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jeudi 3 mai 2012

Les lepénistes de gauche sont parmi nous : Sylvain Bourmeau les a vus

Sur cette photo, Sylvain Bourmeau (Libération)
est poursuivi par un lepéniste de gauche


Najat Vallaud-Belkacem est l’une des porte-parole de François Hollande.

Najat Vallaud-Belkacem était interviewée le 27 avril 2012 par Le Progrès. Au cours de cette interview, elle décrivait en ces termes les angoisses diverses qui traversent le peuple français : « fondamentalement, c’est l’angoisse de l’avenir pour soi-même comme pour ses enfants. Menace sur nos modes de vie, menace sur notre modèle social, menace sur nos industries, menace sur notre souveraineté… »

- Oh wait ! Cut, rewind and zoom ! -

On la refait.
Au cours de cette interview, elle décrivait en ces termes les angoisses diverses qui traversent le peuple français : « fondamentalement, c’est l’angoisse de l’avenir pour soi-même comme pour ses enfants. Menace sur nos modes de vie… »

« Menace sur nos modes de vie…. » .
Malgré une fréquentation assidue d'Olivier Ferrand, il semble poindre ici comme une amorce de début d’allusion discrète à l’un des concepts récemment mis sur la table par le collectif « Gauche Populaire » : le concept « d’insécurité culturelle ». Dès lors, la seule question qui vaille d’être posée - oui, la seule - est la suivante. La porte-parole de François Hollande est-elle lepéniste ?

***

Deux jours plus tôt, ça partait déjà assez mal au PS, notamment avec une interview de Ségolène Royal dans Le Monde. Tous les titulaires du brevet de « Vraie Gauche » (autodécernable sur critères subjectifs)  avaient alors senti la terre trembler sous leurs pieds, et l’exemplaire du quotidien leur était tombé des mains – qu’ils ont bien propres.

En effet, Ségolène Royal était interviewée le 27 avril 2012 par Le Monde. Au cours de cette interview, elle affirmait notamment, au sujet des électeurs du Front national : « il ne s'agit ni de cajoler, ni de dénigrer et encore moins d'insulter, tout en combattant le poison de ces idées (…) [ceux] qui s'inquiètent des flux migratoires clandestins ne sont pas des racistes ».

- Oh wait ! Cut, rewind and zoom ! -

On la refait.
Au cours de cette interview, elle affirmait notamment : « [ceux] qui s'inquiètent des flux migratoires clandestins ne sont pas des racistes ».

« Pas des racistes… ».
En disant cela, Ségolène Royal, peut-être involontairement, semble donner un chouïa de crédit à cette notion de « paniques morales », inventée par deux auteurs proches de la « Gauche Populaire », Jean-Philippe Huelin et Gaël Brustier.

Pire, au lieu de conspuer ces ploucs avinés, confits de bêtise télévisée et représentant ce que Sylvain Bourmeau appelait récemment dans Libération « cette France rurale ou rurbaine, souvent si fière du portail ou du mur d’enceinte qui orne et protège sa propriété ? » [1], Ségolène Royal semble plutôt partisane d’un dialogue. Sans cajolerie, certes, mais du dialogue tout de même. Dès lors, la seule question qui vaille d’être posée - oui, la seule - est la suivante. L’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle est elle lepéniste ?

***

Etre ou ne pas être lepéniste : telle est la grande question de ce curieux entre-deux tours de l’élection présidentielle.

Question que l’on peut élargir en ces termes fleuris : celui qui, comme 6,4 millions de ses compatriotes, a voté pour Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle est-il un « put*** d’enc*** de fasciste » ?

Par ailleurs, tenter de comprendre les raisons de ce vote, vouloir, le cas échéant, y porter remède afin d’éviter que Marine Le Pen ne fasse 25% à l’élection de 2017, cela revient-il à dépolluer et à crédibiliser les idées du FN ? Bref, comprendre (qui commence par la même lettre que « cautionner » : c’est pas un hasard !) n’est-ce pas, finalement, être soi-même un « put*** d’enc*** de fasciste » ?

C’est la thèse que tentent d’accréditer quelques moines-soldats brevetés de la « Vraie Gauche » en excommuniant à tour de bras. Excommunier n’est-il pas le « vrai travail » de tout bon pasteur, garant de la pureté des âmes ?

Excommunier qui ? Ces sociologues et politistes que l’on entend un partout depuis le soir du 22 avril, par exemple. Ceux dont Le Monde disait récemment : « les chercheurs spécialisés, qui établissent des diagnostics et éclairent sur une réalité sociale, ont peu à peu remplacé auprès des politiques les penseurs généralistes ».

De fait, pour les entendre, on les entend ces « chercheurs spécialisés ». On les lit, aussi. Notamment ceux qui se réclament du jeune collectif « Gauche Populaire » [voir son blog]. Et ça agace, ça irrite, ça gratte un peu aux entournures. D’aucuns ont donc décidé de s’en débarrasser. En contestant ? Non. En débattant ? Non. En apportant la contradiction ? Nooooon !

En anathémisant, en discréditant, en balançant de grandes louches d’opprobre. C’est plus efficace. Grâce aux réseaux sociaux, c’est plus rapide. Et surtout c’est garanti « zéro effort / zéro travail ».

Or pour disqualifier, quoi de plus aisé en ces temps compliqués que de « lepéniser » ?

Ainsi, par exemple, Laurent Bouvet est-il lepénisé pour avoir écrit : « la seconde question, que le score de Le Pen, comparé à celui de Mélenchon, met à jour, tient à l'importance de l'insécurité dite culturelle dans cette élection. Inséparable dans son appréhension, en particulier dans les catégories populaires, de la dimension économique et sociale, elle s'en distingue tout de même » (Le Monde, 25 avril). De même Alain Mergier est lepénisé pour avoir écrit, aux sujet des électeurs issus des milieux populaires : « la lutte contre l'immigration est une clef pour [eux]. A leurs yeux, Jean-Luc Mélenchon est dans le déni ». Philippe Guibert ? Lepénisé aussi, pour cette atroce saillie digne des heures les plus sombres de notre histoire : « c’est un phénomène dont on a du mal à parler, qui concerne la différence de modes de vie entre populations françaises issues de l’immigration, et populations plus anciennes. Quand on dit ça, on passe pour un xénophobe » (Slate, 1er Mai).

Voici donc revenus en force, pour quelques âmes sensibles à la panique aisée, les tenants de la « gauche identitaire ». Planquez-vous les gars, et mettez en batterie l’artillerie lourde, voire lourdinque. David Vincent les a vus : les rouge-bruns sont parmi nous !

Certains vont même plus loin. Car au-delà du lepénisme, il y a l’über-lepénisme, le « pire que l’extrême-droite », le « plus dangereux encore que le FN » Voyez cette salve, lancée à la cantonade et l’air de rien sur un réseau social, de manière à en faire bénéficier toute la Twittosphère :

N'étant pas des "petits calomniateurs", nous ne dévoilerons pas le visage
de l'auteur de ce Twitt.

( Oh wait ! )


Un « concept d’extrême-droite » : le mot et lâché. Dès lors, ledit concept ne pourra plus être discuté, explicité, développé : il est maudit. Malheur à celui qui osera le prononcer. Il se transformera immédiatement en statue de sel ou en grenouille, voire en canapé-lit, en chaise à bascule, en poêle à frire, en essieu de semi-remorque, en tasse à thé ou en poster géant de Lady Gaga.

Par chance, le champ des science sociales étant large, à défaut d’avoir la possibilité de réfléchir sur le thème « qu’est-ce que l’insécurité culturelle ? », nous reste la possibilité de nous interroger sur tout un tas de trucs garantis "100% fascisme free", notamment : « l’existence précède-t-elle l’essence ? », « l’existentialisme est-il un humanisme ? », « la raison progresse-t-elle dans l’Histoire ? », « Faut-il brûler Sade ? » ou encore : « Coyotte mérite-il enfin d'attraper Bip-Bip et de lui mettre une volée ? »

Vous voyez qu’entre gens civilisés, et si l’on exclue bien sûr de la conversation tout les « put*** d’enc*** de fascistes » qui rodent dans nos alentours, on peut encore parler de (presque) tout ?


[1] Sans aucun mépris de classe, entendons nous. Pas de ça, chez la « Vraie Gauche ».

Lire et relire
Recension du "Plaidoyer pour une gauche populaire" CLICK
La Gauche populaire, késaco ?   CLACK
Entretien avec Laurent Bouvet 1/2  CLOCK
Entretien avec Laurent Bouvet 2/2  CLOUCK
Ecoute de la (gauche) pop', François Hollande  CLECK
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dimanche 25 décembre 2011

Twitter : de qui @nadine__morano est-elle le nom ?




De nos jours, le « kit survie-identité-célébrité » se compose d’un blog - même vide - d’un compte Twitter, et d’un profil Facebook. Sans cette Sainte Trinité, c’est la disparition des écrans radars, la cyber-invisibilité, le suicide social.

Pour ces raisons, de nombreuses personnalités sacrifient au rituel et se dotent du pack complet. Cela vaut notamment pour les Ministres, assez nombreux sur Twitter. On peut notamment y croiser @françoisbaroin, @nk_m (Nathalie Kosciusko-Morizet),  @Bruno_LeMaire ou…@nadine__morano.

Oui, mais voilà : à l’occasion de la célébration de Noël, Nadine Morano s’est fait diablement remarquer online. Outre sa grande activité sur le réseau social, elle a notamment commis ce Twitt délicieux dans la soirée du 24 décembre, confondant manifestement « nativité » et « natalité » :



Immédiatement, les twittos (ceux qui twittent) s'emparèrent de l’affaire pour lancer un jeu consistant à « remplacer un mot dans un titre de film par Morano ». Ce jeu avait été rendu célèbre il y a quelques temps déjà, lors de l’entrée en campagne de Jean-Pierre Chevènement. Le hastag (mot-clé) #remplaceunmotdansuntitredefilmparchevenement, avait alors fait un tabac. L’engouement fut moindre avec Nadine Morano, mais nous eûmes tout de même quelques belles trouvailles, telles « La Mor(ano) aux trousses », ou « Mora(no) Venise ».

Au matin du 25 décembre, cependant, quelques geeks (cyber-addicts) commencèrent à s’interroger sur l’identité de la twitteuse, en assistant à une froide colère de @nadine__morano à l’endroit de... sa marionnette des Guignols.

Les admonestations, en effet, tombèrent drues sur la page de la Ministre de l’Apprentissage, celle-ci proposant même aux Guignols un déjeuner en tête à tête, visant à leur montrer de quel bois elle se chauffe. « Un dej face à face avec l'équipe des ombres cachée derrière leurs marionnettes » sollicite-t-elle en effet, avant de poursuivre : « ils verront que ce n'est pas parce qu'on a grandi dans une cité et qu'on vient d'une famille d'ouvriers qu'on en est moins classe » et de : « je rêve comme tous ceux que je croise de voir leur tête de bobos parisiens prétentieux et dégoulinants de vérité sur les autres ». Tout ça, madame le Ministre ? Un jour de Noël ? A l’endroit de clowns qui ne sont même plus drôles et que vous prétendez par ailleurs ne jamais regarder ?

Loin de se lasser, Nadine Morano poursuivit ainsi une bonne partie de la journée, hélant les uns, répondant aux autres, distribuant sans compter les « joyeux Noël ».

Toutefois, l’authenticité de son compte fait désormais douter plus d'un internaute. En effet, comment ne pas s’interroger lorsqu’on lit ceci sous la plume d’un Ministre de la République : « de Villepin apparu à Noël, non ce n'est pas Dieu :-) allez sois sérieux reviens à l'UMP dont tu partages l'essentiel des idées ! », mais également : « à tous les anonymes méchants bêtes et vulgaires faites la trêve de Noël montrez vous sous votre meilleur jour soyez sympas bon Noël ».

Ainsi, outre le « buzz » (le tapage) autour des films sur « la natalité », un autre « buzz » (raffut) se fait jour aujourd’hui sur la toile : si ce n’est pas véritablement Nadine Morano qui se cache derrière ce compte Twitter, « de qui @nadine__morano est-elle le nom » ? Et si c'est elle, est-ce beaucoup mieux ?

Lire et relire :
Chroniques de l'arène ordinaire, le "Pendant"  CLICK
Zoé, l'agent conversationnel de vos soirées solitaires  CLACK
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