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lundi 15 juin 2015

Dette grecque : préparez vos oreilles, les révélations vont faire mal !



Individu lambda qui en apprend de bien bonnes sur la dette grecque



Alors que l’hypothèse d’un défaut grec se précise et que la plus grande confusion règne dans le camp des créanciers (le FMI et les « Européens » sont divisés, ce qui n’est pas nouveau) des langues commencent à se délier. Quand tout cela sera fini, on peut s’attendre à quelques aveux croquignolets qui risquent de décoiffer jusqu’aux mieux permanentés de nos européistes. Pour les plus impatients, voici déjà un avant-goût :

1) En mars dernier, un membre du FMI, le Brésilien Paolo Batista, déclarait sur une chaîne de télé grecque que la majeure partie de l’argent qui avait été prêté à Athènes l’avait été pour secourir des créanciers privés, en aucun cas pour aider le pays. « La Grèce a reçu des sommes énormes, mais cet argent a été principalement utilisé pour permettre le désengagement, par exemple, des banques françaises ou allemandes » affirme-t-il dans la vidéo ci-dessous :





2) Plus récemment c’est Philippe Legrain qui confirme la chose. L’ancien conseiller économique de José Manuel Barroso était auditionné jeudi dernier par la « Commission pour la vérité sur la dette grecque », mise sur pieds par la présidente du Parlement hellène Zoé Konstantopoulou. Il y a affirmé ceci : « en 2010, les grands dirigeants européens et le directeur du FMI de l’époque, Dominique Strauss-Kahn, ont délibérément refusé de considérer la Grèce comme insolvable dans le but de protéger les intérêts des grandes banques européennes. En effet, selon les statuts du FMI, cette institution ne pouvait pas prêter à un État dont la dette était déjà insoutenable »

Pourtant, il était indispensable de prêter à la Grèce. Pour quelle raison ? Pour l’aider à sortir du marasme ? Pour le bien de son peuple ? Pour sauvegarder l’idéal européen ? Pas du tout ! Pour aider les banques françaises et allemandes, principales créancières d’Athènes et respectivement engagées à hauteur de 20 et 17,2 milliards d’euros, à retirer leurs billes sans une égratignure. Ce qui fut d'ailleurs grandement facilité par la Banque centrale européenne. En effet, Legrain révèle ceci : lorsque la BCE se décide, en 2010, à intervenir sur le marché secondaire et à y racheter de la dette souveraine dans le cadre du programme SMP (Securities Market Program), c’est pour partie aux banques françaises et allemandes détentrices d'obligations grecques qu'elle rachète des titres. A un bon prix d'ailleurs, toujours selon l'économiste. Ce qui non seulement permet à ces grandes banques de ne rien perdre mais qui leur permet aussi.... de gagner ! 

3) Enfin, peut-être finira-t-on par se souvenir, comme on avait déjà tenté de l’expliquer ici, que l’argent ne se prête pas gratuitement. Ainsi, certains des créanciers de la Grèce ont réalisé des profits en lui faisant crédit. Et oui : ils ont empoché le montant des intérêts correspondant aux prêts consentis.

Mais tout cela n’est rien pour l'heure. Pas de quoi s’affoler. En tout cas, il y en a qui restent sereins. Terminons donc sur une note d'optimisme printanier et de candeur sucrée :






43 commentaires:

  1. Les dettes grecques dans les banques allemandes ou françaises concernaient des épargnants style assurances vie françaises ou allemandes, pas des épargnants forcément riches. Le bonneteau a consisté à transférer la dette grecque sur une assiette plus large, les contribuables français ou allemands, pas forcément épargnants.

    Sauver les banques, a consisté aussi à sauver des épargnants pas si riches, l'oublier c'est un peu louper le centre du problème, des contribuables ou et épargnants pas richissimes de pays parfois aussi plus pauvres que la Grèce qui regimbent à soutenir un pays moins mal en point que certains pays qui le renflouent. Si vous oubliez que l'Europe n'est pas faite que d'épargnants ou de populations de riches contribuables en regard de la Grèce, alors vous avez complètement raté le problème.

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    1. Mais... qui a autorisé ces banques à jouer l'argent des épargnants pas forcément riche au casino ? Personne : elles se le sont autorisé elles-mêmes, faisant fi de toute prudence. Sanction in fine ? Aucune.

      Et sinon, quand on renfloue les banques comme on l'a beaucoup fait, pourquoi ne les nationalise-t-on pas ? Renflouer, c'est mettre de l'argent. En principe, quand je mets de l'argent, je deviens propriétaire. Logique non ? Et juste, me semble-t-il.

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    2. Et pourquoi moi, qui investit mon argent dans une epargne a faible rendement, mais dont les gerants ne prennent pas de risque, devrais-je payer pour ceux que leur 'gourmandise' a pousse vers des epargnes a rendement plus eleve, forcement plus risquees?

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    3. Le seul problème est que vous croyez que vous aller payer, c'est ce que l'on vous dit, 6 à 700€ par français mais c'est faux et ça a été démontré souvent dans des articles de la Tribune par exemple..

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    4. Nous avons la mémoire courte , mais il est vrai que c'est une histoire ancienne mais les Américains , juste après la guerre avec le plan Marschall , a complètement effacé la dette allemande qui elle aussi étais colossale.

      Mémoire ou est tu !!!!!!!!

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    5. Nationaliser les banques, comme de nombreux organismes administratifs, serait une des meilleures solutions à adopter.

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    6. Les états unis ont effacé la dette allemande en confisquant l'or que les allemands avaient placé là bas
      et l'argent prêté par les EU à l'Europe a permis de préserver la santé de l'exportation américaine.

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  2. Euh, ca veut dire quoi renflouer les banques ?

    Les banques ont payé des intérêts sur les aides d'états, mais surtout ce sont les épargnants dans les banques qui ont été sauvegardés, c'est pour bonne partie, ce que vous oubliez, des épargnants souvent modestes qui allaient se retrouver en slip, pas Soros, d'où gros problème politique électoral en France ou Allemagne.

    Si la Grèce fait défaut, ce sont des contribuables de base allemands ou français qui vont essuyer les plâtres, d'où encore clashs électoraux. Les grosses fortunes ont mis leurs avoirs à l'abri par toutes sortes de montages fiscaux, pas les clients bidochons des banques allemandes ou françaises.

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    1. C'est Faux les gt garantissent les petits dépôts à concurrence de..

      Claude Denoun

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  3. Les banques ont été renflouées par la nationalisation de leurs créances.

    Par ailleurs, nombreux sont ceux qui prétendent que les banques créent la monnaie, alors pourquoi dans ce cas était il nécessaire de renflouer des banques qui comme le baron de Münchhausen pouvaient se sauver en se tirant par les cheveux ? Vous voyez bien que le débat actuel est ridicule.

    Les banques sont incapables de se sauver en créant de la monnaie, ni en conservant des créances insolvables qu'elles sont contraintes de transmettre dans le domaine public. La nationalisation de fait des banques a été faite en transmettant leurs dettes aux états. Une nationalisation de forme ne change rien au problème des banques qui de toute façons doivent gérer leurs engagements quotidiens que les compétences régaliennes de l'état sont totalement inaptes à gérer. Vous croyez sincèrement que Bercy maitrise les transactions financières au point de s'en prétendre maitre et expert ? Si oui, alors bon courage, car vous naviguez dans le brouillard de la pleine illusion.

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    1. Mais nationaliser les créances pourries, c'est nationaliser uniquement les pertes !

      En gros, vous semblez considérer que le rôle de l'Etat c'est de prendre les pertes, cependant que celui du secteur privé serait d'empocher les bénéfices quoiqu'il arrive, y compris en cas de faute lourde. Car oui, prêter à un créancier insolvable quand on est banquier (la Grèce était insolvable, tout le monde le savait) est une faute lourde. Moins pudibonds, les Anglais, eux, ont nationalisé Northern Rock.

      Sinon, les banques créent en effet de la monnaie, mais uniquement à partir de monnaie banque centrale. Il faut donc une action de la BCE en amont.

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    2. Coralie, bonjour.
      Je ne suis pas le ou la même "Anonyme" qu'au-dessus.
      Vous dites, "les banques créent en effet de la monnaie, mais uniquement à partir de monnaie banque centrale". Selon ce documentaire pédagogique produit par des économistes et des entrepreneurs britanniques, il semblerait que non, que l'argent soit en très grande partie créé à partir de rien, sans intervention des banques centrales et sans réelle régulation, par des banques privées. Cette création monétaire dérégulée (et sans réelle monnaie, les opérations se résumant à des transferts de montants libellées en chiffres créés sur des ordinateurs) serait l'une des grandes raisons de l'augmentation exponentielle de la dette mondiale et des bulles successives qui engendrent crise sur crise.
      Étant une inculte en économie, je vous laisse juge de la valeur du travail de ces personnes.
      http://positivemoney.org/videos/97-owned-monetary-reform-documentary/

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    3. "les banques créent en effet de la monnaie, mais uniquement à partir de monnaie banque centrale"

      Drôle de gloubi boulga... Les banques privées ne créent pas de monnaie du tout, pas même à partir de monnaie centrale.

      Les banques privées ne font qu'emprunter de la monnaie déjà créée, c'est leur boulot qui s'appelle de l'intermédiation.

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    4. Ah non, ce que vous dites est faux.

      La création de monnaie est le fait des banques commerciales. La création a lieu au moment où la banque commerciale octroie un prêt à un emprunteur. Elle ne le fait d'ailleurs pas à partir des dépôts préexistants, elle le fait par un jeu d'écriture, à l'actif et au passif de son bilan. C'est pour ça qu'on parle souvent de "création de monnaie ex-nihilo".

      Les banques commerciales ne transfèrent en aucun cas de l'argent créé par la Banque centrale vers ses clients, pour une raison simple : la monnaie banque centrale (ou monnaie centrale) ne va pas dans l'économie réelle. Elle reste sur les comptes que les banques commerciales ont auprès de la banque centrale et sert à compenser les mouvements entres les différentes banques privées.

      Elle sert aussi de réserves obligatoires, car la capacité de création de monnaie par les banques privées est limitée par le montant des réserves obligatoires que les banques commerciales détiennent auprès de la BC.

      Dans mon précédent commentaire, j'ai eu le tort de vouloir expliquer hyper vite un truc assez compliqué, ce qui n'était pas forcément malin. De votre côté, il n'est pas forcément malin non plus de parler sans savoir.

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    5. "Elle sert aussi de réserves obligatoires, car la capacité de création de monnaie par les banques privées est limitée par le montant des réserves obligatoires que les banques commerciales détiennent auprès de la BC. "
      Erreur, malgré votre assez bonne compréhension du système de création monétaire. Les réserves obligatoires sont calculées à partir (donc après) des montants de création monétaire effectués par les banques. Les banques seules, souverainement et individuellement (elles se regardent, bien entendu, pour ne pas dire se consultent), décident de combien de monnaie est mise en circulation. Leur mouvement d'ensemble est ensuite observé et le taux de réserves est ajusté, selon l'air du temps politique (ce taux change assez souvent pour comprendre qu'il est bien secondaire).
      Le seul "frein" qui soit efficace est le taux directeur de la Banque Centrale... et encore.

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    6. Et bien j'ai appris quelque chose. Merci !

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    7. Bonjour Coralie

      Attention ! Ce "quelque chose" que vous pensez avoir appris, est... inexact !
      L'explication selon laquelle "le taux de réserves obligatoires est ajusté" vaut pour la Chine (où existe un "État stratège"... capable de jouer son rôle de "gouverneur"... et qui l'ajuste plusieurs fois par an), mais pas pour la zone Euro !
      Les règles prudentielles, (encore appelées "règles de Bâle), sont fixées par la BRI, (qui, comme vous le savez sans doute, est un cartel de banquiers...)
      Aucune de ces règles n'est de nature à limiter le pouvoir de création monétaire d'une banque, qui dépend surtout de sa part de marché (elle détermine la sévérité de l'épreuve quotidienne de la chambre de compensation...), et de la préférence pour les billets de ses clients.
      Ayant, (à la différence de la BC de Chine), renoncé à se servir de la gouverne que constitue le taux de RO, la BCE ne contrôle pas grand chose: lorsque les banques ont un peu trop prêté, elle doit leur "fournir la liquidité" (en monnaie centrale), sous peine de déclencher le fameux "risque systémique", celui qui peut mener à l'arrêt de la chaine des paiements, au blocage de l'activité économique... et au retour, (plus ou moins rapide selon la quantité de billets détenus par le public), à "l'état de nature" ! (Du moins, celui qui existait avant l'invention de la monnaie.)

      Le fait d'avoir une BCE "indépendante"... dont le pouvoir se partage entre Francfort et Berlin, et dont le statut est une copie de celui de la Buba, est une tra-gé-die: sans même s'en rendre compte, il y a 23 ans... E. Guigou et J.Attali ont étendu à tout un continent le statut de la BC d'un pays vaincu et occupé, dans lequel on a voulu mettre le maximum d'obstacles entre pouvoir politique et pouvoir de création monétaire! (Car... "Chat echaudé craint l'eau froide" ! Cf. le "Banquier du Diable" de JF Bouchard, une première... qui éclaire enfin une formidable zone aveugle du débat public et de l'enseignement, dans notre pays.)

      Comme l'avait compris F Bloch Lainé à l'aube des "30 Glorieuses"... la création monétaire permet de financer les investissements publics: ce n'est qu'un outil, et tout dépend de l'usage qu'on en fait:
      de même qu'il serait idiot d'interdire l'usage du marteau après un massacre à coups de marteau... il est dommage, (mais pas pour tout le monde...), de priver la collectivité nationale de l'usage d'un Bien Public (qui n'existe que par elle):
      Pouvoir, dans certaines limites, (tous les mots comptent !), "se prêter à soi même" !

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    8. " il y a 23 ans... E. Guigou et J.Attali ont étendu à tout un continent le statut de la BC d'un pays vaincu et occupé, dans lequel on a voulu mettre le maximum d'obstacles entre pouvoir politique et pouvoir de création monétaire ! "

      Mince. Je savais que la BCE était une copie de la Buba mais je n'avais jamais vraiment vu ça comme ça. Et c'est pourtant tout à fait vrai !

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    9. Sans renverser la table, à Berlin ou à Francfort [#], il me semble qu'il existe un moyen pour tenter de contourner la règle stupide de l'alinéa 123.1 du TFUE: c'est le "mystérieux alinéa 123.2"... dont la présence dans ce texte pourtant écrit pour exclure toute souveraineté monétaire... est inattendue, (serait-ce le signe d'un reliquat de lucidité des "sherpas" de Mitterrand, face aux exigences celui de Kohl... un certain Hans Tietmeyer, actuel VP de la BRI, et ancien P. de la Buba ?!)
      Plus de détails sur le "bon usage", (même détourné...), du 123.2 (ex alinéa104.2 de Maastricht), sur cette page: http://tinyurl.com/dividette

      [#]) Francfort ou... "Eurofort" ?! (Quoique... avec le "QE" à 60 GE/mois... et surtout avec la tentative pour se débarrasser du gvn.t Tsipras, c'est de moins en moins vrai.)

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    10. "La création a lieu au moment où la banque commerciale octroie un prêt à un emprunteur"

      C'est évidemment complètement faux, les banques commerciales ne sortent pas l'argent qu'elles prêtent d'un chapeau, mais elles l'empruntent sur le marché interbancaire et aux banques centrales. Le bilan d'une banque commerciale est constitué de la même façon que celui de n'importe quelle autre entreprise privée, l'actif( les prêts ) égale le passif ( les emprunts, actionnaires ).

      Vous êtes en pleine pensée magique complètement irrationnelle et ensuite vous brodez un beau petit délire quasi complotiste.

      Pourquoi donc une banque privée irait emprunter ailleurs, ce qu'elle fait en permanence, donc payer des intérêts sur ces emprunts, alors qu'elle pourrait selon votre conte de fée prêter avec de l'argent gratuit qu'elle pondrait sans frais ?

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    11. Pardonnez-moi mais je ne brode rien. Ce que je vous ai expliqué ci-dessus sur la création de monnaie est un truc qu'on trouve dans n'importe quel manuel d'économie. J'ai fait de l'éco pendant mes études en fait, c'est pas plus compliqué que ça. Et depuis, il m'arrive de lire des livres. Et de la presse éco en assez grande quantité, parce que ça me passionne.

      Tapez sur Google "création monétaire", vous trouverez des articles en pagaille. Dans votre cas, je crois qu'il serait toutefois judicieux d'ajouter "création monétaire - débutant ".

      Quant à moi je ne dispense pas de cours particuliers. Je vous souhaite donc de bonnes lectures, et aussi de faire quelque chose pour votre mauvaise humeur.

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    12. Sur le fonctionnement (souvent mal connu), d'un système bancaire à réserves fractionnaires, et sur la relation entre la Base monétaire (en monnaie [de Banque]] centrale), et les dépôts à vue (en monnaie "de banque"...), voir cette illustration:
      http://www.france-alter.info/Systeme_Monetaire_a_Reserves_FRACTIONNAIRES.JPG
      (Lien court: http://tinyurl.com/FRAC-FRIC )
      La base monétaire est du même ordre de grandeur que le total du bilan de la BC (en raison du "QE" [Quantitative Easing], elle augmente de plusieurs dizaines de milliards /mois, en ce moment).
      La principale différence entre "monnaie centrale" et monnaie "de banque" est que la BC ne peut pas faire faillite ! (car elle est garantie par l'activité de la collectivité souveraine pour laquelle elle remplit la fonction de "Prêteur en dernier ressort".)

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    13. Un autre "Anonyme".
      Franchement, que des reactions aggressives d'auteurs anonymes, qui en plus ne comprennent pas le système de création bancaire, ni les règles des réserves.

      A l'anonyme qui fait le malin, avec des pseudo-connaissances comptables, quand la banque fait un crédit de 100 à M.X, son bilan reste équilibré: il a une créance de 100 (la dette du client, que celui ci doit à la banque) ) et un passif de 100 (les billets de banque que le client va récupérer suite à son crédit).
      Le bilan n'a rien a voir la dedans.
      Ces 100€, la banque ne les avait pas. Comme le dit coralie, elle les a inventés/crées, de nulle part.
      La question des réserves est encore autre chose: si les réserves obligatoires sont de 10% par exemple alors pour 100 de dépots dans les comptes de ses clients, elle doit avoir 10 en depot (en réserve) à la banque centrale. Si la banque se met à preter frénétiquement, et se retrouve avec des crédits pour un total de 200, elle ne respecte plus ses obligations, et que fait elle? va t elle retirer des crédits? Non, elle va voir la BC et lui emprunte 10. Ses reserves sont alors de 20.

      Pourquoi faire comme ça? parce que contrairement à ce que pensent les économistes neoliberaux, la banque ne fait pas uniquement de l'intermédiation entre épargnants et emprunteurs (c'est à dire les crédits des uns ne sont pas forcement l'épargne des autres). elle a tout intérêt à emprunter à la BC, à un taux ridiculement bas, voire négatif ces derniers temps (oui négatif, en taux réels) et les prêter (10 fois) à des particuliers, à des taux 20, 30, 40 fois plus élevés. C'est en cela que la politique monétaire actuelle est une arnaque: on prete sans compter aux banques, à un taux de 0.5%, et elles se tournent vers des états (espagne, italie , portugal), et le leur prête à 5% - 8%, voire beaucoup plus (25% pour l'argentine). c'est juste un cadeau fait aux banques ! La situation aurait été bien plus facile si la BCE achetait directement les bonds de dette des pays.

      Si vous lisez en anglais je ne peux que vous conseillez Steve Keen, il y a beaucoup de présentations de lui sur le net, et son livre a été récemment traduit en français. Il y a un rapport de la banque centrale écossaise, qui décrit très précisément le mécanisme de création monétaire dans la réalité.

      On parle de création à partir de monnaie BC, car le volume qui peut être crée est en rapport avec les reserves obligatoires. Sauf que les banques en pratique vont d'abord preter, et si elles depassent les limites, ensuite emprunter de la monnaie BC pour rester dans le cadre réglementaire.

      Et si vous avez l'impression de n'avoir rien compris car l'image que vous vous faites maintenant du système est de quelque chose d'ubuesque et marchant sur la tête, c'est que vous avez parfaitement compris...

      A tous les acharnés qui vont attaquer cetet réponse, j'ai volontairemznt simplifié. mais la réalité est plus proche de ce que j'ai écrit, et Coralie, et Zaharia plus haut, que de ce que la plupart des gens s'imaginent, que de ce que les théories disent sur le sujet, que de l'image d'épinal, d'une banque prêtant sur ses dépôts.
      Pablo

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    14. Merci beaucoup, c'est limpide.
      Vous avez du mérite de répondre aussi longuement à l'Anonyme.

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    15. Je lis :
      "quand la banque fait un crédit de 100 à M.X, son bilan reste équilibré: il a une créance de 100 (la dette du client, que celui ci doit à la banque) ) et un passif de 100 (les billets de banque que le client va récupérer suite à son crédit).
      Le bilan n'a rien a voir la dedans.
      Ces 100€, la banque ne les avait pas. Comme le dit coralie, elle les a inventés/crées, de nulle part. "

      Excusez ma naïveté, mais la banque les avait bien les 100€, puisque c'est le billet de banque que le client va récupérer suite à son crédit !

      Je suis preneur de toute explication...

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  4. OUI, Mais l'irradiation provoquée par le défaut grec fera plus de mal encore.
    http://www.lacrisedesannees2010.com/2015/06/la-bombe-atomique-grecque-combien-de-megatonnes.html

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  5. Très bon point sur l'absence de sanction et Northern Rock, Coralie... Les banques retent le seul secteur où l'on peut prendre des risques inconsidérés en faisant payer les autres (càd les contribuables) si çà ne marche pas. Too big to fail, disait-on pendant la précédente crise. Rien n'a change.

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  6. Enfin un papier de Coralie ! ... après une longue cure de James Ellroy ?

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    1. M'en parlez pas ! Je suis au milieu du Dalhia noir et ne parviens pas à trouver le temps de continuer !

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  7. Coralie, j'apprécie beaucoup et votre article et les analyses posées que vous opposez à ce grand courageux d'Anonyme.

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  8. Bonjour et bravo pour cet article !
    PS et UMP LES REPUB ont la trouille car les électeurs vont les cartonner ! C'est une honte que la dette grecque soit le fait de banques France et Allemagne....ça pue la magouille !
    Qu'en pense le Front national ?

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    1. la dette grecque n'est pas "le fait de banques françaises et allemandes", mais celui d'une succession de gouvernements grecs corrompus, magouilleurs et faisant vivre la Grèce au-dessus de ses moyens ! Après que les banquiers français et allemands aient acheté trop d'obligations grecques en compte propre et pour leurs clients, c'est un autre problème (mais vu le poids économique de la France et de l'Allemagne et le développement de leur secteur bancaire, c'est normal qu'ils en aient plus acheté que dans d'autres pays !)

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    2. Vous oubliez dans votre tableau l'opportune complicité d'un commissaire européen et de Goldman Sachs pour trafiquer la comptabilité nationale de la Grèce afin qu'elle entre dans l'Euro et que les multinationales allemandes comme Siemens puissent gagner de nouveaux marchés fort juteux... comme par hasard, 10 ans plus tard GS trouve à redire des comptes nationaux grecs... moi, j'appelle cela délit d'initié ! Le peuple grec a-t-il gagné autre chose que le bétonnage de ses belles iles par des grigous ?

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    3. Quand on parle de gouvernements grecs corrompus, il faudrait aussi se demander qui les a corrompus. Et alors on pourrait se poser la question des infrastructures (cas Siemens, par exemple: 100 millions versés aux décideurs de tous bords entre 1990 et 2000), ou des armements (la Grèce à dépensé en armes largement plus que les autres européens, par rapport au PIB, et bien évidemment la préférence est allé aux produits des pays créanciers...).

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  9. Sur le mécanisme de la création monétaire, on peut aussi visionner l'excellente vidéo de Gabriel Rabhi :

    https://www.youtube.com/watch?v=syAkdb_TDyo

    Et comme remède au problème (des banques commerciales qui créent l'argent ex-nihilo et mettent en péril, par leurs spéculations, les "dépôts" des épargnants et donc tout le système financier mondial), voici la solution suisse, elle s'appelle "monnaie pleine" et consiste à mettre la masse monétaire sous le contrôle exclusif de la banque centrale (ce qui réduirait les banques commerciales à leur rôle d'intermédiaire et permettrait à la collectivité d'engranger les intérêts de l'argent prêté)

    http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/

    Et pour que nous puissions faire la même chose chez nous, nous avons besoin de l'outil dont se serviront les Suisses pour accomplir leur révolution monétaire : le référendum d'initiative citoyenne.

    www.article3.fr

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  10. Varoufakir a raison mais les créanciers ne veulent pas perdre la face. Ils préfèrent donner raison à un nouveau négociateur Euclide ... économiste grec qui a fait ses études à Cambridge et qui défend les mêmes positions mais avec le fair-play british. Jeu d'échecs. Merkel pousse Stauble, Tsipras avance Varoufakir, puis Euclide. Tant que le paroxysme ne sera pas atteint, la catharsis ne peut s'enclencher.

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  11. Macron mériterait de tester en direct le prochain plug anal exposé en France !

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  12. Nationaliser les banques suppose de dédommager les actionnaires, encore eux. Je pense qu'il faut réquisitionner les banques, exproprier l'actionnaire (dans la valeurs des titres comme dans le droit de vote) et emprisonner (pour commencer) les comités de direction.

    Après, on pourra commencer à travailler sérieusement au bien commun.

    J'oubliais: il faudra neutraliser la danseuse du gouvernement actuel qu'est Pierre Gattaz (un danseuse, ça coûte cher, c'est capricieux et c'est infidèle)

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    1. Faire comme l'Islande est le seul moyen, d'éviter les dérives, les guerres et les catastrophes !...Ne laissons plus à ces prédateurs, manants de nos vies, décider pour le bon peuple, l'intelligence et le bien être commun !...

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    2. On ne parle pas de ce type de nationalisation: tout simplement, quand l'Ètat intervient en aide à une banque, il peut n'en prélever des actions en échange. Même une majorité relative, voir absolue. Après, il peut décider de gérer la banque ou, au contraire, de neutraliser les droits de ses titres. Mais il y aura personne à dédommager, du moment que l'acquisition ne s'est pas faite par décret.

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  13. Les banques, par soif de pouvoir et d'avidité de leurs dirigeants, es, sont devenues, le paradis des magouilleux et traficoteux !...Par l'appauvrissement, la collusion et le contrôle des masses. La fornication de ces monstres ignobles ont créé les guerres, les ruines, les révoltes, la misère, le droit de vie et de mort de l'individu et de collectivités entières !...Au début du xx ième siècle, un homme lucide et visionnaire de la trempe d'Alfonse Desjardins, voyant la dérive, l'assujettissement et l'expoitation de l'individu et de la société en général, créa un mouvement coopératif (les caisses populaires), pour l'émancipation économique, l'entraide et le bien commun du peuple asservi (outil de libération) des dérives de ces mêmes banques...Aujourd'hui, Power Corporation (la famille Desmarais et ses prédateurs), valant presque 300 milliards$, manipulant le gouvernement à souhait (le faire et le défaire, selon son agenda personnel) contrôlant à qui mieux mieux, ses pantins polichinelles, clones (clowns de service), veut s'approprier le mouvement Desjardins, par de nouvelles lois, pour changer son statut en celui de banque, ce qui serait à mon avis, le VOL DU SIÈCLE !...L'ARNAQUE, dépossédant le Québec, d'un merveilleux outil de développement collectif...RÉVEILLE TOI PEUPLE, avant d'affronter, l'impensable, l'immondice et ton cauchemar !...

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  14. Le pouvoir politique est muselé par le pouvoir de l'argent. Dans notre société capitaliste ce sont les banques et les gros capitaux qui dictent aux politiques (qu'ils financent dans leurs campagnes, lorsqu'ils n'en sont pas déjà eux même les dirigeants) la conduite à tenir. On ne scie pas la branche sur laquelle on est assis, pour cette raison la nationalisation généralisée des banques qui demandent de l'aide financière ne peut pas se faire. Je suis de tout coeur avec Tsipras, car il défend les intérêts des petits revenus auxquels ont ne peut plus demander de sacrifices. Diminuer de 40% une retraite de 1100 euros ne permet plus de vivre mais seulement de survivre... alors que diminuer de 40% une retraite de 3000 euro, permet de continuer à s'offrir d'avantage que le strict minimum. Que les dirigeant du FMI commencent déjà pas baisser leur propres revenus d'autant afin de voir ce que cela donne sur leur budjet....

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  15. dans la plupart des articles ou commentaires sur les créanciers privés de la grèce, il ne sont qu'évoqués en général;banques allemandes, banques françaises, banques grecques etc. Quelqu'un peut-il me dire avec concision (nom, montant des engagements etc.)qui étaient les créanciers privés de la dette grecques et comment ils le sont devenu?

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