Ci-dessous, le lien vers le replay de l'émission Répliques de samedi dernier où je débats avec Bernard-Henri Lévy autour du thème "Qu'est-ce qu'être européen ?" :
lundi 29 septembre 2014
dimanche 7 septembre 2014
Ce soir ou jamais
J'étais invitée vendredi soir dans Ce soir ou jamais sur le thème " pourquoi avons-nous l'impression de vivre la rentrée la plus catastrophique de la Vème République ? ".
Pour voir le replay, c'est ici : CLICK CLICK.
( Sinon, j'ai un peu mis ce blog en sommeil parce que je manque de temps actuellement - le boulot, ce sot besoin de manger trois fois par jour donc de gagner sa croûte, tout ça - mais je le rouvre dès que je le retrouve la possibilité ! )
jeudi 26 juin 2014
Radio : à quoi ont servi les élections européennes ?
C'était le titre d'une émission (Du grain à moudre) qui avait lieu mardi soir sur France culture, et où nous causâmes un brin. Pour écouter, c'est ici : CLICK CLICK
jeudi 22 mai 2014
Europe, les Etats désunis à la radio
Voici deux émissions de radio où l'on en a causé :
- Le Grain à moudre du 12 mai sur France Culture, avec Guy Verhofstadt et Guillaume Duval,
- Là bas si j'y suis du 21 mai avec Aurélien Bernier.
Bonne écoute....
jeudi 15 mai 2014
Pour sortir de l'européisme à la papa
Ceci est la version longue d'une tribune parue dans Le Figaro du 9 mai.
A la veille des élections
européennes, d'aucuns s'affairent à nous expliquer combien le
scrutin du sera important. Ils nous expliquent que la nouvelle
majorité au Parlement européen conditionnera, pour la première
fois, la désignation du président de la Commission, ce qui
constituerait une avancée substantielle de la démocratie. C'est
prendre ses rêves pour des réalités. Le président de la
Commission européenne sera soit Martin Schultz soit Jean-Claude
Junker, tous deux représentant le vieil européisme de papa. Entre
eux, il faut chercher les différences à la loupe, comme l'a montré
le débat télévisé d'un ennui poisseux qui les a « opposés »
le 9 avril dernier.
Si l'on surestime
l'élection à venir, c'est qu'on surestime également le rôle de
l'Assemblée de Strasbourg. Aussi faut-il le rappeler, celle-ci n'a
pas l'initiative directe des « lois européennes ». Elle
vote certes le budget de l'Union mais celui-ci est dérisoire :
à peine 1 % de la richesse de l'UE. Le Parlement européen de
peut pas non plus modifier les traités. Bref, il est bien plus une
chambre d'enregistrement qu'un organe décisionnel. Son élection au
suffrage universel direct sert essentiellement à tenter de légitimer
- sans grand succès - un édifice communautaire technocratique et
désincarné.
Il
ne pouvait en être autrement. Le Parlement européen ne peut-être
autre chose qu'un colifichet. Il ne peut être une véritable
assemblée représentative puisqu'il n'est pas l'émanation du peuple
européen. Et pour cause : un tel peuple n'existe pas. L’Europe
en agrège vingt-huit. Le simple fait que les élections européennes
se déroulent dans le cadre national des 28 États-membres en
témoigne sans ambiguïté. Aussi ne saurait-il y avoir d'authentique
démocratie européenne. C'est un pléonasme mais il faut le dire
malgré tout : « démocratie » signifie
littéralement « pouvoir du peuple ». Or à défaut de
peuple communautaire, il ne peut y avoir de démocratie
communautaire.
Bousculer l'ordre
juridique européen
Voilà pourquoi l'Europe
telle qu'elle a été conçue est un trou noir démocratique. Voilà
pourquoi la défiance des citoyens ne cesse de grandir et pourquoi il
faudra bien, un jour où l'autre, remédier à cette situation.
Il faudra sans doute pour
cela revoir l'édifice institutionnel, quitte à modifier en
profondeur le droit de l'Union européenne. Bien qu'on prétende
souvent le contraire, les traités européens priment de fait sur les
Constitutions nationales. La Constitution française, pour ne citer
qu'elle, a déjà été modifiée cinq fois depuis 1992 afin d'être
rendue eurocompatible. Quant au droit dit « secondaire »
(les directives et les règlement), il prime également sur les
droits nationaux depuis que la Cour de justice de Luxembourg en a
décidé ainsi dans son arrêt Costa contre ENEL de
1964. Une décision
jurisprudentielle de la Cour,
prise en dehors de tout contrôle
démocratique, jamais
débattue et jamais contestée depuis.
Ceci
ne saurait durer éternellement. L'ordre juridique européen doit
être revu de manière à ce que les règles de droit édictées au
nom des citoyens par de vrais parlementaires - autrement dit par des
parlementaires nationaux – ne puissent être coiffées par des
normes supranationales à la légitimité démocratique douteuse.
Quitte à l'admettre une foi pour toute : l'Europe ne pouvant
devenir à ce stade
un État fédéral, elle doit
demeurer pour l'heure une organisation
internationale, respectueuse
de la souveraineté de ses
membres.
Faire
de deuil de l'euro
Il
faudra également se défaire de l'euro.
On s'accorde aujourd'hui sur un certain nombre des tares de la
monnaie unique, en
particulier sur sa surévaluation. Mais si l'euro, à 1,38 dollar,
est effectivement très cher pour la France et pour les pays du Sud,
il ne l'est pas pour toute la zone. Étant
donné la structure de
l'économie
allemande
il ne l'est pas, par exemple,
pour la République fédérale.
Dès lors se pose le problème
suivant : des pays économiquement très divers peuvent-ils
avoir en partage une seule et même monnaie ? L'expérience des
crises récentes tend à indiquer
que la réponse est négative.
Mais
on peut aller plus loin. Car le problème de l'euro ne se pose pas
qu'en termes économiques. Au delà des agrégats,
des ratios et
autres arguments techniques,
la véritable question
est la suivante : est-il
raisonnable d'affubler d'une monnaie unique des peuples différents,
ayant des modalités de
formulation de leur contrat social
dissemblables ?
Car
la monnaie n'est pas qu'un
simple outil. Elle est aussi un
élément essentiel de la souveraineté et
accompagne l'histoire propre d'un pays. Dès lors, il est sans doute
illusoire de vouloir faire
cohabiter dans une monnaie unique
des pays dont les trajectoires à moyen terme divergent. Il
n'est qu'à voir le couple
franco-allemand - ou
ce qu'il en reste. L’Allemagne,
dont la démographie décline,
ne peut avoir qu'un objectif de long terme : parvenir à gérer
sa population âgée. Pour ce faire, notre
voisin a besoin d'engranger
aujourd'hui les excédents commerciaux qui
paieront les retraites de demain. Elle a également besoin d'une
inflation faible qui garantisse la valeur de son épargne.
Aussi est-elle attachée à une politique monétaire restrictive. La
France, elle, bénéficie
d'une démographie plus dynamique, qui rend nécessaire une
croissance, des créations d'emplois et une inflation supérieures.
Comment une politique monétaire unique conviendrait-elle à ces deux
pays ?
Encore
l'eurozone ne compte-t-elle pas deux membres mais dix-huit, dont fort
peu (sans doute aucun) ne semblent prêts à faire le saut budgétaire
fédéral susceptible de la rendre viable.
Parler
à nos partenaires
A
terme, la zone euro est
condamnée. Il
serait donc
plus raisonnable de la démanteler dès à présent que d'attendre
passivement qu'elle n'explose
dans le plus grand désordre. Encore
faut-il en convaincre nos partenaires. C'est la responsabilité de la
France que de s'y employer : en
tant que pays charnière entre l'Europe du Nord et celle su Sud, elle
est en effet la mieux placée pour dialoguer à la fois avec l'Europe
méditerranéenne et avec l'Allemagne.
Sans
doute les Allemands seront-ils difficiles à convaincre tant il est
vrai qu'un retour aux monnaies nationales entraînerait une
réévaluation de la leur, renchérirait leurs exportations et
contrarierait leur stratégie mercantiliste, donc leur intérêt à
court terme.
A
long terme toutefois,
la dernière chose dont l'Allemagne ait besoin est d'une
Europe qui bascule
dans le chaos. Située au
centre du continent, elle en
serait évidemment victime.
Exerçant le leadership
économique de fait, sans doute en serait-elle également tenue pour
responsable. Aussi ne peut-elle souhaiter qu'une spirale
déflationniste létale se s'empare de l'Europe du Sud.
Quand
à la mutualisation des dettes souveraines, dont l'Allemagne a
toujours assuré ne vouloir à aucun prix, elle a été réalisée
à bas bruit
au travers du Mécanisme européen de stabilité (MES), que la
République
fédérale garantit à hauteur de 190 milliards d'euros (et la France
à hauteur de 142 milliards tout de même !..). Une nouvelle crise
des dettes du Sud coûterait assurément fort cher à tout le monde,
y compris à ce contribuable allemand qu'Angela Merkel est pourtant
si soucieuse de préserver.
Peut-être
y
a-t-il donc là, pour la France, matière à argumenter. On a fait
trop peu de cas de cette remarque profondément lucide et
iconoclaste dela chancelière allemande lors du conseil européen de décembre
2013 :
« tôt
ou tard, la monnaie explosera, sans la cohésion nécessaire ». Puisqu'elle le sait déjà, pourquoi ne pas en discuter ?
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lundi 5 mai 2014
L’Européisme : une idéologie de substitution pour la droite comme pour la gauche
Cet article est initialement paru sur le site de LaCroix.com
Le débat européen s’ouvre peu à peu et l’on peut désormais se risquer à émettre des doutes quant à la nature – antidémocratique et économiquement inégalitaire – de la construction européenne actuelle sans risquer le discrédit de soi-même et de ses descendants sur quatre ou cinq générations. Pourtant, force est de l’admettre : cette liberté de parole est récente. Longtemps, ce débat a fait l’objet d’un véritable phénomène d’occultation. Quelles en sont les raisons ?
On peut donner plusieurs explications, la principale résidant dans l’étonnante capacité de l’idée européenne à fournir à qui les lui demande les moyens d’une bonne conscience à peu de frais. Bien sûr, à ses débuts, l’Europe apparaît comme une opportunité de rédemption indispensable et l’occasion de sortir définitivement du tunnel guerrier de 1914-1945. Mais aujourd’hui encore, et c’est plus étonnant, sa seule invocation permet d’apparaître à qui en use comme l’heureux dépositaire d’une sorte de supplément d’âme.
C’est très commode pour qui entend camoufler certaines de ses préférences idéologiques. A la droite de l’échiquier politique par exemple, l’Europe a bon dos. Elle permet de dissimuler une prise de distance progressive d’avec la tradition gaulliste, et l’abandon d’une certaine idée de la grandeur et de l’indépendance nationales au profit d’un ralliement aux puissances de l’argent. C’est un secret de polichinelle : les principes économiques d’inspiration néolibérale dominent la construction européenne. Celle-ci est devenue un fer de lance de la « concurrence non faussée » et de la croyance en la réalisation de « l’allocation optimale des ressources » par les marchés de capitaux. Tout le monde le dit désormais, au point que ça semble une antienne. A moins que ce ne soit simplement une réalité ? Quoiqu’il en soit, pour ceux que cela réjouit sans qu’ils l’assument tout à fait, c’est une aubaine que de pouvoir dissimuler leurs préférences sous quelques grands principes et une poignée de mots ronflants. Lorsqu’on est acquis à la « libre circulation des marchandises et des capitaux », quelle chance de pouvoir faire croire qu’on aime en réalité la Paix et la Démocratie – majuscules, toujours majuscules.
A gauche, l’idée d’Europe tient un double rôle. Elle sert à la fois de cache-misère et d’idéologie de substitution. De cache-misère car elle permet, ici aussi, d’escamoter un ralliement sans condition aux préceptes néolibéraux. La gauche actuellement au pouvoir, qui n’a, pour tout projet de société, que la réduction des déficits publics à 3 % du Produit intérieur brut, est trop heureuse de pouvoir imputer à « Bruxelles » son manque sidéral d’ambition. Mais L’Europe lui tient également lieu de Grand Dessein par défaut, cependant que l’expérience soviétique semble avoir disqualifié le socialisme. Exclusivement soucieuse, désormais, de paraître respectable, la gauche s’est crue obligée de jeter le bébé avec l’eau du bain et de tout bannir sans distinction, l’intégralité des thèses marxistes et l’horreur stalinienne, la défense du peuple et le souvenir traumatisant du Goulag.
On nous a rebattu les oreilles avec la thématique de « la fin des idéologies ». C’était une erreur. Les lunettes déformantes de l’idéologie, qui brouillent la vision et altèrent le jugement, sont toujours là. L’européisme est bel et bien une idéologie, qui a pris la place d’autres, tombées en désuétude. Elle en a les caractéristiques et, comme toute religion séculière, elle a ses adeptes. Elle a aussi son clergé, prompt à poursuivre de sa vindicte les blasphémateurs, ceux qui osent mettre en doute la sacralité de l’objet révéré : l’Union européenne.
Mais la communion de la droite et de la gauche dites « de gouvernement » dans l’idolâtrie sans condition de l’UE ne va hélas pas sans poser problème. Elle contribue à accréditer la thèse défendue par le Front national selon laquelle il existe une collusion de « l’UMPS ». Le FN se présente évidemment comme la seule voix divergente, donc la seule alternative possible. A quelques semaines d’élections européennes qui risquent de se solder par un triomphe du parti d’extrême-droite, peut-être serait-il temps de prendre enfin conscience de ce phénomène, ne serait-ce que pour pouvoir y porter remède.
*****
Afin de poursuivre cette palpitante réflexion, la maison vous propose également du son et des images. Pour en savoir plus, prenez votre élan puis cliquez fort sur le lien joint et découvrez avec émerveillement une vidéo : CLICK.
vendredi 2 mai 2014
Le tabou de l'Europe désunie
Voici un entretien réalisé dans les studios de Xerfi canal, une chaîne de télé web dédiée aux questions économiques qui mérite d'être suivie assidûment.
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