lundi 7 janvier 2013

L’homme qui rêve : poème en raie mineure

Article invité, par Nicolas de Medrano

Nicolas de Medrano, alias « suprême NDM », est responsable du rayon « chats » d’une animalerie. Parfois, il fait aussi les souris par intérim. Il inaugure ici une rubrique « poésie », qui manquait dans l’arène nue.





L’homme qui rêve : poème en raie mineure

Je fais souvent ce rêve sauvage, lorsque loin de moi tu t’absentes
Ce rêve glacé qui me ravage quand tu t’éloignes, ma belle amante
Un flot sans trêve de viles images certaines fugaces, d’autres rémanentes
Me rappellent qu’hélas à mon âge, on dégringole une triste pente

Dans mon sommeil couleur de fièvre un jeune homme vif et décidé
Au maintien noble et à l’œil fier, au sourire clair, au cœur léger
A la poitrine dure comme la pierre et au flanc tiède comme un été
S’approche de toi par derrière et t’enfile sans hésiter

Tu pousses un bref cri de douleur, tu te débats sans trop y croire
Puis tu laisse couler quelques pleurs mais tu les sais fort dérisoires
Le jeune page te serre sur son cœur, il malaxe tes promontoires
Et lorsqu’il a vaincu ta peur, tu t’abandonnes à son boutoir

Tu cries maintenant de gratitude, il te secoue sans ménagement
Des heurts d’une vaste amplitude te pilonnent le fondement
Un séisme de haute magnitude soldera cet évènement
Et tes tranquilles certitudes feront place à l’effarement

En attendant ce dénouement qui risque de ne plus tarder
L’éphèbe remue en ahanant le visage tout congestionné
Ses yeux pastel de doux enfant sont rouges et exorbités
Et sa chignole incandescente semble sur le point d’éclater

Il assaille alors ta rotonde et tu l’encourages en couinant
Tu émets des piaillements immondes telle une femelle orang-outang
Il te flatte avec la faconde dont sont capables les garnements
Tu le prends pour un homme du monde bien qu’il ne soit qu’adolescent

Là je m’éveille moite et tremblant : ce n’était donc qu’un cauchemar
A mesure que passent les ans, mes rêves se font âpres et noirs
Je m’ébroue. J’oublie doucement le jouvenceau et son braquemart
Ah ! C’eût été bien plus bandant si j’eusse rêvé d’Audrey Pulvar !

Lire d'autres poèmes sur l'arène nue : CLICK


9 commentaires:

  1. beau poème érotique,quoiqu'assez inattendu sur ce blog- que je croyais blog politique.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui c'est vrai. Disons que ça change un peu. Ce sont les pages "culture" de l'arène nue :-)

      Supprimer
  2. Philippe Dehaene7 janvier 2013 à 08:53

    Ben ma vache... (toute familiarité exclue, cela va sans dire)

    RépondreSupprimer
  3. et bé ! vous ne nous aviez point habitué à tant ... d'ouverture ! Je vous pensais plus prude. Et donc point féministe ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Est-ce nécéssairement contradictoire ?
      Les féminismes n'aiment-elles pas...la poésie ? ;-)

      Supprimer
  4. Pourquoi "-18" : c'est surtout les jeunes que ça intéresse, du moins sous cette forme assez... primaire.

    RépondreSupprimer
  5. Au rayon animalerie, il a toutes les compétences pour installer le rayon lapins, qui serait une muse encore plus inspiratrice.

    Il y a un lien avec la politique, car les deux activités sont étroitement liées à la reproduction de sa classe et de l'espèce. D'ailleurs, le ministère du redressement productif montre ce souci du panache blanc dans le sauvetage des valeurs du fondement d'une économie du désir. A quand un ministère du dressement reproductif confié à Belkacem ?

    RépondreSupprimer
  6. C'est beau comme du Georges Fourest...

    RépondreSupprimer