ! Tout cela donne une bien piètre image de nos politiques et de leurs fonctions. Je vais finir par renoncer à m'intéresser aux élections !!!!

N'avez-vous jamais été tentée par un "petit" candidat de droite (Villepin, Dupont-Aignan), voire par un vote centriste ?

Je pourrais être tentée par un vote centriste s’il y avait un candidat costaud, capable de faire un gouvernement d'union nationale. Oui, oui ! Mais avec une droite toujours plus à droite et une gauche toujours plus à gauche cela parait très difficile. Et Bayrou ne semble pas faire le poids....

Vous parlez de "droite de plus en plus à droite" : Nicolas Sarkozy chasse-t-il (comme on le lui reproche parfois) sur les terres du Front national ?

Je ne sais pas répondre à cette question. C’est ce que l’on raconte, mais honnêtement, quel parti refuserait les voix du FN si cela lui garantissait la victoire ? Cette question parfaitement hypocrite fait polémique à chaque élection. Vous-même, pouvez-vous y répondre ?

Pour finir, auriez-vous un conseil à donner à Nicolas Sarkozy pour sa campagne ? Ou un souhait à formuler ?

Je lui donnerais le conseil que l'on m'a donné avant de commencer à toucher une carte au bridge "écoute, regarde et réfléchis". C’est essentiel pour une bonne analyse du jeu, que ce soit le jeu de carte ou le jeu politique.

Un souhait ? La réconciliation de tous les Français, bien mise a mal  en ce moment.

En tout cas, pour sourire un peu je dirais que je ne voterai pas avec enthousiasme mais qu'à choisir entre Zorro et Bisounours  je voterai ZORRO !!! 

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vendredi 2 mars 2012

Micro-trottoir 2012 : Maxime est 100% Dupont-Aignan


Cet entretien a été réalisé dans le cadre du micro-trottoir 2012 de l’arène nue. Vous pouvez en consulter ici la rapide description, ainsi que les quatorze premiers volets (un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze). Je remercie vivement Maxime, mon interlocuteur.
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Maxime a 21 ans. Il habite en Saône-et-Loire (71) où il étudie le droit et les sciences politiques. Il rentre tout juste d'Allemagne où il a passé un semestre dans le cadre de programme ERASMUS. Il se dit « très ouvert sur l'Europe, mais une Europe des Nations qui coopèrent et qui respecte ses différences et cultures ». En avril, il votera pour Nicolas Dupont-Aignan.

Vous êtes engagé aux côté de Nicolas Dupont-Aignan (NDA) au sein de "Debout la République". Quand et pour quelles raisons avez vous fait ce choix ?

Pendant la campagne des européennes, en juin 2009. Alors que je passais mon bac, j’ai découvert le personnage lors de mes lectures sur Internet. Je n’irai pas jusqu’à dire que ce fut le coup de foudre mais, issu d’une famille attachée aux valeurs de travail et de mérite, j’ai eu l’impression de lire mes propres convictions. Son argumentaire républicain et ses idées gaullistes m’ont tout de suite attiré. Je n’ai donc pas tardé à adhérer à ce jeune mouvement, séduit par son combat pour l’indépendance de la France et la liberté des Français, loin de tout extrémisme.

On dit souvent que NDA est un "souverainiste", voire un "eurosceptique". Est-il anti-européen?

La véritable question est de savoir qui sont est ce « on ». Je pense avoir la réponse. Ce sont ceux qui - soutenus par Sarkozy, Bayrou et Hollande - ont construit cette Europe sans les peuples, cette Europe au service des lobbys, des acteurs financiers, bancaires, et du libre-échange déloyal, qui conduit à l’esclavagisme dans les pays émergents et aux délocalisations en France.

Alors oui, NDA condamne cette construction européenne car il défend une Europe des peuples, une Europe des Nations, une Europe de la démocratie. C’est-à-dire une Europe qui respecte le « non » des français lorsqu’ils s’expriment par référendum. C'est-à-dire une Europe qui se construit sur des projets concrets comme l’ont fait Charles de Gaulle et Konrad Adenauer avec Airbus, seule véritable réussite. Il est donc en réalité le seul défenseur de l'Europe car en oubliant les peuples, l'UMP et le PS détruisent la belle idée de l'Europe et font le jeu des anti-européens.

Quant au terme « souverainiste », ce dernier est très souvent utilisé pour ringardiser à tord Nicolas Dupont-Aignan. Mais on oublie que la démocratie ne peut s’exercer que dans le cadre de la souveraineté nationale !

Votre candidat souhaite sortir de l'euro, une monnaie existe depuis maintenant dix ans. On a demandé aux citoyens  de l’eurozone de lourds sacrifices au nom de la survie de l’euro. Ne pensez-vous pas que le sentiment d'échec serait très grand chez les Français  en cas d’abandon de cette devise ?

Je vois que nous avons toujours à faire au même « on » qui a tout raté dans la construction européenne et qui veut sauver un euro qui ne fonctionne pas, car est une monnaie unique imposée à des économies à la productivité différente. Les français ne connaitront certainement pas ce sentiment d’échec. Ils ont eux-mêmes remis en cause tous les traités, et donc l’euro, en votant « non » au traité constitutionnel en 2005, Référendum qui ne fut pas respecté par l’UMP et le PS avec la ratification du traité de Lisbonne de 2007. En réalité, l’échec est l’euro lui-même ! Il a conduit à la suppression de près de 600 000 emplois industriels en dix ans rien que pour la France. Il nous oblige à emprunter à des taux d’intérêts exorbitants auprès des banques privées alors que nous pourrions le faire gratuitement auprès de la banque de France. Ceci conduit l’Etat à utiliser l’argent tiré de nos impôts pour rembourser des milliards d’euros d’intérêts aux banques. Le Français se serre la ceinture et paie donc des impôts non plus pour financer les professeurs ou les infirmières mais pour engraisser les banques !

Alors oui, je le pense intimement, la fin de l’euro est condition nécessaire de la survie de l’Europe. Le passage à une monnaie commune, un « eurofranc », par la reprise de notre souveraineté monétaire, redonnerait du souffle à notre économie et guiderait les français vers la voie du progrès.

Quelles sont les autres propositions de votre candidat, outre la sortie de l'euro, bien connue ?

Vous savez, la sortie de l’euro n’est qu’un outil permettant la mise en place d’un projet social basé sur une France libre coopérant avec les autres pays d’Europe autour de projets à la carte réalistes et concrets. La question n’est d’ailleurs plus de savoir s’il faut en sortir ou non, mais comment et dans quelle mesure.  Les réelles propositions de Nicolas Dupont-Aignan ont donc pour finalité une France de grands projets basés sur le temps et la réflexion – et non sur le paraitre – comme l’a fait le Général de Gaulle avec par exemple le réaménagement du territoire ou Airbus.

Sans en faire le catalogue, les propositions de notre candidat ont pour objectif de réinstaurer la vertu en politique en sortant de ce zapping électoraliste que manient avec excellence l’UMP, le PS ou le FN. C’est donc revenir aux fondamentaux en redonnant à notre Ecole ses lettres de noblesse pour qu’en sortent des citoyens et non des consommateurs. C’est défendre la laïcité mais aussi le mérite et le travail sans pour autant délaisser ceux qui sont en difficulté. C’est sauver ce principe de solidarité qui permet à nos âgés de vivre dignement leur retraite et à nos malades d’être soignés. C’est en sorte protéger notre pays – ses industries et ses agriculteurs – comme on protège sa famille en « bon père de famille » tout en confirmant « la vocation internationale de la France ». C’est donc revenir aux fondamentaux pour défendre un progressisme que nos politiques ont oublié de proposer en cette période électorale.

Sur certains points - notamment sur l'euro - le discours de votre candidat rejoint celui de Marine Le Pen. Un rapprochement vous semble-t-il envisageable ?

Je me félicite de voir Marine Le Pen nous rejoindre sur certains points, tels que la souveraineté monétaire, que NDA défend depuis toujours. Et elle n’est pas la seule. Montebourg, lors de la campagne des primaires socialistes, nous en a fait la démonstration. Dommage qu’il ait préféré la politique politicienne à ses convictions en décidant désormais de soutenir François Hollande.

Mais la question d’un rapprochement avec Marine Le Pen me semble hors contexte. Tout le monde sait que le Front National et les gaullistes n’ont rien à voir. « Debout La République » défend un projet de société totalement différent de celui du FN.

Et puis, en toute franchise, nous savons tous que la France ne sera sauvée que par un candidat qui saura rassembler les français et non un qui les divisera. Je suis convaincu que seul Nicolas Dupont-Aignan en est capable. En fait, je pense que Marine Le Pen reste prisonnière du Front National.

Quant à Nicolas Sarkozy, NDA a eu l’occasion d’en dire beaucoup de mal. Doit-on en déduire que tout rapprochement au second tour est impossible ? Dans ce cas, quel sera votre choix personnel le 6 mai 2012 ?

Nicolas Dupont-Aignan reproche à Sarkozy, à Hollande et à Bayrou d’avoir signé tous les traités européistes et mondialistes qui interdisent au président de la République et au Parlement de tenir le volant de la voiture France. Mais cela ne les empêche pas de parader dans les usines ou de jouer les hypocrites devant les agriculteurs ! Au fond, lorsque vous les examinez, vous remarquez au fond que Bayrou, Hollande et Sarkozy sont comme « cul et chemise » ou « copains comme cochons ».

Alors au second tour, je voterai donc pour Nicolas Dupont-Aignan car je sais que les Français auront le courage de voter pour un homme différent et n’écouteront pas des sondages qui n’ont pour objectif que de les priver de leur droit de vote !


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vendredi 27 janvier 2012

Micro-trottoir 2012 : Anne penche pour Chevènement



[Ce texte est également disponible sur Marianne2]

Cet entretien a été réalisé dans le cadre du micro-trottoir 2012 de l’arène nue. Vous pouvez en consulter ici la rapide description, ainsi que les cinq premiers volets (un, deux, trois, quatre, cinq). Je remercie vivement Anne, mon interlocutrice.

***

Anne a 38 ans. Elle est fonctionnaire et occupe un poste à responsabilité dans le domaine des Ressources Humaines.

Coralie Delaume. A 90 jours de l’élection présidentielle, pour quel candidat envisagez-vous de voter ?

Anne. La question est encore un peu difficile car la multiplicité des candidats déclarés ou supposés rend le choix complexe, sauf sans doute pour les militants et les adhérents des différents partis, dont je ne suis pas.

Par ailleurs, un choix trop anticipé pourrait être rendu rapidement caduc par un trop faible nombre de signatures, un abandon ou un ralliement. Cependant, son expérience et ses propositions me portent à m’intéresser particulièrement à Jean-Pierre Chevènement.

C’est une candidature que l’on n’attendait pas forcément. Comment avez-vous réagi à son annonce ? L’espériez-vous ? Suivez-vous Jean-Pierre Chevènement depuis longtemps ?

Je crois avoir été marquée par sa démission – dont j’ai compris plus tard qu’elle était la seconde avant de devenir ensuite la deuxième – du poste de ministre de la Défense lors de la première guerre du Golfe. J’avais alors hésité entre lâcheté devant l’épreuve ou courage pour faire valoir son opinion et ses valeurs. Sa constance, les suites de cette intervention et les explications qu’il a pu ensuite fournir m’ont convaincue qu’il s’agissait bien là de courage, bien rare dans la classe politique.

J’avoue ne pas être une si grande connaisseuse de la vie politique ou une telle admiratrice de Chevènement pour avoir espéré ou avoir conçu de grands sentiments à son annonce. Sa candidature me paraît simplement s’inscrire dans la suite d’une vie courageuse et droite au service d’une conception de la France sans doute disparue en 1969 et qu’il souhaite encore représenter ou au moins rappeler aux électeurs et autres candidats.

1969…pour vous, la candidature de Chevènement est donc une candidature gaulliste avant d’être une candidature de gauche ?

Oui, et c’est en grande partie pour cela que j’envisage de la soutenir par mon vote au printemps. Elle est probablement d’autant plus gaulliste qu’elle ne s’en réclame pas à longueur d’interviews comme continuent à le faire de trop nombreux candidats qui en trahissent par ailleurs le fond après avoir abandonné tout espoir d’en atteindre l’excellence de la forme.

Il est vrai que la référence au gaullisme est devenue très « tendance ». A quel(s) usurpateur(s) pensez-vous en particulier ?

J’aurais tendance à dire : tous ceux qui s’en réclament, en tout premier lieu Nicolas Sarkozy, et cette UMP qui se targue d’avoir encore des représentants du gaullisme (de Fillon à Juppé), alors qu’il n’en est rien. Ces derniers, sans la moindre hésitation, ont permis à l’économie de sortir de son rôle de service de la communauté pour lui abandonner le pouvoir (cette fameuse intendance qui devait suivre dans l’esprit de de Gaulle) ou ont dilué – voire dissout – la souveraineté de la France et la certaine idée que l’on pouvait s’en faire, la réduisant à l’impuissance et bientôt à l’impotence.

Quid de « petits » candidats tels Dominique de Villepin ou Nicolas Dupont-Aignan, qui se réclament également – en particulier le second – du gaullisme ?

Dominique de Villepin a trop longtemps servi des gouvernements tels que je les ai décrits avant de s’en détacher pour des questions de querelles personnelles plus que de vision du monde, même s’il convient de porter à son crédit son action aux Nations Unies avant l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis.

En revanche, la prise de distance déjà ancienne et assumée de Nicolas Dupont-Aignan avec l’UMP et son discours  méritent un réel intérêt. Je ne sais pas ce que penseraient celui-ci et Jean-Pierre Chevènement si je parlais de proximité de leurs analyses et de leur propositions. J’aimerais croire que cette proximité, malgré leurs positionnements de part et d’autre de l’échiquier politique, est le fruit d’un nouveau clivage, désormais plus pertinent et peut-être plus productif que le simple gauche – droite : celui qui sépare les libéraux, économiques et ou sociétaux, et les souverainistes républicains.

Jean-Pierre Chevènement l’a déjà fait savoir : pour lui, le clivage droite-gauche est encore valide, et lui-même se réclame sans ambiguïté de la gauche. Si, au second tour, Chevènement appelait à voter pour François Hollande, seriez-vous prêt à le suivre ?

En aucun cas. A moins peut-être que des engagements majeurs soient pris par le candidat du Parti socialiste  qui reprendraient les objectifs principaux de Jean-Pierre Chevènement sur l’école, la défense, la ré-industrialisation de la France et bien évidemment l’Europe et sa monnaie. Rien n’est pour l’instant moins sûr.

Le récent discours du Bourget prononcé par François Hollande, loué de toute part, ne m’a nullement convaincue. Je crois me souvenir qu’il nous a épargné la légalisation du cannabis, mais, il est revenu sur ces obsessions sociétales de la gauche, telles le mariage homosexuel et, surtout, cette aberration que me semble constituer le vote des étrangers aux élections locales. Il ne me semble pas, pour ma part, que l’on m’ait jamais proposé de voter en Thaïlande ou au Gabon. L’aurait-on fait que je ne m’en serais pas senti la légitimité.

Enfin, Chevènement a une autorité et une aura que lui vaut sa très grande expérience. Il a une stature d’homme d’Etat qu’Hollande - pardonnez-moi – ne me semble pas posséder.

Le sénateur de Belfort est donc expérimenté mais pas trop vieux, selon vous ?

Il n’est certes pas jeune. Mais personne ne glose sur l’âge de Ron Paul, candidat à la primaire républicaine aux Etats-Unis, et âgé de 74 ans.

En effet, sur ce point, il est vrai qu’en France, on ne glose guère ! Pour qui avez-vous voté en 2007 ?

En France, on sait ce qu’il a coûté à Lionel Jospin de gloser sur l’âge de Chirac !
En 2007, j’ai voté pour Nicolas Sarkozy, à l’époque sans hésiter. Même si je répugne à me dire « de droite » puisque comme je vous l’ai dit, je considère le clivage gauche/droite dépassé, je demeure relativement conservatrice. En tout cas, j’aimerais que l’on conserve ce qui mérite de l’être.

Par ailleurs, je ne me voyais pas accorder mon suffrage à Ségolène Royal, dont je doutais vraiment de la capacité à diriger un pays. Enfin, j’avoue avoir un peu cru à l’image que renvoyait Sarkozy, de même qu’à son discours. Cinq ans plus tard, hélas, continuer à y croire relèverait d'une naïveté coupable.

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