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mardi 20 mars 2012

Violence du racisme, indécence de " l'antiracisme "




Hier soir, une marche a réuni des milliers de personnes dans les rues de Paris. Des milliers d’anonymes émus, choqués, inquiets, après le meurtre spectaculaire de trois militaires, de trois enfants et d’un professeur, bref, de sept Français, abattus en plein jour dans les rues de Toulouse et de Montauban, sans doute parce qu’ils étaient un peu trop juifs, un peu trop musulmans, un peu trop arabes.

Cette marche était silencieuse, car c’est le moins que l’on puisse faire quand il n’y a pas de mot. Pas de mot pour exprimer la condamnation, bien sûr. Mais pas de mot non plus pour exprimer l’effarement face à cette énigme : qui est cet homme casqué qui tue de sang froid d’autres humains en pleine rue ? Qui est ce semblable si dissemblable ?

Le silence, donc, parce que parfois, il s’impose. Question de tact. Question de dignité. D’ailleurs, les candidats à l’élection présidentielle ont interrompu leur campagne l’espace de 48 heures, et annulé leurs diverses activités.

Il en est d’autres, en revanche, qui n’ont rien annulé du tout. Quelques petites célébrités, quelques affamés de micros, quelques avides de caméras. Eux n’ont pas jugé bon de garder le silence, non. Cependant que d’autres marchaient vers la Bastille sans un mot, le jury des « Y’a bon awards 2012 » a préféré mener jusqu’au bout sa sinistre entreprise de lynchage symbolique au milieu du tapage boboïde du Cabaret Sauvage.

Les « Y’a bon awards », c’est un petit symposium dégoûtant organisé depuis quatre ans sous la houlette des Indivisibles, l’officine qui s'autoproclame « antiraciste », qui a pour égérie Rokhaya Diallo et qui prétend lutter contre « les préjugés ethno-raciaux et en premier lieu, celui qui nie ou dévalorise l’identité française des Français non-Blancs ».

Au cours de la cérémonie des «Y’a bon awards », cette bande de joyeux drilles décerne des trophées de xénophobie à des personnalités qu’elle juge racistes, en vertu du pouvoir qu’elle s’autoconfère. Pour ce faire, un « jury » sorti de nulle part établit une liste de « racistes », et leur impute des fautes plus ou moins graves : pour les Indivisibles comme pour tous les lyncheurs, « Y’a bon les listes ».

Lundi 19 mars 2012, donc, alors que toute la France s’offrait une pause, les militants de la « France non-Blanche » désignaient leur poignée de victimes expiatoires, à l’issue « d’une soirée où l’humour avait toute sa place » et « sous les rires du public », parce que décidément, c’était vraiment le soir idéal pour se marrer entre potes.

Parmi les « racistes » d’hier soir figuraient donc l’écrivain Richard Millet, la sénatrice PRG Françoise Laborde, le patron de l’Express Christophe Barbier, ou encore…Caroline Fourest. Cette dernière était jugée coupable d’avoir dénoncé « les associations qui demandent des gymnases pour organiser des tournois de basket réservés aux femmes voilées ». C’est vrai, on avait oublié : la pratique du sport dans des lieux non-mixtes est le nec plus ultra de l’antiracisme, et la stricte séparation des hommes et des femmes représente une grande avancée des valeurs universelles. Merci aux Indivisibles pour ce rappel nécessaire.

A la fin du prospectus présentant leur petite sauterie, les amuseurs publics de la diversité stipulent, feignant la surprise : « pourtant invités, aucun des lauréats n’a répondu aux Indivisibles, ni n’est venu chercher son trophée ».

Permettons-nous ici une hypothèse : hier soir à 20h00, peut-être ces « lauréats » étaient-ils quelque part entre la place de la République et celle de la Bastille, en train de participer…à une marche silencieuse ?

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