Traduire / Translate

Affichage des articles dont le libellé est Najat Vallaud-Belkacem. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Najat Vallaud-Belkacem. Afficher tous les articles

jeudi 30 avril 2015

Après le « Grexit » et le « Grexident », voici venir le « Grimbo »....






Chouette : le champ lexical du désastre européen vient de s'enrichir d'un nouveau mot ! Une pierre dans le jardin des déclinistes, qui ne pourront plus dire que la langue s’appauvrit.  Quant aux amoureux des lettres classiques, qu'ils soient rassurés : la Grèce demeure l'inspiratrice des inventeurs de concepts. 

On connaissait le « Grexident », une formule belle comme l'antique que l'on doit à l'imaginatif ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble. Au mois de mars, ce dernier considérait en effet qu'en cas d'échec des négociations entre la Grèce et ses « partenaires », on ne pourrait exclure longtemps un « Grexident », c'est à dire une sortie d'Athènes de la monnaie unique par accident. Ceci, force est d'en convenir, est bien plus diplomatiquement correct que « Grexpulsion ». 

Bien sûr, on connaît également le Grexit, qui signifie simplement « sortie de la Grèce de l'euro », sans plus de précision. Ce qui rend infini le champ des possibles : sortie par mégarde, par erreur, par inadvertance, sur un malentendu, pour aller prendre l'air, pour faire une  blague trop rigolote, etc. L'avenir, de toute façon, livrera bientôt son verdict. 

Mais comme il prend tout son temps pour éclore, l'avenir, certains ont décidé de faire dans l'inventivité, afin de patienter en s'amusant. 

C'est ainsi qu'un économiste de Citigroup, Ebrahim Rahbari, à l'origine, déjà, de la contraction « Grexit », vient d'inventer le « Grimbo ». Il s'agit d'une contraction de « Grèce » et de « limbo ». Elle signifie qu'aucune solution ne serait trouvée prochainement, ni aucune option radicale décidée. Du coup, Athènes resterait « dans les limbes » pour un bon moment encore. 

Rahbari détermine ainsi plusieurs « scénarios gris » possibles, dont on peut trouver le détail sur Zero Hedge : 

1/ Un nouvel accord est trouvé, mais seulement après mise en œuvre d'un contrôle des capitaux ou après un défaut partiel. Cela se produirait après un choc du type suivant : décision de la BCE de limiter l'accès des banques grecques à la liquidité d'urgence (ELA), qui est désormais la seule manière pour ces banques de se refinancer, décision de Tsipras de convoquer un référendum ou, enfin, incapacité d'Athènes à honorer l'une de ses échéances.

2/ Incapacité des deux partis à aboutir à un accord. La Grèce est alors contrainte de faire partiellement défaut. Un contrôle des capitaux est instauré mais on ne se résout pas encore au Grexit. 

3/ Pas d'accord entre Athènes est ses créanciers. La Grèce se trouve à court de liquidités et se voit contrainte de mettre en circulation des IOU (I owe you), autrement dit une véritable double monnaie, à usage strictement interne et qui lui servirait à payer se fonctionnaires. Un scénario déjà évoqué ici, et qui ne suppose pas lui non plus - en tout cas pas immédiatement – une sortie de l'eurozone. 

Au bout du compte, le Grimbo se décline en plusieurs « non-solutions » provisoires, chacune permettant de faire traîner les choses indéfiniment, et pouvant aboutir aussi bien à un Grexit qu'à.... un « Grexin », si un accord est finalement trouvé sur le plus long terme (donc si les poules se mettent à avoir des dents).  

Il paraît que chacun peut ainsi jouer à enrichir le vocabulaire. Ici par exemple, un lecteur du Financial Times, probablement né bien avant l'avènement de Najat Vallaud-Belkacem, propose « Grexodus », au motif que « le mot exit est d'origine latine, alors que le mot exode est d'origine grecque ». 

En attendant, l'opinion hellène se prépare lentement mais sûrement. Comme expliqué là, une étude d'opinion montre que près de 69 % des Grecs interrogés pensent désormais possible une sortie de la monnaie unique et que 20 % la souhaitent. Ils étaient moins de 10% avant les élections de janvier, et n'étaient encore que 16 % il y a une dizaine de jours.... 


Pour finir et même si ça n'a strictement rien à voir, voici une photo de François Grexamen.  




vendredi 27 juillet 2012

Ségolène Royal est-elle devenue "diversitaire" ?



« Elle s'appellerait Claudine Dupont, elle ne serait peut-être pas là ». Cette phrase, décochée par Ségolène Royal en direction de Najat Vallaud-Belkacem [NB : un démenti est à signaler], mériterait de figurer au palmarès des meilleures citations d’une éventuelle Claudine Du-con, si elle existait.

En sous-entendant que la ministre du Droit des femmes ne l’est devenue que par la grâce de ses origines et via les lois pernicieuses de la discrimination positive, Royal inflige une gifle à son ancienne protégée, ainsi qu’à tous ceux qui, républicains convaincus, croient encore que le mérite surpasse de très loin « l’appartenance minoritaire » dans la hiérarchie des bonnes raisons d’entrer au gouvernement.

Ségolène Royal devrait le savoir mieux que personne, elle qui fut ministre pour la première fois au début des années 1990. A moins bien sûr qu’elle n’ait été nommée que parce qu’elle était femme, ce qu’on a presque envie d’insinuer perfidement, tant la pasionaria du Poitou est habile à user la bienveillance qu’on aimerait lui accorder, et à réduire en charpie le capital de sympathie dont elle jouit.

Hélas, Ségolène Royal va plus loin encore. Elle ajoute ainsi que Najat Vallaud-Belkacem «  doit assumer son identité et en être fière ». D’abord, on se demande bien ce qu’il y a à « assumer » dans une identité. Y en a-t-il qui soient spécialement honteuses pour qu’on ait à enjoindre autrui « d’assumer » ? Quant à en être fière, admettons. Mais cela s’applique-t-il seulement aux natifs du Maroc, ou les Ardéchois et  les Berrichons ont-il le droit de revendiquer la même « fierté » ?

Finalement, que faut-il comprendre lorsque Royal affirme que « Najat doit être là pour ça » ? Qu’elle est la basanée de service et qu’elle est priée de s’en tenir là quant à ses ambitions ?

Décidément, c’est avec la lourdeur de l’éléphant que « Ségolène » s’effondre dans le piège de la « gauche diversitaire ». Cette gauche qui - tout comme son négatif photographique, la droite identitaire - assigne à résidence communautaire, réduit, écrase alors qu’elle prétend « libérer ». Cette gauche qui conspue Les cabinets blancs de la République cependant que de l’autre côté, on compte les Noirs et les Arabes. Cette gauche qui, avec les meilleures intentions du monde - celles-là mêmes dont l’Enfer est pavé - valide l’utilisation ad nauseam du critère ethnique, se comportant ainsi comme « l'idiote utile » d'une droite différentialiste qu'elle croit combattre.

Surtout, ce que l’ancienne candidate à la présidentielle ne peut ignorer pour l’avoir elle-même « lancée » en 2007, c’est que la porte-parole du gouvernement fait parti de cette poignée d’enfants d’ouvriers passés par Sciences-Po. Ils étaient 4,5% en 2011. C’est peu. Mais alors que Najat Vallaud-Belkacem achevait ses études, ils étaient…trois fois moins. De cela, il est certain qu’elle peut s’enorgueillir, car ça s’appelle le mérite et ça doit bien plus au talent et au travail qu’au hasard des origines.

Voilà qui tend en tout cas à prouver que l’école de la République, quoiqu’elle soit un peu cassée ces dernières années, a pu rendre en son temps de bons et loyaux services. Il ne fait guère de doute que les heureux bénéficiaires de cette Institution parviennent sans peine à « l’assumer » et à « en être fiers ».

Car la pente est plus raide pour les enfants du peuple que pour les héritiers, quelle que soit le pays natal des uns et les origines ethniques des autres.  En général, ceux qui la gravissent en dépit des obstacles sont taillés pour la course. Du coup, ils sont vraiment « là pour ça ».

Lire et relire
Droite identitaire, gauche "diversisataire" mêmes armes, même combat ?  CLICK
A l'école, moins d'éducation, plus d'instruction   CLACK
La gauche retrouvera-t-elle la voi(x)e du peuple ?  CLOCK