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vendredi 8 juin 2012

Didido, l’application Facebook pour s’assurer la pelle sans risquer le râteau




Du vaste Luna-Park qu’est notre postmodernité, on avait déjà expulsé l’effort et le dépassement de soi, au profit du loisir décérébrant et du rire obligatoire. Il était logique que l’étape suivante consistât à éradiquer le risque : à Luna-Park, pas question de faire son tour de manège sans avoir solidement attaché sa ceinture de sécurité. Ce qui n’implique nullement le port d’une ceinture de chasteté !

A cette recherche du « risque zéro » il était logique et légitime que les réseaux sociaux, devenus d’authentiques auxiliaires de « vraie-vie », participent à hauteur de leur savoir faire en matière de principe de précaution. C’est à cela qu’est supposée servir une toute nouvelle application du réseau social Facebook : Didido, pour « Ditch », « Dine » or « Do », autrement dit « laisse tomber », « ok pour un diner » ou « d’accord pour… le faire ».

Comment cela fonctionne-t-il ?

Tout d’abord il faut « autoriser l’application » Didido. On ne sait jamais trop ce qu’on leur autorise, aux applications Facebook, ou ce qu’elles s’autorisent toutes seules. Toujours est-il qu’il faut accomplir cet acte initial de volonté qui consiste à installer le bidule.

Après, vous choisissez successivement vos « amis » Facebook et, pour chacun d’eux, vous répondez à la question « tu te verrais bien avec Untel : difficilement, dîner, dormir ». Pas d’inquiétude, c’est 100% « safe ». Si une personne avec laquelle vous désirez « dormir » n’utilise pas l’application, ou si elle a coché une autre proposition, elle ne sera pas notifiée de votre désir brûlant. On ne la sonnera que si elle-même nourrit le même souhait en ce qui vous concerne, et a coché la case idoine sur Didido. Ainsi, deux personnes ayant choisi de « dormir » l’une avec l’autre seront-elles instruites simultanément de leur attirance réciproque par un message leur souhaitant avec tact…une bonne nuit.

Les règles élémentaires de la courtoisie et de la « juste mesure » sont évidemment respectées. Si vous souhaitez « dormir » avec votre contact Facebook mais que lui ne souhaite que « dîner », c’est évidemment « dîner » qui primera. Vous en serez quitte pour un hamburger aux chandelles au MacDo de la zone industrielle de votre patelin. Alors, entre les frites et le Coca, libre à vous de tendre les perches qui s’imposent pour savoir s’il n’y aurait pas moyen, tout de même, de le faire. Là, la taule demeure possible. Limitez l’incertitude en payant les McNuggets.

Le gros avantage de Didido, vous l’aurez compris, est de permettre à chacun de s’assurer la pelle sans craindre la gamelle, et le dodo sans risquer le râteau. Vous voulez « le faire » tous les deux, Facebook vous envoie sa bénédiction dans l’heure. Vous voulez « le faire » et l’autre souhaite « mieux vous connaître » : vous allez dîner. Vous voulez « le faire » et l’autre veut qu’on lui fiche la paix : il sera exaucé en ignorant tout de vos appétits.

Certes, l’application est encore perfectible. Par exemple, elle ne propose pas de cocher, dans une liste de préétablie, les pratiques exactes que vous acceptez/refusez/désirez si jamais vous « le faites ». De même, la liste intégrale des positions du Kâma-Sûtra n’est-elle pas encore été offerte à la présélection. Enfin, aucune brochure de prévention des MST n’est téléchargeable via l’appli. Il demeure donc une petite marge de progrès pour chasser de nos vies intimes toute contingence.

En revanche, pour ce qui est de bannir le romantisme et l’art de la séduction, la chose est bien avancée. Au diable les circonlocutions inutilement poétiques jadis utilisées par un gentleman pour convaincre quelque dame pudique et rosissante de « le faire  ». Plus besoin non plus d’inviter au théâtre ni même d’offrir de menus présents. Toutes ces choses superfétatoires ne visent qu’à faire perdre du temps et à maintenir artificiellement en vie le commerce de proximité, notamment celui des fleurs.

Avec Didido, c’est sans danger, et ça va bien plus vite pour « le faire ». Avec le surcroît de temps ainsi dégagé, vous pourrez enfin vous consacrer à des choses vraiment utiles : live-twitter l’émission « The Voice », jouer en réseau à Doom, acheter des fringues en trois clicks sur virtualboutik.net et sélectionner online le modèle du futur cercueil dans lequel on vous allongera in fine, au terme d’une vie manifestement bien partie pour être vraiment très réussie.
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lundi 9 avril 2012

Je monte le chon, je tombe le caleçhon et je vote Mélenchon.


Ceux qui pratiquent les réseaux sociaux connaissent sans doute le collectif « l’humour de droite » et ses plaisanteries souvent caustiques.
Avec la montée inexorable de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, voici venir le temps de « l’humour de gauche », qui se déploie sur la Toile.

Depuis une semaine circule en effet sur Facebook et sur Twitter un montage anonyme, mais potentiellement attribuable à des militants du Front de gauche : quelques jeunes femmes pulpeuses, que l’on suppose entièrement nues, tâchent de préserver leur vertu en dissimulant leurs opulents atours derrière une large pancarte proclamant : « si tu veux voir nos nichons, vote Mélenchon ».



Vous avez l’impression d’avoir déjà vu cette image ? C’est normal : plusieurs journaux, en relayant « l’affaire », nous en indiquent la source. En réalité, ces sylphides à la silhouette préraphaélite sont les cinq membres d'un groupe de  R&B, Danity Kane. Muses de l’association américaine PETA, qui milite pour la défense des animaux et contre le port du vison naturel, elle proclamaient à l'origine : "plutôt à poil qu'en fourrure".

Largement relayé, ce détournement publicitaire a été qualifié par certains de « dérangeant » : quoiqu’il soit sans doute plus confortable de mener une carrière de chanteuse ou de mannequin que d’être caissière à Prisu, il est toujours de bon ton de proclamer qu’une « famapouale » est nécessairement une « femme objet ». L’unpolitically correctness de la plaisanterie a donc été signalé ça et là par quelques féministes engagées, citoyens conscientisés, ou quidams se disant que même si in petto ils trouvaient ça fort drôle, « on ne sait jamais ».

En dépit de l’effort manifeste des trafiquants d’affiche pour respecter comme il se doit la « diversité », il a pourtant fallu donner quelques gages aux enragés de la lutte contre « toutes les formes de discriminations ». Et les plaisantins d’un donner à ces bégueules pour leur indignation :




Au delà de ces images éminemment troublantes et qui « nous questionnent quelque part », le candidat du Front de gauche avaint déjà inspiré. Ainsi le groupe Psychonada - qui sort un album de soutien à la campagne de « Méluche » - avait récemment détourné le délirant « Louxor j’adore » de Philippe Katerine, pour en livrer une version intitulée « Je re-Mélenchon » :




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dimanche 25 décembre 2011

Twitter : de qui @nadine__morano est-elle le nom ?




De nos jours, le « kit survie-identité-célébrité » se compose d’un blog - même vide - d’un compte Twitter, et d’un profil Facebook. Sans cette Sainte Trinité, c’est la disparition des écrans radars, la cyber-invisibilité, le suicide social.

Pour ces raisons, de nombreuses personnalités sacrifient au rituel et se dotent du pack complet. Cela vaut notamment pour les Ministres, assez nombreux sur Twitter. On peut notamment y croiser @françoisbaroin, @nk_m (Nathalie Kosciusko-Morizet),  @Bruno_LeMaire ou…@nadine__morano.

Oui, mais voilà : à l’occasion de la célébration de Noël, Nadine Morano s’est fait diablement remarquer online. Outre sa grande activité sur le réseau social, elle a notamment commis ce Twitt délicieux dans la soirée du 24 décembre, confondant manifestement « nativité » et « natalité » :



Immédiatement, les twittos (ceux qui twittent) s'emparèrent de l’affaire pour lancer un jeu consistant à « remplacer un mot dans un titre de film par Morano ». Ce jeu avait été rendu célèbre il y a quelques temps déjà, lors de l’entrée en campagne de Jean-Pierre Chevènement. Le hastag (mot-clé) #remplaceunmotdansuntitredefilmparchevenement, avait alors fait un tabac. L’engouement fut moindre avec Nadine Morano, mais nous eûmes tout de même quelques belles trouvailles, telles « La Mor(ano) aux trousses », ou « Mora(no) Venise ».

Au matin du 25 décembre, cependant, quelques geeks (cyber-addicts) commencèrent à s’interroger sur l’identité de la twitteuse, en assistant à une froide colère de @nadine__morano à l’endroit de... sa marionnette des Guignols.

Les admonestations, en effet, tombèrent drues sur la page de la Ministre de l’Apprentissage, celle-ci proposant même aux Guignols un déjeuner en tête à tête, visant à leur montrer de quel bois elle se chauffe. « Un dej face à face avec l'équipe des ombres cachée derrière leurs marionnettes » sollicite-t-elle en effet, avant de poursuivre : « ils verront que ce n'est pas parce qu'on a grandi dans une cité et qu'on vient d'une famille d'ouvriers qu'on en est moins classe » et de : « je rêve comme tous ceux que je croise de voir leur tête de bobos parisiens prétentieux et dégoulinants de vérité sur les autres ». Tout ça, madame le Ministre ? Un jour de Noël ? A l’endroit de clowns qui ne sont même plus drôles et que vous prétendez par ailleurs ne jamais regarder ?

Loin de se lasser, Nadine Morano poursuivit ainsi une bonne partie de la journée, hélant les uns, répondant aux autres, distribuant sans compter les « joyeux Noël ».

Toutefois, l’authenticité de son compte fait désormais douter plus d'un internaute. En effet, comment ne pas s’interroger lorsqu’on lit ceci sous la plume d’un Ministre de la République : « de Villepin apparu à Noël, non ce n'est pas Dieu :-) allez sois sérieux reviens à l'UMP dont tu partages l'essentiel des idées ! », mais également : « à tous les anonymes méchants bêtes et vulgaires faites la trêve de Noël montrez vous sous votre meilleur jour soyez sympas bon Noël ».

Ainsi, outre le « buzz » (le tapage) autour des films sur « la natalité », un autre « buzz » (raffut) se fait jour aujourd’hui sur la toile : si ce n’est pas véritablement Nadine Morano qui se cache derrière ce compte Twitter, « de qui @nadine__morano est-elle le nom » ? Et si c'est elle, est-ce beaucoup mieux ?

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