Traduire / Translate

Affichage des articles dont le libellé est Arnaud Leparmentier. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Arnaud Leparmentier. Afficher tous les articles

jeudi 9 juillet 2015

Au sujet de la Une du Point sur les charlatans contre l'Europe






Juste quelques mots. Pour ce qui me concerne, je trouve cette Une un peu tiède. J'aurais préféré un truc du genre : " Les charlatans qui s'allient avec les populistes qui s'allient avec les nationalistes qui s'allient avec les protectionnistes qui s'allient avec les rouges-bruns qui s'allient avec les Arabes qui s'allient avec les musulmans qui s'allient avec les fonctionnaires qui s'allient avec les assistés qui s'allient avec Poutine pour détruire L'Europe - un combat historique".
 
Sinon, j'ai un ami qui s'interrogeait assez judicieusement sur un réseau social ce matin. Dans la mesure où Le Point défend désormais les mêmes idées qu'Arnaud Leparmentier dans Le Monde ou Jean Quatremer dans Libération, peut-on dire que c'est devenu un journal de centre-gauche ? La question mérite d'être posée.
 
En tout cas, on découvre là une sorte de paradoxe : il existe une forme de "populisme européiste". Le Point, c'est une sorte de Bild à la française, mais en version supranationale.
 
Etrange époque décidément....


 

vendredi 15 mars 2013

Libération de la parole eurosceptique: et voici Jean Quatremer




Bon, j’avoue : j’y vais un peu fort. Jean Quatremer n’est pas eurosceptique. C’est même tout le contraire. Le spécialiste des affaires bruxelloises du quotidien Libération est euro-content. Au point que, lorsque son contentement s’affaisse sous les coups de boutoir d’une réalité très très méchante, il nous explique qu’il ne déplore pas le « trop d’Europe », mais, au contraire, le manque d’Europe. Bref, quand Quatremer doute de l’Europe, il en réclame une louche supplémentaire. Masochisme ?

Car Jean Quatremer doute, figurez-vous. Comme il l’explique dans un texte du 14 mars, date anniversaire de la mort de Karl Marx – ce qui ne saurait être un hasard.

Jean Quatremer doute, comme nombre de gardiens du temple eurolibéral avant lui. Je l’ai relevé plusieurs fois sur ce blog. Effondrement des économies d’Europe du Sud, tempête politique en Grèce puis en Italie, alerte rouge sur Chypre qui attend elle aussi son plan de sauvetage, les euro-satisfaits sont inquiets. « Par la barbe du grand Merdalor, où nous sommes-nous trompés ? » semblent-t-ils dire à l’unisson – car l’unisson, c’est leur dada.

Ce fut d’abord François Lenglet, grand spécialiste de l’envoi de messages subliminaux propres à démonter ses propres théories. Ici, il se désolait de l’incapacité française à procéder à une bonne vieille dévaluation compétitive pour cause de monnaie unique : « ce qui explique l'incapacité de la France à retrouver la croissance, c'est son incapacité à retrouver sa compétitivité (…) du temps du franc, notre ancienne monnaie, tout cela se réglait avec une dévaluation. C'était évidemment un choc de compétitivité qui permettait de baisser ses prix ». Décoiffant, François Lenglet - à défaut d’être décoiffé.

Ce fut ensuite Arnaud Leparmentier, dans Le Monde, journal « ouiste » entre tous. Dans un édito intitulé « rêve allemand, cauchemar européen », l’homme s’interrogeait : « fallait-il signer ce traité de Maastricht, qui tourne au désastre ? Après l'avoir tant défendu, on finirait par en douter ». Bigre ! Vingt ans après, il était temps ! Que nous sortira-t-on ensuite ? Que la révocation de l’Edit de Nantes, c’était pas une bonne idée ?

Vient à présent Jean Quatremer, à la fois très soucieux des politiques d’austérité menées en Europe et du caractère peu démocratique des institutions de l’Union. « Après trois ans de crise de la zone euro, tout le monde s’est habitué à ce que des décisions de politique économique, financière et budgétaire, qui intéressent pourtant directement plus de 500 millions de personnes, soient prises dans la plus parfaite opacité et sans aucun contrôle démocratique » se désole le journaliste. Puis d’ajouter : « au final, cet ensemble de textes1 a abouti à priver les démocraties nationales de tout pouvoir sur les politiques décidées par la Commission et les gouvernements à Bruxelles ». Ah boooon ? Mais quelle surpriiiiise !

Certes, lorsque Quatremer cite longuement Daniel Cohn-Bendit, demeuré Dany le rouge pour la seule Guilde des daltoniens coalisés, ou Sylvie Goulard, eurodéputée Modem et co-auteur d’un livre avec Mario Monti, on se doute bien qu’il n’est pas encore tout à fait sur le prêt à prendre le maquis.

Néanmoins, l’expression d’inquiétudes, d’interrogations, de doutes de la part de journalistes qu’on peut difficilement soupçonner d’être des « souverainistes » recroquevillés sur de vieux « égoïsmes nationaux », témoigne d’un sensible dégel2 du débat sur l’Europe.

Ça, l’arrivée du printemps et la sortie prochaine du bouquin d’Anne Hidalgo sont quand même les trois meilleures nouvelles de ce mois de mars. 

1 Il parle ici du TSCG, du Six pack et du Two pack. 
2 Mince, des ours blancs vont encore mourir. 

Lire et relire : 
Protectionnisme : Pascal lamy bientôt journaliste au Monde ?  CLICK 
Compétitivité : ils vont nous faire le coup de l'Espagne !  CLACK 
François Lenglet m'a fait un choc...de compétitivité  CLOUCK 
J'ai lu un édito eurosceptique dans Le Monde  CLONCK 
  

jeudi 28 février 2013

Le jour béni (oui, oui) où j’ai lu un édito eurosceptique dans Le Monde…






Je suis à peu près aussi accro au journal Le Monde que je l’aime peu.

Je l’aime peu parce que je suis en désaccord sur tout ce qu’il professe, ou presque. Mais aussi parce que, lorsqu’il affiche le prix, il affiche aussi la couleur. A 1,80 € le numéro, smicards, chômeurs, précaires, passez votre chemin. Le Monde n’est pas un journal de pauvres1.

J’y suis accro parce que c’est « THE thing to read », un peu comme il existe des « THE place to be2 ». C’est un journal qui dit « ce qui se dit en général », une sorte de CQFD, un thermomètre planté dans le fondement de l’air du temps. Ca permet de savoir comment se porte l’idéologie dominante sans devoir subir l’indignité de passer en caisse avec Libération.

Or, en termes d’air du temps, j’avoue qu’aujourd’hui, j’ai été servie. L’idéologie dominante se porte mal. Très mal. Elle tire à peu près la même figure qu’un sympathisant jospiniste le soir du 21 avril 2002. Au lendemain des élections législatives italiennes, elle est groggy.

J’en veux pour preuve cette chronique intitulée « rêve allemand, cauchemar européen », qui chemine actuellement sur les réseaux sociaux. En voici quelques extraits :

  • En mode "Emmanuel Todd vilipendant l’égoïsme allemand" et au sujet du journal allemand Spiegel : "il se moque du monde comme l’Allemagne se fiche de l’Europe",
  • En mode "Jacques Sapir ratiocinant sur la monnaie unique" : « cette affaire ressemble à un jeu de dupes. Ainsi s'accentue la crise de légitimité politique dans une Europe prisonnière de l'euro. Le Vieux Continent est incapable de remettre à zéro les compteurs de la compétitivité par une bonne dévaluation. Tout débat sur la parité de l'euro vis-à-vis du dollar ou du yuan est proscrit par l'Allemagne3 »,
  • En mode "Mélenchon s’avisant soudain que oups : il a peut-être fait une boulette" : « fallait-il signer ce traité de Maastricht, qui tourne au désastre ? Après l'avoir tant défendu, on finirait par en douter »
  • En mode "François Lenglet faisant un coming out sur France 2" : « mauvais joueur, nous avions grogné contre les électeurs français et néerlandais qui n'avaient rien compris en votant non à la Constitution européenne de 2005. Aujourd'hui, la menace est plus grande encore ».

Non : contrairement à ce qu’on est tenté de croire a priori, ces lignes ne sont pas du foutraque qui, entendant des voix nuitamment, était parti rejoindre Chevènement sur l’autoroute. Elles sont d’Arnaud Leparmentier, un homme au sujet duquel un ancien du Monde écrivait récemment : « il a des convictions libérales qui le rendent parfaitement droito-compatible pour le cas où le pouvoir politique viendrait à changer de couleur ». Ou au cas où Pierre Moscovici deviendrait par inadvertance Ministre de l’économie….

Toujours est-il que le texte est canon. D’abord, il est rare qu’un type qui s’est aveuglé avec constance pendant vingt ans (Maastricht : 1992) l’avoue avec aussi peu de précautions. Bravo. Ensuite, ça préfigure un déverrouillage du débat sur l’Europe qui pourrait être fort bienvenu.
Voici donc ledit papier, sous vos yeux ébahis4 : CLICK

1 Alerte « populisme »
2 Alerte « carpette anglaise »
3 Alerte « germanophobie »
4 Roulements de tambours