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dimanche 25 décembre 2011

Twitter : de qui @nadine__morano est-elle le nom ?




De nos jours, le « kit survie-identité-célébrité » se compose d’un blog - même vide - d’un compte Twitter, et d’un profil Facebook. Sans cette Sainte Trinité, c’est la disparition des écrans radars, la cyber-invisibilité, le suicide social.

Pour ces raisons, de nombreuses personnalités sacrifient au rituel et se dotent du pack complet. Cela vaut notamment pour les Ministres, assez nombreux sur Twitter. On peut notamment y croiser @françoisbaroin, @nk_m (Nathalie Kosciusko-Morizet),  @Bruno_LeMaire ou…@nadine__morano.

Oui, mais voilà : à l’occasion de la célébration de Noël, Nadine Morano s’est fait diablement remarquer online. Outre sa grande activité sur le réseau social, elle a notamment commis ce Twitt délicieux dans la soirée du 24 décembre, confondant manifestement « nativité » et « natalité » :



Immédiatement, les twittos (ceux qui twittent) s'emparèrent de l’affaire pour lancer un jeu consistant à « remplacer un mot dans un titre de film par Morano ». Ce jeu avait été rendu célèbre il y a quelques temps déjà, lors de l’entrée en campagne de Jean-Pierre Chevènement. Le hastag (mot-clé) #remplaceunmotdansuntitredefilmparchevenement, avait alors fait un tabac. L’engouement fut moindre avec Nadine Morano, mais nous eûmes tout de même quelques belles trouvailles, telles « La Mor(ano) aux trousses », ou « Mora(no) Venise ».

Au matin du 25 décembre, cependant, quelques geeks (cyber-addicts) commencèrent à s’interroger sur l’identité de la twitteuse, en assistant à une froide colère de @nadine__morano à l’endroit de... sa marionnette des Guignols.

Les admonestations, en effet, tombèrent drues sur la page de la Ministre de l’Apprentissage, celle-ci proposant même aux Guignols un déjeuner en tête à tête, visant à leur montrer de quel bois elle se chauffe. « Un dej face à face avec l'équipe des ombres cachée derrière leurs marionnettes » sollicite-t-elle en effet, avant de poursuivre : « ils verront que ce n'est pas parce qu'on a grandi dans une cité et qu'on vient d'une famille d'ouvriers qu'on en est moins classe » et de : « je rêve comme tous ceux que je croise de voir leur tête de bobos parisiens prétentieux et dégoulinants de vérité sur les autres ». Tout ça, madame le Ministre ? Un jour de Noël ? A l’endroit de clowns qui ne sont même plus drôles et que vous prétendez par ailleurs ne jamais regarder ?

Loin de se lasser, Nadine Morano poursuivit ainsi une bonne partie de la journée, hélant les uns, répondant aux autres, distribuant sans compter les « joyeux Noël ».

Toutefois, l’authenticité de son compte fait désormais douter plus d'un internaute. En effet, comment ne pas s’interroger lorsqu’on lit ceci sous la plume d’un Ministre de la République : « de Villepin apparu à Noël, non ce n'est pas Dieu :-) allez sois sérieux reviens à l'UMP dont tu partages l'essentiel des idées ! », mais également : « à tous les anonymes méchants bêtes et vulgaires faites la trêve de Noël montrez vous sous votre meilleur jour soyez sympas bon Noël ».

Ainsi, outre le « buzz » (le tapage) autour des films sur « la natalité », un autre « buzz » (raffut) se fait jour aujourd’hui sur la toile : si ce n’est pas véritablement Nadine Morano qui se cache derrière ce compte Twitter, « de qui @nadine__morano est-elle le nom » ? Et si c'est elle, est-ce beaucoup mieux ?

Lire et relire :
Chroniques de l'arène ordinaire, le "Pendant"  CLICK
Zoé, l'agent conversationnel de vos soirées solitaires  CLACK
UMP : florilège des vidéos les plus mal-à-droite(s)  CLOCK

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samedi 24 décembre 2011

Chroniques de l'arène ordinaire : le "Pendant"




Note liminaire : ce texte s'intitule « le Pendant » parce qu’il intervient PENDANT Noël. Il fait suite à deux chroniques de l’Avent. Dans ces conditions, attendez-vous à ce qu’il y est une suite, tant il est vrai que le pendant de l’Avent c’est l’Après.


Noël. Il faut être bigrement oisive ou sociopathe pour éprouver le besoin - et pour avoir le temps - d’alimenter son blog en ce jour de Noël. Ou souffrir d’une addiction à l’usage concomitant des touches SHIFT et ^ qui, si on les presse au même instant, ont le bon goût de générer un tréma ( ¨ ), petit signe rigoureusement inutile et quasiment inusité en temps normal, mais tout de même bien utile lorsqu’il s’agit d’écrire « Noël ». Sauf à avoir définitivement renoncé à l’usage des accents, comme nombre de nos contemporains se sont résolus à le faire, tant sont ridicules ces "é", "è", "ê", et autre simagrées superfétatoires dont est truffée la langue de Molière, de Marc Lévy, et de Nina Bouraoui.

Remarquez, le tréma est également très pratique pour écrire « naïve ». Or il faut que je le sois quelque peu - en plus d’oisive et sociopathe – pour m’imaginer qu’en ce jour de fête religieuse, traditionnelle et familiale, on me viendra lire sur « l’arène nue », moi qui ai, notamment pour la famille, autant de sympathie que le concepteur de Golgota picnic semble en concevoir pour la religion.

Toutefois, pour ceux qui sont arrivés jusqu’ici, admettez qu’il faut être un brin oisif ou sociopathe pour venir baguenauder dans la blogosphère un 25 décembre. De même, il aura fallu que vous fussiez drôlement naïf pour avoir cru sérieusement qu’il y aurait quelque chose au bout du lien qui vous a conduit à ces lignes. Franchement, j’ai une tête à écrire pour ne rien dire ?

Mais…dès lors que vous et moi sommes là, peut-être est-il temps de revisiter le sens véritable de la fête de Noël.

Jusque là, je me suis plu à me figurer ce jour que comme celui de la naissance du fils de Dieu - celui qui est mort, et dont on ne sait plus depuis s’il vaut mieux faire avec ou sans. La venue au monde de Jésus, donc, lequel je ne me représente plus désormais que sous les traits d’Enrique Irazoqui, l’Adonis immaculé qui virilisa le Christ à jamais, sous la direction érotisante d’un Pasolini apparemment décidé à en finir avec toute idée de « doux Jésus » dans son Evangile selon saint Matthieu.

Noël, était donc bien, dans mon esprit comme dans le votre, la fête de la nativité.

Mais après tout, il semble que de nos jours, tous les relookings soient autorisés. Ainsi l’inénarrable Nadine Morano a-t-elle décidé d’en faire la fête de la natalité, si l’on en croit l’un de ses brillants Tweets du 24 décembre, dans lequel elle semblait déplorer que les programmes télévisés du Réveillon aient bien changé depuis le temps béni de feu l’ORTF :



Ainsi, comme je suis là, et que vous aussi, permettez s’il vous plait que nous reconsidérions la chose. Imaginons que le jour présent ne soit ni la fête de la nativité, ni même celle de la natalité, non plus que celles de l’inanité, de l’inimitié ou de l’immaturité, mais bel et bien la fête de la naïveté ?


Enrique Irazoqui, l’Adonis immaculé
qui virilisa le Christ à jamais.


Lire et relire :
Chroniques de l'arène ordinaire : l'Avent (1/2)  CLICK
Chroniques de l'arène ordinaire : l'Avent (2/2)  CLACK




vendredi 23 décembre 2011

Chroniques de l'arène ordinaire : l'Avent (2)




Noël moins deux jours. Il a bien fallu, que je sacrifie à la tradition, et me livre à cette activité vulgaire qui consiste, à aller quérir quelques cadeaux made in Singapour à un prix se défiant de toute décence.

Pour cela, je me suis rendue dans les Grands Magasins, dont l’entrée est incessamment entravée par des centaines de Chinois d’esbaudissant tout le jour et de très excessive manière, devant des vitrines décorées aux couleurs de la magie de Noël, et qui témoignent, année après année, que notre réserve nationale de bon goût so Frenchy, suit à peut près la même courbe décroissante que les réserves mondiales de pétrole so Saoudy.

C’est qu’il me faut acheter quelques chose pour #monJules. Et pourtant, Dieu – qui est mort mais dont le fils est à naître après-demain – sait qu’il n’a besoin de rien, #monJules, tant il est vrai que quand il désire quelque chose, il a tendance à se l’acheter tout seul, dans ces accès d’autonomie vaguement libertaires, caractéristiques des gens qui gagnent honnêtement leur vie, et qui considèrent à ce titre qu’ils peuvent dilapider leur argent comme et quand bon leur semble.

Par chance, je connais suffisamment bien #monJules pour savoir que, chez lui, comme chez beaucoup de pré-quarantenaires partis en quête des ultimes vestiges d’une jeunesse  disparue, la vaine coquetterie dépasse de très loin les frontières du besoin, et que le désir de paraître permet de se défaire à bon compte de la nostalgie « d’avoir été », lorsqu’il est désormais trop tard pour « être ».

Je me mets donc en condition pour une demi-douzaine de bousculades et de probables échanges d’injures avec quelques autruis aussi navrés que moi d’être là, lorsque nous pourrions tous être devant nos télécrans respectifs, à écouter, en jubilant intérieurement d’être nous-mêmes indemnes, la sinistre narration des accidents de voiture qui surviennent sur les départementales verglacées de nos froides régions du Nord.

Je m’avise soudain de la présence d’une boutique manifestement dédiée aux vêtements pour jeunes aristocrates fin-de-race désireux d’assumer avec morgue le caractère désuet de leur nom à particule. Là, je pense à #monJules. C’est ici que je vais acheter l’objet supposé entretenir la flamme de notre amour, et que quelque jeune sotte surmaquillée préposée à cette activité ancillaire m’empaquettera joliment.

L’objet – supposé entretenir etc. – est un vêtement paradoxal, de la gamme « cool-mais-coincé » qui fera ressembler #monJules à un jeune versaillais en goguette rappelant vaguement le Leornardo DiCaprio adulescent et angélique dont la beauté lactescente m’insupportait l’oeil tant elle était excessive, avant qu’elle ne disparaisse dans les abysses du passé, tout comme le Titanic fut englouti dans l’eau glacée.

Lorsqu’il aura passé l’objet, #monJules ressemblera à un petit marquis provincial de droite, un peu pédé mais néanmoins catholique, aussi sûr que j’ai parfois l’air d’une goudou parisienne vaguement de gauche et un peu rock n’roll. Ainsi, nous serons, comme nous l’avons toujours été, exagérément dépareillés et outrancièrement mal assortis, faisant mentir une fois de plus le bon sens populaire, en vertu duquel il paraît que « qui se ressemble s’assemble ».

Entre temps, #monJules m’aura lui aussi acheté un présent, et c’est dans même un même élan que nous aurons fait marcher le commerce.

« Aimer, se n’est pas se regarder l’un autre, c’est regarder ensemble dans la même direction ». Et parfois, acheter dans une même compulsion.


Leornardo DiCaprio, adulescent et angélique,
dont la beauté lactescente m’insupportait l’oeil
tant elle était excessive





Lire ou relire :
Chroniques de l'arène ordinaire : l'Avent (1/2) CLICK




jeudi 22 décembre 2011

Chroniques de l’arène ordinaire : l’Avent


Noël moins trois jours. Je me demande bien de quoi causer dans « l’arène nue » en ce temps de trêve des confiseurs, où personne n’est disposé à lire des articles sérieux, et où ceux que sur Twitter on appelle #lesgens, ne pensent qu’à camoufler leur peine sous une couche épaisse de joie feinte.

La peine qu’ils éprouvent à Noël,  parce que leur famille est en lambeaux, et qu’ils ignorent qu’elles le sont toutes. La famille, c’est le lieu de l’amour comminatoire, donc de la haine expiatoire. Qui a aimé sur ordre doit un jour se racheter, sous peine de ne plus oser affronter un miroir.

La peine qu’ils éprouvent au Nouvel an, ensuite, parce qu’ils n’ont pas un seul véritable ami avec qui trinquer à la santé du temps qui passe, et sans lequel nous n’aurions pas le bénéfice d’avoir la vue qui baisse, le rides qui se creusent, le dos qui se voûte, et la perspective d’être délivré un jour et pour l’éternité des affres de la musique d’ascenseur et des chroniques hebdomadaires de Louis-Georges Tin dans le supplément « livres » du grand quotidien du soir.

La peine au carré, donc, sur fond de dépenses somptuaires, de queue aux caisses des Galeries Lafayette, de promiscuité malodorante dans les transports en commun, et, souvent, par temps froid.

Bref, ce n’est pas le moment de casser les bonbons à #lesgens avec des récriminations continuelles sur l’abomination que constituent tout à la fois l’Europe de Maastricht, les tripes à la mode de Caen, et l’œuvre littéraire de Nina Bouraoui.

Je devrais plutôt faire un truc ludique. Une critique de film, par exemple. Ca plait à tous les coups, les critiques de films. Même quand le blog-trotter n’a pas beaucoup de temps de cerveau disponible ni devant, ni derrière, ni par devers lui.

Je pourrais par exemple chanter les louanges de « Mission impossible - protocole fantôme » avec Tom Cruise. Il commence à avoir quelques heures de vol au compteur, l’ancien Top Gun, mais malgré tout, Tom Cruise, ça marche toujours : tout juste assez macho pour être hyper sexy sans être franchement odieux.

Et puis, les critiques de nanars, c’est facile à écrire. Enrobé d’un peu de littérature classique et de quelques souvenirs philosophiques vaguement faisandés qu’on ira racler dans les profondeurs glauques d’une mémoire déclinante : l’imposture se soupçonnera à peine. Surtout si le lecteur pressé doit s’esbigner rapidement pour aller fourrer la dinde, tronçonner le foie gras et moucher le nez de la petite dernière qu’en finit plus de renifler, même que probablement, on n’en f’ra rien, de cette gamine.

Ma copine A., qui a toujours été plus intelligente que moi, mais que j’ai cessé de jalouser depuis que j’ai compris que ça ne fait pas le bonheur, m’a conseillé d’éviter de parler de moi-même avant d’être suffisamment célèbre pour que ce « je », qui s’adresse à #lesgens, leur dise vaguement quelque chose.

Du coup, il faut absolument que je résiste à la tentation de cette chronique odieusement narcissique d’entre-deux-fêtes écrite à la première personne. Mieux vaut parler d’un truc impersonnel et badin. Je pourrais proposer une réflexion sur la véritable nature – communiste ou pas – du régime nord-coréen, au sujet duquel tout le monde s’indigne parce que c’est convenable, mais dont, au fond, tout le monde se fout, parce que c’est lointain.  

Je pourrais aussi lancer un débat à la noix. Tenez, il parait que nous vivons dans une société totalement sécularisée. Malgré tout, Noël demeure le jour de la naissance du fils de Dieu, et cela, tout le monde le sait.

Croyez-vous qu’il y ait beaucoup de #lesgens qui parviennent à s’affranchir de cette idée théologique et à copuler le 25 décembre ? Honnêtement, vous pourriez, vous ?

Tom Cruise : tous juste assez macho pour être
hyper sexy sans être franchement odieux












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