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dimanche 29 mai 2016

L'Union européenne confirme : la loi El Khomri, c'est elle.






La loi El Khomri est un produit d'importation made in Union européenne (voir explications détaillées ici ). Les « Grandes orientations de politique économique » (GOPE), dont l'existence est posée par les traités, et le « Programme national de réformes » (PNR), qui s'inscrit lui-même dans le cadre de la stratégie Europe 2020 « pour une croissance économique intelligente, durable et inclusive » (tsoin-tsoin), prescrivent à de nombreux pays et depuis longtemps le malthusianisme budgétaire et la modération salariale.

Dans même temps, la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union (CJUE), n'a de cesse de promouvoir l'ordre concurrentiel et la dérégulation. Surtout, au travers d'arrêts à l'impact décisif mais mal connus du grand public, tels, par exemple, les arrêts Laval et Viking de 2007, elle œuvre à saper le droit du travail dans les pays membres, et à affaiblir la capacité de négociation des salariés dans les conflits sociaux.

Enfin, l'appartenance à l'euro interdit toute dépréciation de la monnaie. Dès lors, elle conduit les pays de l'eurozone non à renforcer leur coopération, non à développer entre eux la solidarité, mais à se mener les uns aux autres une véritable « guerre de la désinflation salariale », selon une expression de Steve Ohana. Pour livrer cette guerre, ajoute l'économiste, « la France ne semble plus avoir d’autre choix que de s’engager plus franchement dans des politiques de dévaluation interne, non plus seulement via la baisse de la fiscalité sur le travail, mais via la compression des salaires eux-mêmes ( …) c’est l’option qui sous-tend la loi El Khomri ».

Face au caractère scandaleux de l'affaire, face à la blessure d'orgueil que ne peut manquer d'occasionner, chez n'importe quel peuple encore un peu conscient de lui-même, l'idée d'être « gouvernancé » depuis Bruxelles, Francfort ou Luxembourg au lieu d'être normalement gouverné par les dirigeants qu'il a élus, on pourrait s'attendre à ce que les « Européens de métier » fassent profil bas. Par décence. Par souci de ne pas attiser la colère. Parce que le fait de bénéficier de pouvoirs exorbitants dont ils ne doivent la titulature qu'à une série d'erreurs d'aiguillage de l'Histoire, devrait suffire à les contenter.

Mais non. Jouir en silence du confort sans risque qu’offre le séjour dans cet Olympe grisâtre depuis lequel ils nous surplombent n'est pas assez bien pour ces encravatés. Il faut encore qu'ils portent en bandoulière leur bonheur niais d'être là où ils sont, et qu'ils l'ouvrent à tout propos. Sans se rendre compte qu'à la fin, « les gens » commencent à comprendre. Et à s'agacer.

L'ouvrir très grand, c'est l'une des choses que Jean-Claude - il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens - Jucker fait le mieux. Aussi a-t-il trouvé judicieux, dans un récent entretien au journal Le Monde de formuler ces quelques regrets : « à voir les réactions que suscite la « loi travail », je n’ose pas m’imaginer quelle aurait été la réaction de la rue, à Paris ou à Marseille, si votre pays avait dû appliquer des réformes comme celles qui ont été imposées aux Grecs ». Ah, ces Français rétifs ! Comme il est dommage de ne pouvoir vitrifier leur économie avec cette même brutalité joyeuse dont on à usé contre l'économie grecque !

Ceci dit, rien n'est jamais perdu pour qui sait s'armer de patience. Durant l'été 2015, au cœur de la « crise grecque », le ministre hellène Yanis Varoufakis avait donné quelques clés pour comprendre la dureté des créanciers vis-à-vis de son pays. Selon lui, la véritable cible des « Européens » (et de l'Allemagne, plus encore que de l'Europe institutionnelle) était en fait l'Hexagone. « La Grèce est un laboratoire de l’austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d’être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins », avait-il osé. Pour lui, les cibles terminales étaient l’État-providence et le droit du travail français

Or pour Jean-Claude Juncker, il se trouve que « la réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement Valls est le minimum de ce qu’il faut faire ». Le minimum seulement. Et, avec un peu de chance, de constance et d'audace, une simple étape vers ce rêve éveillé que constitue l'idéal grec !

Autre grand bavard : Pierre Moscovici. Lui assume mieux encore que Juncker, et ses insinuations n'en sont plus. Ce sont même des aveux : oui, l'Union européenne veut la loi El Khomri. Dans un entretien publié ici le 18 mai soit, précisément, le jour de la parution des recommandations adressées par la Commission à la France dans le cadre du « semestre européen », le commissaire aux Affaires économiques faisait connaître sa volonté. S'il minaudait tout d'abord en prétendant qu'il ne lui appartenait pas de « juger » la Loi travail, il rappelait toutefois qu'il lui appartenait bien de l'exiger : « Tout ce que je peux dire, c'est que la réforme est indispensable et qu’y renoncer serait une erreur lourde (…) les Français ont souvent le même réflexe quand une réforme se présente : celui de s’y opposer. Cela ne signifie pas que la réforme n’est pas nécessaire et qu’elle ne doit pas être menée (…) En outre, je pense que la volonté du peuple doit s’exprimer dans les élections, pas dans les sondages ».

C'est vrai. En principe, sauf à vivre dans le chaos de la démocratie d'opinion, les scrutins font foi bien plus que les sondages. Mais en principe aussi, le pouvoir exécutif français se situe à l’Élysée et à Matignon (Paris, France), et non dans le bâtiment du Berlaymont (Bruxelles, Belgique). Sauf à vivre dans le chaos de la démocratie congédiée.

Évidemment, si les choses en sont là, et Moscovici le dit fort bien, c'est en raison « des traités que les gouvernements et les Parlements de l’Union européenne, à commencer par celui de la France, ont signés ». C'est là l'argument dont les européistes se prévalent sans cesse, car il n'y a plus que ça en magasin. Au passage, ils se hâtent d'oublier que le dernier des traités, celui de Lisbonne, a tout de même nécessité pour être signé que l'on s'assoie en 2005 sur les résultats de deux référendums, le Néerlandais et le Français. Tout comme on s'est assis sur le résultat de la consultation grecque de juillet 2015. Autrement, c'était début du détricotage de la zone euro.

***

Au sujet du mouvement social actuellement en cours, Myriam El Khomri a eu ces mots très contestés : « il n’est pas question que l’économie de notre pays soit prise en otage ». Ils sont pourtant incontestables: l'économie de notre pays est, depuis longtemps, en situation de captivité. Simplement, les rançonneurs ne sont pas forcément ceux que l'on croit. 


Article initialement paru sur Figarovox.  



samedi 20 juin 2015

Filikí Etería - La Grèce vue de Grèce : revue de presse hebdo






- Billet invité -

Par Cristobalacci El Massaliote


Alors que la presse française se passionnait pour une polémique autour du Nutella, la presse grecque, secouée par la tourmente commentait quant à elle le bras de fer entre Tsipras et ses créanciers, se passionnait pour le printemps moscovite et frissonnait au son des retraits bancaires massifs. 

L’interminable bras de fer entre Athènes et ses créanciers se poursuit entre espoirs et désillusions. 

Le week-end dernier, les journalistes grecs étaient encore portés par l’espoir  et commentaient le communiqué de la Commission européenne expliquant que les négociations interrompues allaient reprendre à l’occasion de l’Eurogroupe du jeudi 18 juin au Luxembourg. L’espoir se portait également du côté du FMI : un allègement de la dette grecque et un financement supplémentaire de la Grèce semblaient possibles après une probable intervention du FMI auprès de l’ensemble des créanciers. 

Pourtant, dès le lundi 15 juin, le jeu interminable des négociations sans solutions reprenait avec une vive montée en pression. Ainsi le président de la BCE, Mario Draghi, déclarait que la BCE faisait « son maximum pour parvenir à un résultat positif dans les négociations en cours avec la Grèce » avant d’ajouter que « la balle se trouve dans le camp du gouvernement grec, qui doit prendre les mesures nécessaires ».

Le journal de droite Kathimerini affirmait qu’Athènes se préparait à faire de nouvelles propositions aux institutions en mettant sur la table de nouvelles taxes sur les entreprises pour une hauteur de 1,65 milliards d’euros sur 2015 et 2016.

Dès le mardi 16, le jeu du renvoi de balles entre créanciers et gouvernement Syriza reprenait de plus belle.  Ainsi, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker accusait le gouvernement Tsipras de désinformer son opinion publique en déformant les positions des Institutions. Juncker déclarait : « je ne me soucie pas du gouvernement grec, je me soucie du peuple grec », avant  de préciser qu’il n’était pas favorable à une augmentation du taux de la TVA sur les médicaments et l'électricité et qu'il avait même suggéré d'autres solutions (par exemple une « réduction modeste » des dépenses de défense). Afin de mettre en lumière qu'il s'agissait là d'un mensonge, le porte-parole du gouvernement grec, M. Sakellaridis publiait un communiqué affirmant que « le texte soumis au Premier ministre grec mercredi dernier par les Institutions, comprenait des bien des mesures portant sur une augmentation de 10% de la TVA sur l’électricité et de 4,5% de la TVA sur les médicaments ainsi que la suppression de l’EKAS (allocation en faveur des retraités touchant une pension faible)».

La presse du jeudi 16 juin - jour du sommet de l’Eurogroupe de Luxembourg - revenait à la triste réalité  en affichant le pessimisme qui saisit tout ceux qui constatent qu’aucune décision n’est prise sur la Grèce. Ethnos ne voyait poindre « aucun espoir » de solution au cours de l’Eurogroupe. Il doutait qu'un sommet extraordinaire de la zone euro consacré à la Grèce puisse produire la solution attendue. 

Le Journal des Rédacteurs se contentait de constater l’absence d’avancée de part et d’autre en décrivant des Institutions et un gouvernement grec campant sur leurs positions respectives. Constatant également que cette attitude rendait extrêmement difficile la conclusion d’un accord, le journal Eleftheros Typos titrait même : « les divergences sont grandes, les attentes d'un accord à Luxembourg sont très faibles ».

Après le nouvel échec attendu, la presse grecque du vendredi 19 juin se soulevait, comme secoué par l’ultime espoir : le sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement des 19 pays de la zone euro du 22 juin à Bruxelles. 

Selon des journalistes optimistes, ce nouveau sommet devrait permettre de trouver un accord et d’éviter que la Grèce ne soit en défaut de paiement le 30 juin. De nombreux journaux (Ethnos, Kathimerini, Eleftheros Typos, Ta Nea) parlent de "Sommet de la  dernière chance" pour la Grèce et savent déjà qu’Alexis Tsipras a fait une série d’entretiens téléphoniques pendant tout le week-end avec J.C. Juncker et certains Chefs d’État ou de gouvernements européens.

Ce nouvel élan d’espoir s’appuie notamment sur des informations du journal allemand Die Zeit affirmant qu’une « dernière offre » serait faite à la Grèce et proposerait d’une part de prolonger le programme actuel (mais sans participation du FMI), et d’autre part de préparer un troisième programme d’aide. Moins optimiste que les autres journaux, Ta Nea affirmait cependant que des sources européennes avaient démenti ces informations.

Relation russo-grecque : une très importante délégation grecque en Russie et un accord important sur le gazoduc « Turkish stream »

Alexis Tsipras se trouvait en Russie vendredi 19 juin pour participer au Forum économique international de Saint-Pétersbourg où il était accompagné par les ministres de l’Énergie, de l’Économie, des Finances, de la Défense, et même du porte-parole du gouvernement. Les journaux grecs (Ethnos, Ta Nea, Kathimerini, Avghi) soulignaient également  la présence d’autres participants de première importance dans cette vaste délégation : l’actuel conseiller du gouvernement chargé d’examiner la participation de la Grèce à la banque de développement des BRICS ou des représentants des entreprises publiques et privées grecques.

Lors d’une rencontre, la veille avec le PDG de Gazprom, M. Miller, les discussions avaient porté sur les questions énergétiques et  notamment sur le « gazoduc grec » (extension de Turkish stream sur le territoire grec).  

Selon Ethnos et Ta Nea, Alexis Tsipras  a pu également s’entretenir avec le président de la Banque de développement et des relations économiques internationales de la Russie, M. Dimitriev. Pour Ethnos cela aurait permis de décider qu’une société filiale de la Banque de développement de la Russie puisse participer à 50% à la société qui se chargera de la construction du gazoduc sur le territoire grec. 

Les discussions bancaires se sont poursuivies puisque Tsipras et le ministre de l’Énergie se sont également entretenus avec des responsables de la banque de développement des BRICS.  Le ministre des finances russe, M. Storchak a cru nécessaire de préciser qu’Alexis Tsipras se trouvait en Russie pour discuter des projets communs de développement et non pas pour rechercher des liquidités.  Le ministre russe a martelé :« La Grèce n’a pas demandé d’aide financière à la Russie 

Alors qu’Alexis Tsipras s’entretenait ce vendredi avec le président Poutine, les ministres de l’Energie des deux pays (MM. Lafazanis et Novak) signaient le texte de l’accord préliminaire sur la construction du gazoduc grec à hauteur de 2 milliards d’euros.

Un gouvernement toujours populaire, dont la politique et la stratégie restent appuyées par le peuple

Selon un dernier sondage (GPO/Mega Channel), si des élections avaient lieu aujourd’hui les votes seraient : SYRIZA : 35,1%, Nouvelle Démocratie : 23%, La Rivière : 6%, Aube dorée : 5,5%, KKE : 5,4%, Grecs indépendants : 3,7%, PASOK : 3,2%, Union du centre : 2,7% (…). 

La majorité des sondés (56,3%) estiment que ce sont les créanciers qui sont responsables du fait qu’après 4 mois et demi de négociations aucun accord n’a été trouvé, contre 37,4% qui attribuent la responsabilité de l’absence d’un accord au gouvernement grec. 54,3% approuvent la stratégie suivie par le gouvernement grec dans les négociations avec les créanciers, contre 43,8% qui la désapprouvent. 

Enfin, en cas d’impasse des négociations 47,3% estiment que le gouvernement actuel devra continuer à assumer la gouvernance du pays, contre 29,9% qui sont favorables à la formation d’un autre gouvernement au sein du Parlement actuel et 19,3% qui sont favorables à l’organisation des élections anticipées.

Des manifestations de soutien à SYRIZA

Avec comme slogan « Nous prenons la négociation en main », des citoyens grecs ont organisé le mercredi 17 juin via Internet des rassemblements contre l’austérité dans un certain nombre de villes grecques. 

Mais des signes de panique bancaire largement commentés par les journaux d’opposition 

Les journaux d’opposition (Ethnos, Ta Nea, Kathimerini) parlent de situation critique en Grèce liée à l’impasse des négociations avec les créanciers et s’inquiétent des risques importants pouvant mener à la faillite. 

Kathimerini souligne que les relations entre la Grèce et ses partenaires « sont sérieusement tendues » et qualifie Athènes de « politiquement isolée » au sein de la zone euro au moment où «l’économie suffoque ». 

Ta Nea traitait de la fuite des capitaux due à l’incertitude politique. En effet, les flux de capitaux sortants a atteint des montants considérables au cours de la période décembre 2014 – avril 2015, à plus de 30 milliards d’euros.


lundi 27 avril 2015

Filikí Etería n 6 : La Grèce vue de Grèce – revue de presse




- Billet invité -
Cristobalacci El Massaliote

Comme chaque semaine, le désormais incontournable Cristobalacci El Massaliote a épluché la presse grecque de la semaine précédente et fait le point pour L'Arène nue. Au programme, les négociations avec l'Union européenne, dont on va voir qu'elles pataugent sec, et de la géopolitique : lenteurs autour des négociations gazières avec la Russie, tensions diverses avec les Etats-Unis. Enfin, un peu de politique intérieure avec les états d'âmes des journalistes d'opposition, la lutte contre l'évasion fiscale et la réquisition des fonds des organismes publics pour faire face à la pénurie de liquidités....

***


I / Négociations européennes

a / Inquiétudes dans la presse grecque

Le début de la semaine dernière a été marqué par des inquiétudes dans la presse grecque. Ainsi, dans son édition du samedi 18 avril, Kathimérini reprenait en Une les propos du président Obama : « Faites des réformes ».To Vima titrait « Vous êtes sur le fil du rasoir » tandis qu’Imerissia se faisait l’écho d’un scénario de plus en plus évoqué : le  « Grexit ». Enfin, Kathimérini reprenait l’avertissement lancé par le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, pour qui Athènes risquait de se retrouver rapidement confrontée à une crise de trésorerie si elle n’adoptait pas un paquet de réformes d’ici le 11 mai.

b/ Avancées ? Compromis ? sortie de l’euro ? Tout ceci est aussi clair qu’un Elliniko Kafès 

Alors que le 18 avril, un compromis était envisagé (Kathimérini) grâce à un moratoire prévoyant l’absence de lois grecques sur les relations de travail et l’absence d’exigences européennes sur la Sécurité sociale, Alexis Tsipras rappelait les 4 points a négocier avant l’accord global prévu en juin : droit du travail, sécurité sociale, augmentation de la TVA et valorisation du patrimoine.

L'avenir de la dette grecque se lit dans un café Elliniko !
Le premier ministre grec appelait à la poursuite du combat en refusant de céder aux Cassandre et aux défaitistes (Ethnos du 20 avril) tout en indiquant que les négociations se poursuivaient mais que des divergences persistaient, notamment sur le droit du travail et la sécurité sociale. Ta Néa du même jour, se réjouissait d’une « avancée dans la bonne direction » et envisageait même un texte à soumettre à l’approbation de l’Eurogroupe et des ministres des finances européens. 

Dans son édition du 20 avril, To Vima envisageait le scénario de sortie de l’euro en prévoyant différentes solutions (bons du Trésor et allègements fiscaux ou paiement des fonctionnaires en bons utilisables en supermarché). Puis deux jours plus tard, Ta Nea reprenait les propos du président de la Commission européenne, Jean Claude Juncker, qui venait d’exclure « à 100% » l’éventualité d’un Grexit avant d’affirmer que la Grèce ne ferait pas faillite. Plusieurs journaux (Ethnos, Le Journal des Rédacteurs, Eleftheros Typos) ont également commenté ont commenté le fait que BCE venait de relever de 1,5 milliard d'euros à 75,5 milliards d'euros, le plafond de son financement d'urgence (ELA) des banques grecques. 

La presse du 23 avril a également commenté les échanges entre Merkel et Tsipras en marge du sommet extraordinaire sur l’immigration et qui auraient porté sur les effets positifs de la baisse du dollar et sur l’éventualité d’un accord prochain.

c/ 24 avril, journée de l’optimisme en Grèce, des jeux en coulisse et du doute persistant…

Enfin, le 24 avril, la presse semblait davantage optimiste en envisageant la réalité de cet accord. En titrant « Premier signaux de déblocage » Kathimérini commentait le maintien des divergences entre Merkel et Tsipras (toujours sur le droit du travail, la sécurité sociale et la TVA) et l’évolution positive de la chancelière allemande sur la question de la réduction des retraites. La presse reprenait des sources gouvernementales (mais non confirmées par Berlin) évoquant un rapprochement de vues sur les privatisation et sur la question de l’excédent primaire (autour d de 1,2%-1,5% pour 2015/2016). Ethnos estimait que le gouvernement grec était en train de mener « une bataille à tous les niveaux » afin d’obtenir un accord provisoire avant la fin avril avec l’Eurogroupe. 

La presse (Kathimerini, Ethnos, Ta Nea, Avghi) se montrait optimiste puisque Mme Merkel venait de qualifier de « constructif » son entretien avec Alexis Tsipras avant ajouter que tout devait «  être entrepris pour empêcher que la Grèce ne se retrouve à court d'argent avant d'avoir conclu un accord sur les réformes avec ses créanciers internationaux ». De son côté, le président de l’Eurogroupe, M. Dijsselbloem venait d’évoquer l’éventualité d’un décaissement partiel de la prochaine tranche du prêt après la conclusion d’un accord.

Kathimerini confirmait en reprenant des sources communautaires pour qui Athènes pourrait recevoir une partie de la tranche du prêt après avoir appliqué certaines des réformes prévues. Le journal Ta Nea poursuivait son optimisme en prétendant que le gouvernement grec proposait un accord partiel sur trois ou quatre réformes (affaires financières et budgétaires, créances douteuses).

D’un autre côté et malgré les positions de MM. Tsipras, Hollande et Juncker semblant pencher vers une accélération de la procédure menant à l’accord (selon Ta Nea et Avghi, A. Tsipras aurait déclaré : « nous sommes plus près d’un accord »), le Journal des Rédacteurs restait dubitatif en estimant que les équipes techniques des institutions continuaient à se montrer intransigeantes en insistant sur l’application des mesures prévues par le programme précédent. 

II/ Politique étrangère

a/ La Russie, Gazprom et le gazoduc « Turkish stream » 

Le PDG de Gazprom s’est rendu à Athènes le 21 avril pour rencontrer Alexis Tsipras et son ministre de l’énergie Panagiotis Lafazanis. Le dossier du gazoduc « Turkish stream » a été évoqué et il a été décidé d’élaborer une feuille de route et de créer un groupe de travail commun tout en respectant les règles de l’UE. 

Après les emballements du week-end dernier concernant les relations russo-grecques la presse se montrait cette semaine plus réaliste. Si Ta Nea voyait dans la visite du  PDG de Gazprom à Athènes une tentative de la partie russe de maintenir ouverte la question du « gazoduc grec » sans toutefois aborder l’éventualité de verser une avance à la Grèce, le journal Kathimerini estimait que les discussions sur le gazoduc « progressaient lentement» et que l’entretien Tsipras/Miller « n’avait pas abouti à un accord ».  De même, Eleftheros Typos soulignait les « maigres résultats » d’une entrevue n’ayant « pas abouti à un accord ». 

b/ États-Unis : déclarations d’Obama, l’énergie et la question qui fâche : la libération d’un « terroriste »

La presse du week-end dernier commentait les déclarations du Président Obama qui ont suivi son bref entretien avec le ministre grec des finances Yannis Varoufakis à Washington. Le président américain a invité Athènes à réformer sa fiscalité et son droit du travail avant d’ajouter « La Grèce doit faire des réformes, collecter des impôts, réduire la bureaucratie, adopter des pratiques plus souples dans le marché du travail ».

Les relations avec les Etats-Unis se sont tendues sur le sujet de la réforme carcérale et du possible aménagement de peine qui en résulterait pour certains prisonniers en situation de handicap lourd. Cette mesure pourrait entraîner la mise en liberté des terroristes et notamment de Savvas Xiros, membre du groupe terroriste « 17 Novembre ». Ce groupe démantelé en 2002 a revendiqué 23 assassinats dont ceux d'Américains comme le chef de poste de la CIA à Athènes Richard Welch (1975), le capitaine de vaisseau George Tsantes et de son chauffeur (1983), l’attaché de défense Navy William Nordeen (1988) et un officier de l’OTAN Ronald Stewart (1991). Emprisonné depuis 13 ans et handicapé à 98% à la suite de l’explosion de sa propre bombe, Savvas Xiros pourrait donc bénéficier des mesures favorables de cette loi.

Au cours d’une conférence de presse extraordinaire du 20 avril, l’ambassadeur des États-Unis en Grèce, M. David Pearce a déclaré : « si Savvas Xiros, ou une autre personne ayant du sang de diplomates ou de membres de missions américains sur les mains, sort de prison, ce sera vu comme un acte profondément hostile ». 

Enfin, l’envoyé spécial du département d’État américain, chargé de l’énergie, M. Amos Hochstein, effectuera très prochainement une visite en Grèce. Il devrait soumettre au gouvernement grec des propositions américaines sur les bénéfices énergétiques dont pourrait tirer profit la Grèce dans la région. Selon Ta Néa ces propositions constituent « une réponse américaine au flirt énergétique entre Athènes et Moscou ».

III/ Politique intérieure

a/ Le doute, la panique et la critique s’emparent de certains esprits

A l’heure où les tensions s’exacerbaient au sujet d’un accord entre la Grèce et ses créanciers, quelques journalistes grecs choisissaient de critiquer voire d’attaquer l’actuel gouvernement Syriza-ANEL. 

Dans la presse de droite

Ainsi le journaliste du journal de droite Kathimérini, Alexis Papahélas dans un article intitulé « le coût des rabais » écrivait en début de semaine dernière : « il ne faut pas oublier un point fondamental : Syriza n’a pas gagné les élections grâce à son pouvoir de séduction ou sa force de conviction. Il n’a fait, en réalité, que remplir le vide laissé derrière lui par un monde politique bourgeois, qui n’a su ni se tenir courageusement sur ses jambes, ni défendre ses propres principes». 

Toujours dans Kathimérini, une autre critique plus acide a été publiée sous la plume de Paschos Mandravélis affirme :« le problème réel est que ceux qui se sont vus confier le gouvernement du pays ont passé la plupart de leur temps à occuper les établissements universitaires en s’adonnant au bavardage pseudo-philosophique, alors qu’ils auraient dû étudier l’histoire. Au moment où ils devaient écouter leurs professeurs, ils interrompaient les cours pour tenir des réunions. Au lieu d’étudier, ils s’amusaient dans les amphithéâtres dans des joutes oratoires. La Grèce devient victime de l’analphabétisme profond de ses nouveaux dirigeants politiques, d’une génération qui a appris à remâcher de vieilles citations de la gauche. Les jeunes qui gouvernent le pays à l’heure actuelle sont les produits d’un système éducatif ayant investi sur le « juste-milieu démocratique » mais pas sur la connaissance ». 

Le très conservateur journal Estía passait de la critique à l’angoisse avec un article de Athanase Papandropoulos titré « Vers l’effondrement ». Extrait : «si certains analystes regardent avec optimisme l’évolution de l’économie grecque, force est de constater que la réalité dément leurs prévisions. Telle qu’elle est perçue par les entreprises, l’économie réelle est en phase d’effondrement. Ainsi, la base productive du pays s’amoindrit, mais personne n’y prête attention. Des cadres du marché soulignent que ces derniers mois et, en particulier, depuis l’été 2014, la délocalisation des entreprises « productives » s’accélère vers la Bulgarie, l’Autriche et les Pays-Bas, où l’administration publique et les régimes fiscaux sont  plus favorables aux entrepreneurs (…). Le gouvernement affiche une indifférence aveuglante à l’égard du chômeur du secteur privé, et le pousse vers la para-économie et le travail au noir. L’économie grecque est parasitaire et de non compétitive, avec des taux de corruption élevés, qui constituent en soi un coup de frein à la croissance. De plus, si l’on tient compte de l’opération de sape du système d’enseignement grec, qui effectue un pas en arrière de trente ans, la boucle de l’effondrement imminent se boucle. Heureux sont ceux qui réussiront à y échapper ».

Dans la presse proche du PASOK

Avec un article intitulé « Et si on organisait de nouvelles élections ? », la fameuse édition du dimanche de To Vima (journal de gauche réformiste, assez proche du PASOK ) flattait l’électorat centriste.   « A l’évidence, ce sont les centristes qui ont donné la victoire à Syriza. Ils ont voté la main sur le cœur tout en faisant fi de rumeurs sur certaines tendances et mentalités dangereuses du « parti de la gauche ». Lorsque Syrizaa remporté la victoire électorale en janvier, il a été estimé qu’une nouvelle formation politique s’imposait sur la scène politique. Le fait que la plupart des électeurs de Syriza proviennent du centre présageait d’un avenir politique progressiste et calme pour le pays. Mais, les actions et les omissions des ministres et des cadres du gouvernement laissent pointer une question : les « camarades » sont-ils au courant de la nature des « masses populaires » qui les soutiennent ? Et si on organisait des élections ? ».

b/ La douloureuse question du transfert des fonds des entités publiques et des collectivités locales grecques à l’Etat


Les articles économiques du 21 avril (Kathimerini, Ethnos, Ta Nea) relevaient que le gouvernement grec venait d’adopter un acte législatif obligeant les entités publiques et les collectivités locales à transférer leurs réserves de liquidités à la Banque de Grèce. Ceci dans l’objectif de faire face au problème de liquidité auquel est confronté le pays et de couvrir les besoins de financement de l'Etat.

Le lendemain, la plupart des journaux (Kathimerini, Ethnos, Ta Nea, Kathimerini, Avghi) commentaient les vives réactions des maires et des présidents de Régions face à cette décision de transfert de leurs réserves de liquidités à la Banque de Grèce. Face à cette annonce, l’Union des mairies de Grèce (KEDE) et l’Union des régions de Grèce (ENPE) ont décidé de saisir le Conseil d’Etat contre cette décision et d’organiser avec les travailleurs des collectivités locales des mobilisations de protestation.

En parallèle, le ministère de la santé et de la sécurité sociale a invité les caisses d’assurance à transférer« volontairement » leurs réserves de liquidités à la Banque de Grèce. Selon le ministre délégué aux finances, M. Mardas, certaines caisses d’assurance ont répondu positivement à cette demande. Le gouvernement souligne qu’il s’agit d’un emprunt interne.

c/ Immigration : entre tragédie humaine et tentative de réponse communautaire.

Différents journaux du 21 avril (Ethnos, Kathimerini, Avghi, Le Journal des Rédacteurs) ont commenté la série de naufrages de navires chargés de migrants et qui ont fait plusieurs centaines de morts en Méditerranée depuis le début de l'année. Trois migrants, dont un enfant, ont dramatiquement péri le 20 avril dans un naufrage près de l'île de Rhodes et 93 personnes ont pu être sauvées au cours d'une opération de secours à quelques mètres seulement du rivage. 

L'UE  a élaboré une série d’actions immédiates pour faire face à la crise (renforcement de la surveillance, crédits supplémentaires, sanctions plus sévères pour les passeurs). Ce plan a été pleinement soutenu par les ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur de l'Union européenne réunis en urgence. Au cours de cette réunion le ministre grec délégué aux affaires européennes, M. Houndis, et la ministre grecque déléguée à la politique d’immigration, Mme Christodoulopoulou, ont demandé un financement extraordinaire pour aider la Grèce à faire face aux flux accrus d’immigrés.

d/ Procès du parti néo-nazi Aube Dorée. 

Différents journaux du week-end dernier (Ethnos, To Vima, le Journal des rédacteurs, Ta Néa) ont publié des reportages sur les origines du parti néo-nazi Aube dorée, son idéologie ainsi que sur les nombreux incidents dans lesquels ses membres se sont illustrés. 

Le procès de 69 membres d’Aube dorée, jugés pour avoir organisé, dirigé ou participé à une organisation criminelle, commençait le lundi 20 avril dans une salle aménagée de la prison des femmes de Korydallos. La presse commentait également le tollé de protestation soulevé par la perspective d’un procès qui devrait durer un an et demi voire deux ans dans un quartier secoué par la crise (grève des écoles, des services municipaux et d’une catégorie de fonctionnaires). 

e/ La lutte contre l’évasion fiscale

Le 22 avril un mandat d'arrêt a été émis à l’encontre de Léonidas Bobolas, fils du propriétaire de la société de construction ELAKTOR, des journaux « Ethnos » et « Imerissia » et actionnaire principal de la chaîne de télévision « Mega Channel ». Selon la presse, Léonidas Bobolas figurait sur la « liste Lagarde » et aurait fait sortir 4 millions d’euros du pays. Il a été libéré après avoir payé une caution de 1,8 millions d'euros. Pour Le Journal des Rédacteurs cette évolution constitue « un message politique adressé à l’intérieur et à l’extérieur du pays exprimant la volonté du gouvernement grec de lutter avec énergie contre l’évasion fiscale. 


dimanche 22 mars 2015

Filiki Etaria - La Grèce vue de Grèce - revue de presse





 - Billet invité -
Cristobalacci El Massaliote


Le texte ci-dessous est une revue de la presse grecque des derniers jours, réalisée par Cristobalacci El Massaliote pour L'Arène nue, et dont on espère qu'elle permettra de donner quelques éléments d'ambiance relatifs au déroulement des négociations entre Athènes et l'Union européenne. 


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Le nouveau gouvernement Tsipras tente d’appliquer des réformes sociales courageuses à l’intérieur de son pays tout en affrontant la politique d’austérité prônée par "l’axe 2B" (Bruxelles-Berlin).  Un espoir, peut être ? En provenance de Paris, Washington ou…Moscou ?...


Des tensions avec les partenaires européens. 

Les négociations et les relations entre Athènes et ses partenaires (UE, Eurogroupe,..) s’étaient particulièrement tendues depuis début mars. Le journal Ethnos, prenant en compte les récentes crispations de responsables européens jusqu’alors relativement « modérés », avait même qualifié ces relations de « dramatiques ». Ta Néa (19 mars) s’étonnait également des positions récentes de messieurs Juncker et Moscovici qui n’hésitaient plus à évoquer un scénario de sortie de l’euro pour la Grèce.

Ein Gross tension avec Berlin

Les relations avec l’Allemagne demeurent, quant à elles, particulièrement tendues. Même si une visite d’Alexis Tsipras est prévue pour le lundi 23 mars, le dégel semble encore difficile. En effet, Kathiremini (17/03) révélait l’amplification des tensions nées dès l’arrivée de Syriza au pouvoir, en reprenant les paroles prononcées par le ministre fédéral des finances, Wolfgang Schäuble : « le nouveau gouvernement grec a détruit la confiance construite dans le passé ».


Tsipras, seul mais déterminé 

Alexis Tsipras semblait donc relativement seul, face à des responsables européens apparemment déterminés à étouffer l’initiative politique du gouvernement SYRIZA/ANEL sous le « nécessaire travail des équipes techniques ». Tsipras, afin de prouver sa bonne volonté, s’était pourtant déclaré favorable à de nouvelles réformes et privatisations tout en réaffirmant son opposition à de nouvelles mesures d’austérité.

 Le bout du tunnel de la réunion du 19 mars ? 
 
La réunion du 19 mars, aurait toutefois permis, selon la presse grecque d’élaborer un « engagement politique » permettant le maintien de la Grèce dans la zone euro tout en mettant en œuvre de l’accord conclu lors de l’Eurogroupe du 20 février. 

Ta Nea du 20 mars souligne que la « rencontre marathon » de la veille ne s’est pas déroulée dans un climat de confrontation mais au contraire dans un climat positif. Le journal estime ainsi qu’une « convergence a pu être trouvée au cours de la rencontre » offrant une « une lueur d’espoir » pour la sortie de la Grèce de l’impasse. Selon des informations du journal, les créanciers envisageraient de verser à la Grèce la somme de 1,9 milliards d’euros au titre des bénéfices réalisés par la BCE sur ses avoirs en titres grecs et d’augmenter de 5 milliards d’euros le plafond des émissions de bons du Trésor grecs. De plus, les partenaires sembleraient prêts à accepter un objectif prévoyant un excédent primaire de 1,5% du PIB. Ces décisions seraient prises à condition que la Grèce procède à la mise en œuvre des réformes, à l’augmentation de certains taux de TVA et à la privatisation de certains organismes publics.

Le rôle de Paris ? 

Évoquant des sources gouvernementales grecques, le journal Ta Nea a révélé le «rôle spécial » joué par le Président français, M. Hollande, dans le rapprochement entre le gouvernement grec et les partenaires au cours des négociations d’hier.

Ou les pressions américaines ? 
 
Face à une Allemagne toujours inflexible, le président Obama s’est entretenu avec la chancelière allemande, le 18 mars sur le  dossier grec. Washington, partenaire d’Athènes sur les questions stratégiques et énergétiques a notamment souligné l’importance de trouver un accord assurant le maintien de la Grèce dans la zone euro.
Mais toujours sous l’œil de Moscou…
De son côté, Athènes poursuit son rapprochement avec Moscou. En attendant la rencontre Tsipras/Poutine prévue le 08 avril, le ministre délégué à la défense nationale, M. Isssichos s’est déplacé en Russie. Selon Katherimini , il aurait été question du dossier du gazoduc turc, mais surtout d’un futur appui russe à la demande de réparation allemande qu’Athènes s’apprête à déposer.
 La question des réparations allemandes
Dans son édition du 20 mars, Ta Nea notait que la question des réparations allemandes à la Grèce venait juste d’être évoquée la veille au parlement allemand. Les députés sociaux-démocrates, la gauche et les verts ont ainsi affirmé  la nécessité de l’ouverture d’un dialogue avec la Grèce sur cette question. M. Thomas Oppermann, président du groupe SPD au Bundestag, a ainsi déclaré que « les crimes des nazis n’ont pas de date d’expiration », avant d’ajouter que «l’Allemagne a pleinement conscience de sa responsabilité».
La politique intérieure grecque : se battre contre l’austérité et assurer la justice fiscale .
Le gouvernement Tsipras poursuit sa politique de réforme fiscale et sociale. Le projet de loi sur la crise humanitaire et la lutte contre la corruption a été présenté le mercredi 18 mars . Ce document, a été uniquement rédigé en grec (c’est une première en quatre ans) et a été conçu sans accord avec les créanciers.
Selon Avghi (18/03), Alexis Tsipras serait prêt à poursuivre sur cette voie de la souveraineté nationale, en présentant une nouvelle loi que les créanciers non consultés qualifient « d’unilatérale ». Il envisagerait de déposer une loi permettant d’utiliser les fonds issus des privatisations pour financer la sécurité sociale au bénéfice du peuple grec et non plus pour le remboursement de la dette.
Un climat de gravité.
Il est à noter que certains journaux grecs (To Vima, Free Sunday), s’interrogent sur les futures conséquences de la politique menée par le gouvernement Syriza/ANEL. La peur du Grexit, du retour à la drachme voire de l’ «  effondrement économique » (Free Sunday) agitent certains éditorialistes opposés à une politique qu’ils qualifient de populiste ou de radicale. 
Il semble bien que la devise de la Grèce, Ελευθερία ή θάνατος (Filiki Etaria, « La liberté ou la mort »), née lors de la révolution nationale de 1821 reste donc d’une actualité criante. 
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