jeudi 3 mai 2012

Les lepénistes de gauche sont parmi nous : Sylvain Bourmeau les a vus

Sur cette photo, Sylvain Bourmeau (Libération)
est poursuivi par un lepéniste de gauche


Najat Vallaud-Belkacem est l’une des porte-parole de François Hollande.

Najat Vallaud-Belkacem était interviewée le 27 avril 2012 par Le Progrès. Au cours de cette interview, elle décrivait en ces termes les angoisses diverses qui traversent le peuple français : « fondamentalement, c’est l’angoisse de l’avenir pour soi-même comme pour ses enfants. Menace sur nos modes de vie, menace sur notre modèle social, menace sur nos industries, menace sur notre souveraineté… »

- Oh wait ! Cut, rewind and zoom ! -

On la refait.
Au cours de cette interview, elle décrivait en ces termes les angoisses diverses qui traversent le peuple français : « fondamentalement, c’est l’angoisse de l’avenir pour soi-même comme pour ses enfants. Menace sur nos modes de vie… »

« Menace sur nos modes de vie…. » .
Malgré une fréquentation assidue d'Olivier Ferrand, il semble poindre ici comme une amorce de début d’allusion discrète à l’un des concepts récemment mis sur la table par le collectif « Gauche Populaire » : le concept « d’insécurité culturelle ». Dès lors, la seule question qui vaille d’être posée - oui, la seule - est la suivante. La porte-parole de François Hollande est-elle lepéniste ?

***

Deux jours plus tôt, ça partait déjà assez mal au PS, notamment avec une interview de Ségolène Royal dans Le Monde. Tous les titulaires du brevet de « Vraie Gauche » (autodécernable sur critères subjectifs)  avaient alors senti la terre trembler sous leurs pieds, et l’exemplaire du quotidien leur était tombé des mains – qu’ils ont bien propres.

En effet, Ségolène Royal était interviewée le 27 avril 2012 par Le Monde. Au cours de cette interview, elle affirmait notamment, au sujet des électeurs du Front national : « il ne s'agit ni de cajoler, ni de dénigrer et encore moins d'insulter, tout en combattant le poison de ces idées (…) [ceux] qui s'inquiètent des flux migratoires clandestins ne sont pas des racistes ».

- Oh wait ! Cut, rewind and zoom ! -

On la refait.
Au cours de cette interview, elle affirmait notamment : « [ceux] qui s'inquiètent des flux migratoires clandestins ne sont pas des racistes ».

« Pas des racistes… ».
En disant cela, Ségolène Royal, peut-être involontairement, semble donner un chouïa de crédit à cette notion de « paniques morales », inventée par deux auteurs proches de la « Gauche Populaire », Jean-Philippe Huelin et Gaël Brustier.

Pire, au lieu de conspuer ces ploucs avinés, confits de bêtise télévisée et représentant ce que Sylvain Bourmeau appelait récemment dans Libération « cette France rurale ou rurbaine, souvent si fière du portail ou du mur d’enceinte qui orne et protège sa propriété ? » [1], Ségolène Royal semble plutôt partisane d’un dialogue. Sans cajolerie, certes, mais du dialogue tout de même. Dès lors, la seule question qui vaille d’être posée - oui, la seule - est la suivante. L’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle est elle lepéniste ?

***

Etre ou ne pas être lepéniste : telle est la grande question de ce curieux entre-deux tours de l’élection présidentielle.

Question que l’on peut élargir en ces termes fleuris : celui qui, comme 6,4 millions de ses compatriotes, a voté pour Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle est-il un « put*** d’enc*** de fasciste » ?

Par ailleurs, tenter de comprendre les raisons de ce vote, vouloir, le cas échéant, y porter remède afin d’éviter que Marine Le Pen ne fasse 25% à l’élection de 2017, cela revient-il à dépolluer et à crédibiliser les idées du FN ? Bref, comprendre (qui commence par la même lettre que « cautionner » : c’est pas un hasard !) n’est-ce pas, finalement, être soi-même un « put*** d’enc*** de fasciste » ?

C’est la thèse que tentent d’accréditer quelques moines-soldats brevetés de la « Vraie Gauche » en excommuniant à tour de bras. Excommunier n’est-il pas le « vrai travail » de tout bon pasteur, garant de la pureté des âmes ?

Excommunier qui ? Ces sociologues et politistes que l’on entend un partout depuis le soir du 22 avril, par exemple. Ceux dont Le Monde disait récemment : « les chercheurs spécialisés, qui établissent des diagnostics et éclairent sur une réalité sociale, ont peu à peu remplacé auprès des politiques les penseurs généralistes ».

De fait, pour les entendre, on les entend ces « chercheurs spécialisés ». On les lit, aussi. Notamment ceux qui se réclament du jeune collectif « Gauche Populaire » [voir son blog]. Et ça agace, ça irrite, ça gratte un peu aux entournures. D’aucuns ont donc décidé de s’en débarrasser. En contestant ? Non. En débattant ? Non. En apportant la contradiction ? Nooooon !

En anathémisant, en discréditant, en balançant de grandes louches d’opprobre. C’est plus efficace. Grâce aux réseaux sociaux, c’est plus rapide. Et surtout c’est garanti « zéro effort / zéro travail ».

Or pour disqualifier, quoi de plus aisé en ces temps compliqués que de « lepéniser » ?

Ainsi, par exemple, Laurent Bouvet est-il lepénisé pour avoir écrit : « la seconde question, que le score de Le Pen, comparé à celui de Mélenchon, met à jour, tient à l'importance de l'insécurité dite culturelle dans cette élection. Inséparable dans son appréhension, en particulier dans les catégories populaires, de la dimension économique et sociale, elle s'en distingue tout de même » (Le Monde, 25 avril). De même Alain Mergier est lepénisé pour avoir écrit, aux sujet des électeurs issus des milieux populaires : « la lutte contre l'immigration est une clef pour [eux]. A leurs yeux, Jean-Luc Mélenchon est dans le déni ». Philippe Guibert ? Lepénisé aussi, pour cette atroce saillie digne des heures les plus sombres de notre histoire : « c’est un phénomène dont on a du mal à parler, qui concerne la différence de modes de vie entre populations françaises issues de l’immigration, et populations plus anciennes. Quand on dit ça, on passe pour un xénophobe » (Slate, 1er Mai).

Voici donc revenus en force, pour quelques âmes sensibles à la panique aisée, les tenants de la « gauche identitaire ». Planquez-vous les gars, et mettez en batterie l’artillerie lourde, voire lourdinque. David Vincent les a vus : les rouge-bruns sont parmi nous !

Certains vont même plus loin. Car au-delà du lepénisme, il y a l’über-lepénisme, le « pire que l’extrême-droite », le « plus dangereux encore que le FN » Voyez cette salve, lancée à la cantonade et l’air de rien sur un réseau social, de manière à en faire bénéficier toute la Twittosphère :

N'étant pas des "petits calomniateurs", nous ne dévoilerons pas le visage
de l'auteur de ce Twitt.

( Oh wait ! )


Un « concept d’extrême-droite » : le mot et lâché. Dès lors, ledit concept ne pourra plus être discuté, explicité, développé : il est maudit. Malheur à celui qui osera le prononcer. Il se transformera immédiatement en statue de sel ou en grenouille, voire en canapé-lit, en chaise à bascule, en poêle à frire, en essieu de semi-remorque, en tasse à thé ou en poster géant de Lady Gaga.

Par chance, le champ des science sociales étant large, à défaut d’avoir la possibilité de réfléchir sur le thème « qu’est-ce que l’insécurité culturelle ? », nous reste la possibilité de nous interroger sur tout un tas de trucs garantis "100% fascisme free", notamment : « l’existence précède-t-elle l’essence ? », « l’existentialisme est-il un humanisme ? », « la raison progresse-t-elle dans l’Histoire ? », « Faut-il brûler Sade ? » ou encore : « Coyotte mérite-il enfin d'attraper Bip-Bip et de lui mettre une volée ? »

Vous voyez qu’entre gens civilisés, et si l’on exclue bien sûr de la conversation tout les « put*** d’enc*** de fascistes » qui rodent dans nos alentours, on peut encore parler de (presque) tout ?


[1] Sans aucun mépris de classe, entendons nous. Pas de ça, chez la « Vraie Gauche ».

Lire et relire
Recension du "Plaidoyer pour une gauche populaire" CLICK
La Gauche populaire, késaco ?   CLACK
Entretien avec Laurent Bouvet 1/2  CLOCK
Entretien avec Laurent Bouvet 2/2  CLOUCK
Ecoute de la (gauche) pop', François Hollande  CLECK
________________________

32 commentaires:

  1. Bof quand on sait que c'est bien Jean-Pierre Chevenèment qui avec sa loi sur l'immigration de 1998 a supprimé les conditions de ressources obligatoires pour le regroupement familial dont les effets (car il y a tout de même un délai pour l'obtenir) on les a vu à la fin de 2002 (206.000 entrée legales selon l'ined et se sont accrus sous chirac avant que la loi sarko n'inverse legèrement la pente. Ce ne sont que des paroles, pourquoi la gauche devrait se priver d'augmenter un electorat qui lui est fidèle et qui lui a fait (au travers de logement sociaux) gagner bcp de voix tout en expulsant en certain nombres des fachos dans les campagnes?
    http://www.ined.fr/fr/france/flux_immigration/depuis_1994/

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    1. Fiorino, votre idole était pour le vote des étrangers en 2005.
      Sylvain Bourmeau est à l'antifascisme ce que vous êtes à au sarkolepénisme islamophobhe: un chien de Pavlov.

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    2. Venant d'un type qui avait avancé la théorie complot pour la tuérie antisémite de toulouse c'est presque un compliment!!! Et qui a comparé l'excision à la maison de retraite et qui juge la souffrance "sociale" bien pire que la souffrance que peuvent subir certaines femmes ou homosexuels. Quand au sarkolépenisme vous devriez plutôt parler de hollandolepenisme, la candidate fidèle à la tradition de son père quand elle voit que la gauche est en mésure de l'emporter (comme en 1997) elle fait le compliment au candidat socialiste. Hollande candidat lepenocompatible?

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    3. @Jérôme :
      Avant, Fiorino me cassait les bonbons quatre fois par jour avec Bayrou.
      J'ai fini par lui dire (parce que je suis brave) que j'étais de gauche.
      Maintenant, il va me casser les bonbons quatre fois par jour avec Chevènement, ou je ne sais qui d'autre.
      C'est ainsi.

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    4. @ Coralie Delaume
      Je comprend que vous soyez pas enchanté que qulqu'un met au nu vos contradictions. C'est pas vu à avoir écrit un post dans lequel vous vous felicitiez du revirement anticomunautariste de Bayrou alors que c'était du pipeau vous le comportement qu'il a eu après? Si non cette fois ci vous y réussisait toute seule, si la gauche pop c'est jerôme leroy qui compare la maison de retraite à l'excision franchement on est bien parti. Sur chevenement je donne des infos simplement mais je n'ai jamais pense que vous etiez electrice de bayrou, je croyais que vous etiez pour NDA. Si non continuez a parler de mode de vie avec Leroy lui il s'y connait son candidat pense que la France sans les maghrébins serait de la daube.
      PS J'ai comme l'impression que vous êtes en fait un petit cercle qui ne supporte pas les contradictions. Vous êtes de gauche, bien bon courage avec christian prouteau le gus que vous avez critiqué sur l'affaire merah, parce que celui là on le verra bientôt revenir il était en charge de la cellulle antiterroriste de mitterand dont votre candidat se revendique. Rien à dire sur le refus de rencontrer npns de la part de hollande?

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    5. Fiorino :
      J'accèpte si bien la contradiction que je n'efface pas vos posts bien qu'ils soient souvent indigents.
      En revanche, ce que je n'accèpte pas, c'est qu'on me trolle dix fois par jour.Je n'avais pas moyen de l'empêcher sur Causeur, mais ici, je le peux.
      Je viens donc d'installer - pour la première fois depuis 15 moins - une modération à priori des commentaires.
      Félicitations !

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    6. Je hais la modération des commentaires, elle supprime le plaisir du blogage, le ping pong des interventions et des réponses s'arrête dans l'obscurité, il n'y a plus de conversation mais juxtaposition incohérente de posts solitaires.

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  2. Ne m'insultez pas, je suis un fasciste, mais pas un enc*** (j'ai essayé, cela fait trop mal).
    L'édifice antiraciste bouge enfin et je suis curieux de voir la nouvelle idéologie des ignobles girondins. Sinon, l'antiracisme est simplement un bouclier pour balancer les classes populaires par-dessus bord.
    Bref, une partie des classes moyennes commence à souffrir, le discours conformiste se tient de plus en plus mal. De quelle nouvelle façon vont-elles écraser le populo tout en redressant leur propre situation?
    Jard

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    1. en 1997 c'était pareil avec Chevenement qui joueait l'idiot utile de la gauche avec les sauvageons etc. Resultats des courses? François Hollande a refuser de rencontre npns pour peur de l'electorat masculin des banlieues et de l'electorat antiraciste qui deteste npns. D'ailleurs hollande a déjà dit que pour combattre le racisme il faut enseigner mieux la colonisation et l'esclavage à l'école.

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    2. Tous les enc*** ne sont pas des fascistes, mais tous les fascistes ...?

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  3. @ Coralie

    Bon courage avec Fiorino !

    Je ne savais pas que l'on pouvait modérer a priori certains commentateurs... Je vais regarder dans les options de blogger.

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    1. Hélas ça oblige à modérer tout le monde.
      Mais bon. Beaucoup de bloggueurs le font...

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    2. Moi le premier. On peut en laisser un passer, pour s'amuser un peu.

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    3. C'est ce qui me semblait, il faut tout modérer... Pour l'instant, je vais laisser ouvert.

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  4. Il ne faudrait tout de même pas oublier qu'il s'agit bien d'un "sentiment" d'insécurité culturelle. Voir les endroits où le vote FN a fortement progressé : on y voit de minarets qu'à la télé.
    Et sur le fond je conteste l'idée de choc des cultures, pour ne pas parler de civilisation.
    Hormis le curé remplacé par l'imam ce qui est la même chose sauf que le premier raconte des conneries sous contrôle d'une hiérarchie quand le second se débrouille tout seul pour le faire.
    La structure familiale de base est la même et elle explose d'ailleurs autant à Roubaix qu'à Marcq-en-Baroeul, la démographie est la même au bout de deux ou trois générations,l'individualisme est le même, la proximité politique est la même, affiliée à l'histoire politique locale et au milieu social, exception faite du vote Le Pen du côté français de souche et parfois vert chez les français d'origine maghrébine.
    Mais bon, si la culture c'est NTM ou le couscous plutôt que Pagny ou le boeuf bourguignon alors oui, il existe un fossé culturel.
    Sinon c'est en grande partie un fantasme, un fantasme qu'il ne faut pas mépriser ou nier comme Bourmeau.
    Ça n'a rien d'un concept d'extrême droite l'insécurité culturelle mais c'est basé sur des pré-supposés faux, difficiles à combattre mais faux.

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    1. @Pierrick:
      Quelques éléments de réponse sur l'insécurité culturelle, dans la présente polémique sur Slate.
      Si cela vous interesse...
      http://www.slate.fr/tribune/54435/proposition-combattre-serieusement-efficacement-lepenisme

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  5. Mais c'est quoi l'insécurité culturelle ?

    L'insécurité, je vois ce que c'est. Le sentiment d'insécurité aussi, de même que l'insécurité sociale ou financière. Mais l'insécurité culturelle ?

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  6. Sans me vanter, je n'ai pas compris grand-chose. J'ai peur de ne plus savoir qui est à droite et qui est à gauche, puisqu'il n'y a plus de vraie gauche, que le centre c'est la droite et que personne ne veut être d'extrême-droite. C'est plus du jeu. Alors, s'il y a maintenant des lepenistes de gauche, tout se complique.
    L'insécurité culturelle, c'est quoi ça encore ? On entre dans sa grande librairie et paf, elle a été transformée pendant la nuit en studio de prise de vue de "plus belle la vie" ? Un jour on abolit le subjonctif, le lendemain on le remet ? On construit des foyers de rétention pour les intermittents du spectacle en Basse-Lepenie ?

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    1. @RadTransf et Suzanne

      Quelques éléments de réponse sur l'insécurité culturelle, dans la présente polémique sur Slate.
      Si cela vous interesse...

      http://www.slate.fr/tribune/54435/proposition-combattre-serieusement-efficacement-lepenisme

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  7. Heu, je crois que je vois assez bien ce qu'est l'insécurité culturelle pour l'avoir expérimentée sept ans à Fontenay-sous-Bois et Bagneux, riantes communes "populaires" du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine. Définition générale : quand un autochtone constate que son mode de vie et l'infrastructure mentale qui le porte ne sont plus partagés que par une minorité sans cesse décroissante de ses voisins, il est en situation d'"insécurité culturelle".

    On voit que la définition peut s'appliquer à différents contextes : Amérindiens harcelés par les garimpeiros, Tibétains voyant les Hans s'installer à Lhassa par dizaines de milliers, Bretons de Pierre-Jakez Hélias, ou Dupont de Clichy-sous-Bois. Si toutefois on veut s'en tenir au contexte local, voici quelques illustrations vécues de ce que peut être l'"insécurité culturelle" au quotidien :

    -la cabine téléphonique en bas de chez vous est occupée tous les jours à partir de minuit par une personne qui cherche à faire durer le plus longtemps possible sa carte prépayée et qui parle interminablement avec sa famille restée au pays (en arabe, une langue qui se prête merveilleusement bien à la dispute nocturne) ;

    -les trois lieux de culte les plus proche de chez vous, drainant un nombre considérable de fidèles en tenues folkloriques, sont une chapelle d'adventistes du septième jour (bon, eux ça va, ils ont des costards), une mosquée (quelqu'un pourrait m'expliquer ce que c'est que cette mode des djellabas trop courtes découvrant de grande chaussettes de sport blanches dans lesquelles on rentre le pantalon ?), et une pagode.

    -dans le bulletin municipal, la maire qualifie de "traditionnels" les commerces alimentaires non-halals, ce qui permet de comprendre assez facilement où elle voit la modernité.

    -le mur qui fait face à la sortie de votre immeuble est constamment couvert d'affiches faisant la promotion de mixtapes de gangstas à deux balles, de concours de beauté réservés aux Comoriennes ou aux Sénégalaises, de soirées musicales 100 % bladies ;

    -votre fils entre en petite section de maternelle et il est totalement déphasé car la plupart de ses camarades ne parlent pas français à la maison, n'ont jamais eu un livre entre les mains, n'ont jamais entendu Frère Jacques, l'histoire du Chat botté ou de Boucle d'or ;

    -les Trois petits cochons sont blacklistés dans la bibliothèque de cette même école ;

    -les candidats à la mairie des élections municipales de 2008 font des pieds et des mains pour que l'imam participe à leur réunion de campagne, et se mettent en quatre pour être représentés et visibles lors de la fête de l'Aïd ;

    -vous ne trouvez plus de pain aux céréales dans la boulangerie du coin parce que c'est plus lucratif de vendre de la pita et des cornes de gazelle,

    etc, etc. A la longue, ce sentiment de ne plus être qu'un quidam à Babel est extrêmement pesant. J'ai trouvé une solution très simple qui a consisté à déménager dans une commune toute proche mais plutôt spécialisée dans les classes moyennes autochtones ou acculturées. Quel changement ! Quelle satisfaction que de vivre au milieu de ses semblables ! Mes fils ont des copains francophones, mes voisins sont habillés comme moi, la boulangère vend du cidre fabriqué par un copain normand.

    Merci, Coralie, de pointer le caractère détestable de curés comme Sylvain Bourmeau. Le hasard fait que j'ai récemment réécouté ses "interventions" au moment des "affaires" Renaud Camus et Finkielkraut. Ah, la joie de dénoncer et de se sentir si vertueux... si étranger aux idées mauvaises...

    Une question pour finir : quand vous dites de Fiorino qu'il vous casse les bonbons, à quoi faites-vous allusion au juste ? Vous êtes une fille, non ?

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    1. Oui, oui, je suis une fille. Mais pas forcément toujours très bien élevée.
      Les "bonbons" ça va : ce n'est pas si grossier...

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    2. Je vois pas trop où est l'insécurité là. Que vous appréciez ou pas d'avoir des voisins qui mangent du couscous au lieu de la choucroute, c'est autre chose, mais ça n'a pas grand chose à voir avec la sécurité.

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    3. Si vous ne voyez pas d'insécurité dans le fait que la scolarité de vos enfants soit compromise dès sa première année, que des gens qui se font une idée différente de la limite public/privé vocifère sous vos fenêtres en pleine nuit, ou qu'il soit impossible d'établir des rapports réels avec la plupart de vos voisins en raison de l'écart culturel... je ne peux pas expliquer les choses plus clairement. J'aime bien le couscous mais quand on m'en sert à tous les repas, je m'en lasse.

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    4. @RadTransf : "insécurité culturelle", l'important c'est le terme complet.

      Ce matin, 4h15, je me réveille en sursaut au bruit d'un beuglement dans la rue (je dors la fenêtre ouverte). Et qu'entend-je, qu'ouïe-je ? Un appel à la prière ... mais du genre bizzare. Alors, pour situer, je n'habite pas au Maghreb, mais bien en France, à Montreuil dans le "Neuf 3" (c'est presque l'Afrique, mais plus au sud ...). Et le Muezzin en question n'était pas sur un minaret non non, il était fin saoûl et titubait dans la rue.

      Ca c'est de l'insécurité culturelle (en plus d'un appel à tirer au gros sel dans le cul des dégénérés de toutes origines qui beuglent comme des veaux à 4h15 du matin en pleine semaine qui plus est).

      Je suis d'accord avec Ali Devine : sans être raciste (et j'aime bien le couscous aussi de temps en temps), ça fait "mal à la France" de voir la culture de son pays disparaître parce que les pitas se vendent mieux que le pain de seigle (anecdote : à Noël, j'ai été à la boulangerie au coin de chez moi pour acheter du pain de seigle justement, pour les huîtres. La dite boulangerie avait été rachetée il y a peu par un musulman (pas un arabe, un français ^^); hé bien figurez-vous qu'il n'en avait pas ... il ne savait même pas ce que c'était. J'ai failli faire une syncope).

      Jonathan

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    5. En quoi un enfant est il en insécurité culturelle parce qu'il cotoye des enfants qui ne connaissent pas "frère jacques". Le danger ne viendrait il pas plutot de la classe surchargée ? du quartier ghetto ? d'un père effrayé par la diversité ?
      Pour ma part de "l'écart culturel" je me plains moi aussi dans mon Jura profond.

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    6. @Giljura : ce n'est pas à proprement parler "Frère Jacques" qui est en cause. Je pense que c'est davantage le fait que nous somme de plus en plus des individus atomisés, n'ayant plus rien à voir les uns avec les autres, plus rien de commun, parce que l'école ne parvient plus à transmettre une culture commune, celle qui faisait qu'on pouvait tous se comprendre, et tous se retrouver sur des valeurs, d'où que l'on vienne.

      @Jonathan :
      Il ne faut pas exagérer. En bas de chez moi, il y a trois boulangeries. Deux sont tenues par des Arabes (dont j'ignore s'ils sont musulmans où pas) et ils vendent du pain. Et aussi des patisseries arabes. Mais surtout du pain. Quand vous dites que votre boulanger ignore ce qu'est le pain, je me demande qui vous prenez pour des idiots : lui ou nous ??

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    7. Il ignorait ce qu'était du pain de seigle Coralie, du pain de seigle pas du pain tout court ...

      Jonathan

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    8. @Coralie.
      L'école ne peut pas tout. Le monsieur qui n'accepte pas que son enfant chante "Fais moi du couscous chérie" plutot que "une souris verte" lui expliquera qu'il y a danger culturel à jouer avec Momo.

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  8. Selon Todd, les Français ont besoin de faire de l'égalité. Ce serait pour cela que chez nous, contrairement aux USA, par exemple, l'explosion des inégalités sociales s'accompagne d'une xénophilie obsessionnelle.
    Avec la progression de la pauvreté, une partie au moins, des classes moyennes de gauche va déplacer le curseur de l'égalité. Aurons-nous l'égalité totale, c'est peut-être déjà là avec le discours de Mélenchon, "Hi fo une hotte Europe", l'égalité à l'intérieur des frontières françaises ou les classes aisées de gauche partiront-elles dans un délire d'égalité pour ceux qui leur ressemblent, donc une bourgeoisie affirmant sa supériorité sur 80% de la population?
    Jard

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  9. Bonjour,
    Assez d'accord avec vous dans l'ensemble mais pour votre culture, sachez que dans la deuxième moitié du XXème siècle (post-holocauste donc), la question du fascisme s'invitait régulièrement dans les discussions autour de la réhabilitation de Sade. Je cite Raymond Queneau :

    "Que Sade n’ait pas été personnellement un terroriste, que son œuvre ait une valeur humaine profonde, n’empêcheront pas tous ceux qui ont donné une adhésion plus ou moins grande aux thèses du marquis de devoir envisager, sans hypocrisie, la réalité des camps d’extermination avec leurs horreurs non plus enfermées dans la tête d’un homme, mais pratiquées par des milliers de fanatiques. Les charniers complètent les philosophies, si désagréable que cela puisse être"

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  10. Ali Devine : espèce de raciste ! Tevanian vous a répondu par avance dans La souffrance du lepeniste (smiley, hein.)

    Non, je ne mettrais pas tout ce que vous énoncez dans le sac "insécurité culturelle", en épinglant l'islam et les musulmans, mais soit dans l'insécurité tout court, soit dans quelque chose qui ressemblerait à de la xénophobie, sans mettre dans ce mot tous les accents d'horreur et les gimmicks qui l'accompagnent. Je ressens la même chose, je n'arrive pas à m'habituer aux femmes voilées, aux barbus en djellaba; j'ai beau en voir, je considère qu'ils sont toujours étrangers, qu'ils ne font pas partie du paysage, même si je sais que je me trompe parce que la réalité prévaut, et qu'il y a beaucoup d'endroits, de zones, où ce sont les gens comme moi qui ne font plus partie (ou si peu) du paysage. Je suis donc islamophobe (et sans doute raciste dans l'acceptation moderne du terme, tant qu'on y est) Je n'en ressens pas pour autant de l'insécurité culturelle, parce que je crois que , comme dans le livre de Jourde "Pays perdu", une grande partie de mon monde a foutu le camp sans que l'immigration en soit responsable.
    Je suis d'accord avec vous pour l'enfant qui entre dans une classe non ou peu francophone et qui se fera marginaliser d'office. Vous racontez cela très bien dans la rubrique maternelles de votre ancien blog. La télévision avec ses programmes pour enfants abrutit dès le plus jeune âge avec des inepties, et continue plus tard. On arrive à combien de générations d'écoliers flanqués devant un écran avant même de savoir marcher? L'école ne peut que s'adapter aux enfants, elle ne peut pas lutter. C'est peut-être exagéré de parler de crime culturel, mais on en est pas loin, mais les étrangers n'ont rien à voir là dedans.

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