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samedi 4 mars 2017

[ Vers le Grexit ? 1/3 ] - Grèce : l'impasse économique





Olivier Delorme est écrivain et historien. Passionné par la Grèce, il est l'auteur de La Grèce et les Balkans: du Ve siècle à nos jours (en Folio Gallimard, 2013, trois tomes), qui fait aujourd'hui référence. Alors que la crise grecque semble sur le point de refaire surface en raison de la mésentente entre les différents créanciers du pays, et que l'idée d'un « Grexit » est récemment devenue, pour la toute première fois, majoritaire dans un sondage grec, Olivier Delorme a accepté de revenir pour L'arène nue sur la situation de la Grèce. 
Cette analyse est en trois partie et traitera successivement de l'impasse économique, de l'impasse géopolitique et de l'impasse politique dans lesquelles se trouve Athènes. Ci-dessous, le premier volet. 

***

Aujourd’hui, la Grèce se trouve dans une triple impasse. La première est économique : depuis 2009, elle a connu plus de dix plans de rigueur assortis de coupes budgétaires, de mesures de démantèlement du droit du travail, de centaines de réformes dites structurelles (notamment lors de l’imposition à ses gouvernements des trois mémorandums de 2010, 2012 et 2015), des baisses de salaires et de pensions ainsi que des dizaines de hausses ou créations d’impôts. Car depuis sept ans, la Grèce s’est vu imposer par l’UE et le FMI un véritable délire fiscal dont la dernière manifestation consiste à taxer les contribuables sur la différence entre la montant minimal que, eu égard à leurs revenus, ils « doivent » avoir réglé par carte bancaire et le montant dont ils peuvent justifier qu’ils l’ont dépensé, si le second est inférieur au premier – mesure destinée, en réalité, à réduire la circulation d’argent liquide et à faire passer toutes les transactions par les banques.
Cette politique déflationniste, d’une violence inconnue en Europe depuis les années 1930 (où elle a amené Hitler au pouvoir en Allemagne), a étouffé la consommation intérieure, provoqué des milliers de faillites et l’évaporation d’au moins le quart (sans doute autour du tiers, nonobstant les habillages statistiques) de la richesse nationale. Elle a fait plonger le tiers de la population sous le seuil de pauvreté et gravement précarisé un autre tiers désormais lui aussi menacé de basculer ; elle a en grande partie liquidé les classes moyennes – fondement sociologique de la démocratie – et creusé les inégalités dans un pays qui était déjà, avant 2009, l’un des plus inégalitaires d’Europe.
Cette politique a mis les salariés dans l’entière dépendance d’employeurs qui payent les salaires de plus en plus irrégulièrement – quand ils peuvent ou quand ils veulent. Elle a jeté plus du quart de la population active (sans doute autour du tiers, nonobstant les habillages statistiques), et plus de la moitié des jeunes, dans le chômage dont l’indemnisation est quasiment inexistante. Elle a liquidé l’État social qui, du fait des circonstances particulières à la Grèce après 1945 (guerre civile, régimes autoritaire puis dictatorial sous protection américaine), ne fut construit qu’après 1974 et était déjà l’un des moins généreux d’Europe.
Cette politique déflationniste, motivée par la résorption de la dette, a également provoqué l’explosion de celle-ci – de 120 % à 180 % du PIB. Pire, elle menace la vie de nombreux Grecs. La fermeture d’hôpitaux publics, de blocs opératoires, de lits met les établissements qui demeurent hors d’état de remplir leur mission, la réduction des dotations conduisant certains à ne plus pouvoir fournir les médicaments aux malades, à assurer l’hygiène élémentaire, la blanchisserie ou la restauration. Des patients cancéreux ont parfois été renvoyés chez eux sans avoir pu recevoir une chimiothérapie programmée à l’avance. Des laboratoires pharmaceutiques occidentaux ont suspendu leurs livraisons faute d’être assurés de la solvabilité de leurs clients grecs. 
Dans les îles, la hausse des tarifs des transports maritimes conduit de plus en plus les malades à différer le voyage jusqu’à un hôpital fonctionnant encore à peu près, si bien que nombre de pathologies sont prises en charge trop tard pour être efficacement soignées. Et un tiers des Grecs n’a plus, de toute façon, ni couverture sociale ni moyen de payer les soins. En 2014 déjà, le docteur Vichas, fondateur d’un des premiers dispensaires solidaires (celui d’Ellenikon dans la banlieue d’Athènes) qui se sont créés afin de pallier le défaut d’accès aux soins pour un nombre toujours croissant de Grecs, dénonçait par exemple les diabètes qui, en raison d’un défaut de traitement, entraînent de nouveau cécités ou amputations. L’état des hôpitaux psychiatriques est alarmant, les handicapés ont souvent été réduits à la précarité par la baisse de leurs allocations, les programmes de prévention ou d’accompagnement des toxicomanes ont été liquidés, ou peu s’en faut, le taux de contamination par le VIH a augmenté de manière inquiétante, en même temps que diminuait le taux de vaccination des enfants.
L’insécurité énergétique ne cesse de croître – en milieu urbain, la plupart des immeubles collectifs, quand ils sont encore chauffés en hiver, ne le sont plus – au mieux – que deux heures le matin et deux autres le soir, l’augmentation des prix de l’électricité rend pour beaucoup impossible l’utilisation d’un chauffage d’appoint, et les installations de fortune utilisant le bois ajoutent la pollution aux risques d’incendie. L’insécurité alimentaire progresse elle aussi, notamment chez les retraités mais, à maints endroits, des enseignants ont aussi dû mettre en place des systèmes de solidarité destinés à ceux de leurs élèves qui ne peuvent plus faire trois repas par jour…
Alors que, avant la crise, la Grèce figurait déjà parmi les pays européens où l’investissement public dans l’éducation était le plus faible, les coupes budgétaires imposées par les créanciers ont entraîné la fermeture ou la privatisation d’une importante partie de l’enseignement supérieur – grave hypothèque sur l’avenir. Mais elles altèrent aussi le fonctionnement des niveaux primaire et secondaire. « Entre 2009 et aujourd’hui, le budget a diminué de 70 %. Nous n’avons même pas de quoi acheter les craies. Nous avons dû organiser une collecte sur la place centrale de la ville pour nous procurer les fournitures scolaires », déclare au journal suisse Le Temps le directeur d’une école d’Éleusis, centre industriel à l’ouest d’Athènes dévasté par les politiques appliquées depuis 2010. De surcroît, le chômage de masse conduit à l’exode nombre des plus diplômés, dont le contribuable grec a payé la formation et dont la compétence va profiter aux États-Unis, au Canada, à l’Australie ou aux pays d’Europe occidentale vers lesquels s’exilent ces populations qui estiment ne plus avoir d’avenir en Grèce.
Parmi les conséquences multiples de ces politiques, il faut également citer les transferts de propriété. C’est le cas pour le patrimoine public et les infrastructures bradés à des prix sans rapport avec leur valeur réelle à des intérêts étrangers, allemands au premier chef, mais aussi français, italiens, chinois… C’est aussi le cas des propriétés privées, soit par le biais des lois imposées par les créanciers qui élargissent les conditions de saisie des biens immobiliers par les banques, soit que beaucoup de propriétaires ne pouvant plus faire face à l’accroissement indéfini de la charge fiscale, du fait de l’épuisement de leur épargne après sept ans de déflation, cherchent à se débarrasser de biens dont la valeur diminue à mesure que l’offre augmente. Dans tous les cas, ces transferts de propriété s’apparentent à un processus de spoliation des Grecs et de la nation dans son ensemble – une spoliation sur laquelle tout gouvernement soucieux de l’intérêt national devra revenir.
Enfin, de même que ces politiques justifiées par une dette excessive ont fait exploser celle-ci, le délire fiscal censé remédier à un rendement insuffisant de l’impôt n’a fait qu’encourager le développement de l’économie informelle. Lorsque les salaires ne suffisent plus pour vivre décemment, lorsque la survie des entreprises est menacée par un excès de taxes, lorsque l’État, déjà historiquement peu légitime en Grèce parce que, trop souvent, il s’est fait, comme aujourd’hui, le docile instrument d’un étranger dominant, est mis, par les politiques européennes, hors d’état de rendre les services qu’on attend de lui et pour lesquels on paye l’impôt, lorsque les politiques en question frappent les faibles et épargnent toujours les forts, il ne faut pas s’étonner que la société se défende avec les armes qui sont à sa disposition. 
Avec une consommation intérieure asphyxiée et un euro qui continue à étouffer la production, l’économie grecque n’a pas la moindre chance de rebondir. Constamment démenties depuis sept ans, les prévisions de reprise de l’UE, de l’OCDE ou du FMI pour 2017 sont évidemment insincères et motivées, comme les politiques imposées à la Grèce, par la seule idéologie qui les sous-tend. 
L’insignifiante « croissance » de 2016 (autour de 0,4 %) n’indique qu’une stabilisation provisoire sur un niveau très bas, due essentiellement à la baisse du taux de change de l’euro (qui reste néanmoins dramatiquement surévalué pour les structures de l’économie grecque), à celle des prix de l’énergie et à la situation géopolitique qui, de l’Égypte à la Turquie ou à la Tunisie, a permis au tourisme grec de tirer son épingle du jeu. Pour autant, hors phénomènes conjoncturels, dans un environnement de pays à monnaies faibles, ce tourisme reste lui aussi gravement handicapé par l’euro, tandis que le développement du « modèle » all inclusive irrigue de moins en moins l’économie locale, à la fois parce que les infrastructures appartiennent souvent à des sociétés non grecques qui ne réinvestissent pas sur place leurs bénéfices, et parce que les salaires, dans l’hôtellerie, ne permettent plus de vivre décemment – quand ils sont encore payés régulièrement. 

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jeudi 25 avril 2013

Politique économique : après TINA, est-ce que TINS ?





Après la séquence très sociétalo-centrée consacrée au mariage pour tous, somme nous à l’orée d’un nouveau « changement-c’est-maintenant » ?

A feuilleter la presse du jour, on en a l’impression. D’ailleurs, ce « nouveau départ » semble avoir fait l’objet d’un mot d’ordre au sein du Parti socialiste. Si Claude Bartolone parle, dans Le Monde, d’un « deuxième temps du quinquennat », Stéphane Le Foll évoque dans Les Échos la « phase offensive » du mandat.

En quoi consiste cette nouvelle phase ? Pour le président de l’Assemblée nationale, il s’agit surtout d’« améliorer le pouvoir d'achat sans déséquilibrer les comptes publics ». Le ministre de l’agriculture parle, quant à lui, de « se donner les moyens de relancer la croissance ». Il n’est que temps, et l’on peut se demander pourquoi on n’a pas commencé par là.

Nous voilà donc éclairés sur les objectifs et on y souscrit sans peine. Reste à déterminer quels sont les moyens d’y parvenir. C’est là que ça se gâte…

A la suite de la députée Karine Berger, qui plaidait il y a une semaine pour une mobilisation de l’épargne privée des Français en faveur de l’investissement, Stéphane Le Foll affirme ceci : « la crise oblige la gauche à changer de stratégie. Elle a longtemps pensé que la relance ne passait que par la dépense publique et l’emprunt. Aujourd’hui, c’est l’investissement productif qui permettra de relancer l’activité ». Une bonne vieille politique de l’offre, en somme. Comme le confirme d’ailleurs Bartolone, qui veut quant à lui « se réconcilier avec les entrepreneurs » : ah bon, ils étaient fâchés ?

Mais fâchés de quoi ? N’est-ce pas justement une politique de l’offre que le gouvernement Ayrault mène depuis le début ? N’était-ce pas précisément l’objet du rapport Gallois, et du choc, du pacte, du bidule « de compétitivité » ? Ne s’agissait-il pas déjà, via le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), de se rabibocher avec les entrepreneurs ? Où se situe donc le second souffle du quinquennat ?

Surtout, à quoi va donc servir cette politique de l’offre et cet encouragement à l’investissement si les patrons n’anticipent pas une embellie de la conjoncture ? Si l’on est libéral – ce que Bartolone et le Foll semblent bien être – il faut être cohérent. L’un des axiomes du libéralisme est de considérer les acteurs économiques comme des êtres rationnels. Il y a donc une contradiction avec le fait de prendre les patrons pour des ânes. Ceux-ci n’investissent pas que parce qu’on est gentil avez eux. Ils le font s’ils y voient un intérêt. Or comme l’écrit Frédéric Lordon, « les entreprises n’étendent leurs capacités de production qu’à condition d’anticiper une demande suffisante. Pour le reste, elles procèdent à des investissements de rationalisation qui augmentent la productivité mais en détruisant l’emploi. On peut les laisser empiler du profit tant qu’elles veulent : pas de demande, pas d’investissement ».

Et pas de bras, pas de chocolat. Mais Stéphane Le Foll s’en fiche, car favoriser la demande, ce serait devenu ringard. Et le ministre d’affirmer sans ciller : « la gauche doit penser le post-keynésianisme ». Il est vrai que le post-marxisme, à défaut d’avoir été pensé, a bel et bien été entériné par la gauche. Au rang des économistes sensés, il ne reste donc plus que Keynes : hâtons-nous de lui faire la peau.

Le problème, c’est que le post-keynésianisme a déjà été expérimenté dans toute l’Europe, et que ça ne marche pas. De nombreuses voix s’élèvent désormais – et pas des plus hétérodoxes – pour expliquer que la politique austéritaire « a atteint ses limites ». Sans parler des institutions - voire le FMI et sa sous-estimation du « multiplicateur budgétaire » - ou des économistes - voire la bourde magistrale de Reinhart et Rogoff - qui promouvaient ladite austérité en s’appuyant sur des calculs…faux.

Et l’on se demandera, non sans une pointe d’anxiété : si Marx est mort, si le libéralisme et l’austérité ont fait leur temps et s’il faut également tuer Keynes, quelle est la solution résiduelle ?

Après nous avoir saturés de TINA (there is no alternative) pendant trois décennies, va-t-on à présent nous expliquer que TINS (there is no solution) ?


mercredi 27 juin 2012

Rigueur de gauche ou austérité de droite : choisis ton camp, camarade !


« Les dépenses de l’Etat seront gelées pendant trois ans ». Telle était l’annonce triomphale qu’on lisait hier dans nombre de journaux, souvent assortie de clichés de ministres souriants. En effet, quand on démontre que, bien qu’étant socialistes, on est avant tout « des gens sérieux », on ne peut qu’arborer une mine réjouie.

Et quand on dit « sérieux », c’est presque un euphémisme. Jugez plutôt : avec des dépenses gelées et un taux d’inflation aux alentour de 2%, les dépenses de l’Etat vont donc baisser chaque année pendant 3 ans. C’est Angela Merkel, qui va être contente !

Heureusement - ouf, sauvés ! - on nous annonce un « effort juste, équilibré, partagé ». Après « l’ordre juste » de Ségolène Royal, voici venir « l’austérité juste » du couple Hollande/Ayrault. Etre juste, répartir équitablement la pauvreté : c’est aussi cela, être de gauche.

D’ailleurs, le journal Libération - qui s’y connaît en matière de gauche - expliquait cela très clairement dans un édito daté du vendredi 21 juin : « une rigueur de gauche est-elle une rigueur de droite qui ne dit pas son nom ? Il faut le dire sans relâche, il n’y a aucune fatalité à ce que ces deux-là se ressemblent ».

C’est vrai, quoi ! Assénons-le, martelons-le, tonitruons-le « sans relâche » : l’austérité de droite et l’austérité de gauche, c’est différent. La preuve : l’une est de droite, ce qui est mal. L’autre est de gauche, ce qui est bien. Et Libé de préciser le fond de sa « pensée » : pour que la rigueur de gauche diffère de celle de droite, il faut qu’un certains nombre de conditions soient réunies. Il convient notamment que « cette rigueur soit assumée, discutée, explicitée et arbitrée à chaque instant dans un esprit de justice et d’effort partagé ».

Une rigueur bien « assumée » : voilà qui est de gauche ! Et « explicitée » aussi. La rigueur, finalement, c’est un peu comme la peste, le choléra, le vol à l’étalage et les coups de fouet. Au départ, on est plutôt tenté d’être contre, mais dès lors que c’est bien « discuté, explicité », on comprend immédiatement tout le bénéfice qu’il y a à en tirer.

En tout cas, quant à l’austérité de gauche et à celle de droite, il est un point sur lequel chacun des deux camps s’accorde volontiers : « il n’y a aucune fatalité à ce que ces deux-là se ressemblent ». D’ailleurs, la toute nouvelle opposition défend « sa » rigueur avec la dernière énergie. Récemment invitée de l’émission Mots croisés, Valérie Pécresse l’a martelé : « la rigueur de gauche sera beaucoup plus brutale que la rigueur de droite ».

En effet, selon l’ancienne ministre, la rigueur de droite, si elle était  moins « explicité » avait au moins un avantage : elle était « tout entière tournée vers la compétitivité, le pouvoir d’achat et l’emploi », quand sa cousine de gauche « se caractérise par des mesures anticoissance et anti-emploi ». Là, on brûle de découvrir dans quels secteurs précis l’austérité de droite a généré de l’emploi, quel type d’emplois, et dans quelles proportions. Las, l’histoire ne le dit pas.

Résumons nous : pour la gauche, la rigueur de droite n’était pas suffisamment « assumée, discutée, explicitée ». A l’inverse, pour la droite, la rigueur de gauche sera « brutale » et « anticroissance ». On voit bien là toute la nuance qu’il y a entre les deux types d’austérité. Chacune est portée par des « gens sérieux », mais leur « nature profonde » diffère dans les grandes largeurs….

René Rémond, dans un ouvrage visant à actualiser ses analyses historiques et intitulée « Les droites aujourd’hui », s’interrogeait sur la pertinence, à l’aube des années 2000, de continuer  distinguer la droite et la gauche. Il admettait que les anciennes lignes de fractures telles l’acceptation de la République, ou la question religieuse, étaient caduques pour départager les deux camps.

Il essayait donc de dégager de nouveaux sujets d’affrontement tels que la décentralisation, l’Union européenne, ou encore la laïcité, mais constatait avec regret que sur ces questions, les positionnements étaient largement trans-clivage : « sur trois des débats de l’heure portant sur des questions de fond et dont la solution façonnera l’avenir, la distinction droite-gauche n’est pas ou n’est plus pertinente ».

C’est vraiment bête que Rémond n’ait pas tenté d’appliquer sa grille d’analyse à « la rigueur ». Sur ce point, aurait été immédiatement convaincu du caractère irréfragable de la partition gauche/droite. Et il aurait pu s’écrier comme nous le fîmes de bonne foi au soir du 6 mai : « le changement, c’est maintenant ! »

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