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jeudi 8 mars 2012

Sarkozy : un sale gosse en pré-retraite



Nicolas Sarkozy est un enfant gâté, cela n’a échappé à personne. Celui qui se pique d’avoir un « bon job et une belle femme » - en plus d’une belle montre - a toujours eu un petit côté « c’est moi qui pisse le plus loin, troulala, troulalère ». A l’école maternelle, il devait sans doute faire les plus beaux pâtés de sable et, en cours préparatoire, il fut sûrement le premier à pouvoir brandir fièrement le dernier-techno-stylo-à-la-mode-qui-efface-aussi-vite-qu’il-écrit.

Cette propension à la « présidentialité de bac à sable » le rend donc inutilement fanfaron, mais pas seulement. Elle a aussi une contrepartie gênante : tout comme sa rivale Marine Le Pen, le président-candidat a « des tendances scrogneugneu ».

Scrogneugneu, il peut feindre de l’être lorsque cela le sert. On se souvient de son débat de l’entre-deux tours face à Ségolène Royal en 2007. Celui dont on se demandait quelle tactique choisirait pour affronter une femme, avait opté pour le scénario suivant: interpréter le petit garçon injustement tancé par la très sévère matrone du Poitou. Ce jeu l’avait manifestement servi, si l’on en juge par le résultat du scrutin.

Scrogneugneu, Sarkozy peut également l’être à fort mauvais escient. Les téléspectateurs de l’émission de France2 Des Paroles et des Actes ont pu le constater mardi soir. Le sortant s’y est en effet répandu en excuses pour nombre de ses fautes de goût. Le Fouquet’s ? Il n’avait pas réalisé que cela ferait mauvais genre, et voulait juste festoyer entre potes. L’escapade sur yacht de Vincent Bolloré ? Il ne savait pas que cela choquerait. On ne le lui avait pas dit. Il voulait simplement faire plaisir à un vieil ami. Bref, il n’avait pas eu le temps d’apprendre à « faire le président ». Un jeune homme de bonne volonté mais un peu candide, piégé par une bande de copains tapageurs, en somme….

Pour autant, même si Nicolas Sarkozy sait désormais faire ses lacets tout seul, se moucher proprement et se comporter - parfois - en chef de l’Etat, il n’en demeure pas moins un gosse capricieux. La preuve ? Cette déclaration faite ce matin-même au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV « je changerai complètement de vie, vous n’entendrez plus parler de moi si je suis battu ». En d’autres termes, « Sarko » mettrait fin à sa vie politique en cas d’échec le 6 mai.

Entendant cela, on ne peut s’empêcher de sourire, et de penser… à Pépé Soupalognon y Crouton, l’insupportable adolescent d’Astérix en Hispanie, qui poussait le caprice jusqu’à menacer : « si tu ne me donnes pas ce que je veux, j’arrête de respirer ». Le président de la République pratique lui aussi le chantage affectif : « si vous ne me réélisez pas, je tape du pied, je me roule par terre, puis j’arrête tout »….nananère ! 

On se demande quel effet ces enfantillages et autres gamineries peuvent avoir sur un corps électoral épuisé par la crise, et tenaillé par la peur du lendemain. L’égocentrisme d’un homme qui mène une campagne présidentielle comme on brigue un mandat de délégué de classe, et qui semble « faire le job » davantage pour lui-même que pour son pays, pourrait finir rapidement par se retourner contre lui. Faire vibrer la « corde sensible » des Français n’efface pas cinq ans de bilan.

En tout état de cause, bien qu’il ait prétendu ne viser personne en particulier, la sortie de Dominique de Villepin ce matin, arrive à point nommé. « On n’a pas besoin d’une demi-portion à la tête de l’Etat » a affirmé le candidat de République Solidaire.

Merci donc au « petit Nicolas » de bien vouloir ranger sa chambre en quittant le palais de l’Elysée. Puisse-t-il parvenir à se construire une nouvelle vie pleine de fraises Tagada et de séjours à Eurodisney.  

Pour ce qui nous concerne, nous ne bouderons pas…notre plaisir. Troulala, troulalère…..


Lire et relire :
Entre Bisounours et Zorro, Monique choisit Sarko  CLICK
Sarkozy : France d'en bas ou France dans l'eau ?   CLACK
Même bêtement, le changement c'est maintenant   CLOCK

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lundi 5 mars 2012

Micro-trottoir 2012 : Bisounours ou Zorro ? Monique choisit Sarko !



Cet entretien a été réalisé dans le cadre du micro-trottoir 2012 de l’arène nue. Vous pouvez en consulter ici la rapide description, ainsi que les quinze premiers volets (un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze, quinze). Je remercie vivement Monique, mon interlocutrice.
***

Monique a 73 ans et vit à Marseille. Après avoir été infirmière, elle est désormais retraitée. Le 22 avril prochain, elle votera pour Nicolas Sarkozy.

Vous avez voté pour Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007. Pour qui voterez-vous cinq ans plus tard ?

Malgré les défauts et les faiblesses de Sarkozy je voterai à nouveau pour lui car il a un grand sens républicain. Il exprime une réelle envie de moderniser la France et pour cela, il faut du courage - ce dont il semble être pourvu - de l'autorité – il n’en manque pas, et le sens des responsabilités.

Vous lui reconnaissez pourtant des faiblesses. Quelles sont-elles ?

Il a, me semble-t-il un ego surdimensionné. C’est peut-être pour compenser le complexe de sa petite taille qui lui a valu des moqueries. Il a subi à ce sujet des humiliations mesquines et méchantes et cela l'empêche de tenir compte d'avis parfois plus éclairés.

Il a aussi, bien sûr, un style à l'emporte-pièce : il a oublié que notre vieux continent n'a pas la mentalité de l'Amérique. Je pense désormais qu'il en a pris conscience et que beaucoup d'errements de début de mandat resteront comme un brouillon, et lui serviront de leçon dans le cadre d’un deuxième mandat.

Vous dites que Nicolas Sarkozy a la volonté de "moderniser la France". Après les réformes déjà entreprises (réforme des retraites, par exemple), faut-il continuer ? Quelles modernisations vous semblent encore nécessaires ?

Je pense qu'il serait nécessaire de se pencher sur la gestion des hôpitaux et le statut des médecins, qui sont intouchables, et dont l’action continue de grever la Sécurité sociale. Ce sont les assurés en font les frais.

Par ailleurs une  mise à plat et une grande reforme des impôts serait souhaitable, ainsi que des aides sociales. Il n’est pas normal que la moitié des contribuables soient non imposables.

Enfin, il faut aller plus loin dans l'organisation du travail, qui est trop rigide en France, que la formation professionnelle soit mieux encadrée. Nous devons changer nos mentalités de fonctionnaires et d'assistés !

Vous désapprouvez l'assistanat. Mais comment faire autrement pour les gens qui subissent le chômage et ne peuvent vivre que de la redistribution et des aides ?

Ce n’est pas tout à fait ça : je désapprouve la façon dont est géré l'assistanat. Est-il normal que des allocations familiales soient encore versées aux riches gagnant plus de 7 000 € par mois ? Ni la droite ni la gauche ne se penchent sur ce problème ! Est-il normal que la gauche s'oppose à ce que les bénéficiaires  du RSA (ceux en capacité de le faire bien sûr) rendent a la collectivité quelques heures (payées) de leur temps ? On n'encourage pas l'effort  et cela me dérange qu'il y ait tant de fraudeurs et tout le monde le sait !

Alors de l’assistanat – et même plus – d’accord. Mais aussi, davantage d’encadrement et plus de contrôles (tiens, voilà un gisement de centaines d'emplois).  Il faut revaloriser le travail plutôt que l'assistanat, c’est une chose que voulait faire Sarkozy,  mais il s’est heurté à un tollé de la gauche qui l’a fait échouer. !

Pour changer de sujet, comment jugez-vous le soutien des dirigeants européens conservateurs à Nicolas Sarkozy, notamment celui d’Angela Merkel ? N'est-il pas risqué d'apparaître comme un candidat ayant besoin d'être légitimé par d'autres leaders ?

Peut-être mais c'est rassurant aussi de savoir que l'Allemagne accorde sa confiance à Sarkozy en ces temps difficiles pour la gestion de l'Europe. Ce soutien n’a rien d'illégitime. Il est plutôt de bon augure.

Que vous inspirent les polémiques générées par les ministres de Nicolas Sarkozy, notamment par Claude Guéant, qui ne cessent de faire "le buzz" ?

Je déteste les provocations volontaires de Guéant et je déteste les réponses de la gauche qui tombe toujours dans le piège ! Tout cela donne une bien piètre image de nos politiques et de leurs fonctions. Je vais finir par renoncer à m'intéresser aux élections !!!!

N'avez-vous jamais été tentée par un "petit" candidat de droite (Villepin, Dupont-Aignan), voire par un vote centriste ?

Je pourrais être tentée par un vote centriste s’il y avait un candidat costaud, capable de faire un gouvernement d'union nationale. Oui, oui ! Mais avec une droite toujours plus à droite et une gauche toujours plus à gauche cela parait très difficile. Et Bayrou ne semble pas faire le poids....

Vous parlez de "droite de plus en plus à droite" : Nicolas Sarkozy chasse-t-il (comme on le lui reproche parfois) sur les terres du Front national ?

Je ne sais pas répondre à cette question. C’est ce que l’on raconte, mais honnêtement, quel parti refuserait les voix du FN si cela lui garantissait la victoire ? Cette question parfaitement hypocrite fait polémique à chaque élection. Vous-même, pouvez-vous y répondre ?

Pour finir, auriez-vous un conseil à donner à Nicolas Sarkozy pour sa campagne ? Ou un souhait à formuler ?

Je lui donnerais le conseil que l'on m'a donné avant de commencer à toucher une carte au bridge "écoute, regarde et réfléchis". C’est essentiel pour une bonne analyse du jeu, que ce soit le jeu de carte ou le jeu politique.

Un souhait ? La réconciliation de tous les Français, bien mise a mal  en ce moment.

En tout cas, pour sourire un peu je dirais que je ne voterai pas avec enthousiasme mais qu'à choisir entre Zorro et Bisounours  je voterai ZORRO !!! 

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vendredi 27 janvier 2012

Micro-trottoir 2012 : Anne penche pour Chevènement



[Ce texte est également disponible sur Marianne2]

Cet entretien a été réalisé dans le cadre du micro-trottoir 2012 de l’arène nue. Vous pouvez en consulter ici la rapide description, ainsi que les cinq premiers volets (un, deux, trois, quatre, cinq). Je remercie vivement Anne, mon interlocutrice.

***

Anne a 38 ans. Elle est fonctionnaire et occupe un poste à responsabilité dans le domaine des Ressources Humaines.

Coralie Delaume. A 90 jours de l’élection présidentielle, pour quel candidat envisagez-vous de voter ?

Anne. La question est encore un peu difficile car la multiplicité des candidats déclarés ou supposés rend le choix complexe, sauf sans doute pour les militants et les adhérents des différents partis, dont je ne suis pas.

Par ailleurs, un choix trop anticipé pourrait être rendu rapidement caduc par un trop faible nombre de signatures, un abandon ou un ralliement. Cependant, son expérience et ses propositions me portent à m’intéresser particulièrement à Jean-Pierre Chevènement.

C’est une candidature que l’on n’attendait pas forcément. Comment avez-vous réagi à son annonce ? L’espériez-vous ? Suivez-vous Jean-Pierre Chevènement depuis longtemps ?

Je crois avoir été marquée par sa démission – dont j’ai compris plus tard qu’elle était la seconde avant de devenir ensuite la deuxième – du poste de ministre de la Défense lors de la première guerre du Golfe. J’avais alors hésité entre lâcheté devant l’épreuve ou courage pour faire valoir son opinion et ses valeurs. Sa constance, les suites de cette intervention et les explications qu’il a pu ensuite fournir m’ont convaincue qu’il s’agissait bien là de courage, bien rare dans la classe politique.

J’avoue ne pas être une si grande connaisseuse de la vie politique ou une telle admiratrice de Chevènement pour avoir espéré ou avoir conçu de grands sentiments à son annonce. Sa candidature me paraît simplement s’inscrire dans la suite d’une vie courageuse et droite au service d’une conception de la France sans doute disparue en 1969 et qu’il souhaite encore représenter ou au moins rappeler aux électeurs et autres candidats.

1969…pour vous, la candidature de Chevènement est donc une candidature gaulliste avant d’être une candidature de gauche ?

Oui, et c’est en grande partie pour cela que j’envisage de la soutenir par mon vote au printemps. Elle est probablement d’autant plus gaulliste qu’elle ne s’en réclame pas à longueur d’interviews comme continuent à le faire de trop nombreux candidats qui en trahissent par ailleurs le fond après avoir abandonné tout espoir d’en atteindre l’excellence de la forme.

Il est vrai que la référence au gaullisme est devenue très « tendance ». A quel(s) usurpateur(s) pensez-vous en particulier ?

J’aurais tendance à dire : tous ceux qui s’en réclament, en tout premier lieu Nicolas Sarkozy, et cette UMP qui se targue d’avoir encore des représentants du gaullisme (de Fillon à Juppé), alors qu’il n’en est rien. Ces derniers, sans la moindre hésitation, ont permis à l’économie de sortir de son rôle de service de la communauté pour lui abandonner le pouvoir (cette fameuse intendance qui devait suivre dans l’esprit de de Gaulle) ou ont dilué – voire dissout – la souveraineté de la France et la certaine idée que l’on pouvait s’en faire, la réduisant à l’impuissance et bientôt à l’impotence.

Quid de « petits » candidats tels Dominique de Villepin ou Nicolas Dupont-Aignan, qui se réclament également – en particulier le second – du gaullisme ?

Dominique de Villepin a trop longtemps servi des gouvernements tels que je les ai décrits avant de s’en détacher pour des questions de querelles personnelles plus que de vision du monde, même s’il convient de porter à son crédit son action aux Nations Unies avant l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis.

En revanche, la prise de distance déjà ancienne et assumée de Nicolas Dupont-Aignan avec l’UMP et son discours  méritent un réel intérêt. Je ne sais pas ce que penseraient celui-ci et Jean-Pierre Chevènement si je parlais de proximité de leurs analyses et de leur propositions. J’aimerais croire que cette proximité, malgré leurs positionnements de part et d’autre de l’échiquier politique, est le fruit d’un nouveau clivage, désormais plus pertinent et peut-être plus productif que le simple gauche – droite : celui qui sépare les libéraux, économiques et ou sociétaux, et les souverainistes républicains.

Jean-Pierre Chevènement l’a déjà fait savoir : pour lui, le clivage droite-gauche est encore valide, et lui-même se réclame sans ambiguïté de la gauche. Si, au second tour, Chevènement appelait à voter pour François Hollande, seriez-vous prêt à le suivre ?

En aucun cas. A moins peut-être que des engagements majeurs soient pris par le candidat du Parti socialiste  qui reprendraient les objectifs principaux de Jean-Pierre Chevènement sur l’école, la défense, la ré-industrialisation de la France et bien évidemment l’Europe et sa monnaie. Rien n’est pour l’instant moins sûr.

Le récent discours du Bourget prononcé par François Hollande, loué de toute part, ne m’a nullement convaincue. Je crois me souvenir qu’il nous a épargné la légalisation du cannabis, mais, il est revenu sur ces obsessions sociétales de la gauche, telles le mariage homosexuel et, surtout, cette aberration que me semble constituer le vote des étrangers aux élections locales. Il ne me semble pas, pour ma part, que l’on m’ait jamais proposé de voter en Thaïlande ou au Gabon. L’aurait-on fait que je ne m’en serais pas senti la légitimité.

Enfin, Chevènement a une autorité et une aura que lui vaut sa très grande expérience. Il a une stature d’homme d’Etat qu’Hollande - pardonnez-moi – ne me semble pas posséder.

Le sénateur de Belfort est donc expérimenté mais pas trop vieux, selon vous ?

Il n’est certes pas jeune. Mais personne ne glose sur l’âge de Ron Paul, candidat à la primaire républicaine aux Etats-Unis, et âgé de 74 ans.

En effet, sur ce point, il est vrai qu’en France, on ne glose guère ! Pour qui avez-vous voté en 2007 ?

En France, on sait ce qu’il a coûté à Lionel Jospin de gloser sur l’âge de Chirac !
En 2007, j’ai voté pour Nicolas Sarkozy, à l’époque sans hésiter. Même si je répugne à me dire « de droite » puisque comme je vous l’ai dit, je considère le clivage gauche/droite dépassé, je demeure relativement conservatrice. En tout cas, j’aimerais que l’on conserve ce qui mérite de l’être.

Par ailleurs, je ne me voyais pas accorder mon suffrage à Ségolène Royal, dont je doutais vraiment de la capacité à diriger un pays. Enfin, j’avoue avoir un peu cru à l’image que renvoyait Sarkozy, de même qu’à son discours. Cinq ans plus tard, hélas, continuer à y croire relèverait d'une naïveté coupable.

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samedi 21 janvier 2012

Micro-trottoir 2012 : à 26 ans, Didier milite pour Villepin



[Ce texte est également disponible sur Marianne2]

Cet entretien a été réalisé dans le cadre du micro-trottoir 2012 de l’arène nue. Vous pouvez en consulter ici la rapide description, ainsi que les trois premiers volets (un, deux, trois). Je remercie vivement Didier, mon interlocuteur.
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Didier a 26 ans. Titulaire d’un bac + 5, il est en train de créer  une société spécialisée en informatique. Il est engagé dans la campagne de Dominique de Villepin.

Vous êtes l'un des responsables des "Jeunes Solidaires". De quand date votre engagement ? Est-ce le premier ?

Je suis responsable des jeunes dans le Sud de la France. Ce poste consiste à rassembler les jeunes autour de Dominique de Villepin. Mon engagement a commencé avec le Club Villepin. C'est mon premier, car je me retrouve dans le discours de ce candidat.

Vous voterez donc évidemment pour lui en avril 2012. Quelles sont les principales raisons de ce choix ?

Dominique de Villepin est le seul candidat qui pourra redonner à la France son statut. Il a montré par le passé qu'il était attaché à l'indépendance de notre pays, et son bilan de premier ministre montre qu'il pourra réduire la dette et relancer l'activité économique.

Ne pensez-vous pas qu'il contribue à l'émiettement des candidatures à droite, voire, comme on le lui reproche parfois, qu'il cherche à faire perdre Nicolas Sarkozy par animosité personnelle ?

Nicolas Sarkozy n'a besoin de personne pour perdre l'élection présidentielle. Il a un bilan catastrophique, la perte du AAA, la montée du chômage,...

Quelles sont celles des propositions de Villepin qui vous laissent penser qu'il pourrait vaincre le chômage ?

Le soutien aux PME avec une part modulable de l'impôt sur les sociétés qui récompensera les sociétés innovantes qui respectent la parité homme-femme. Avec une TVA sociale sur les produits importés quand le temps sera venu, et, par ailleurs, une part dégressive du revenu citoyen qui favorisa l'emploi ainsi que le pouvoir d'achat des Français.

Votre candidat s'est également prononcé pour la semaine de travail de 37 heures. On a déjà reculé l'âge de la retraite. Ne pensez-vous pas qu'allonger maintenant la durée de la semaine de travail serait impopulaire ?

Etant donnée la situation actuelle, des efforts seront indispensables. L’accroissement du temps de travail sera l’un des efforts demandés aux Français.
Mais ceux-ci ne seront pas les seuls à faire des efforts : ces efforts seront partagés aussi par la classe politique.

Où doit-on véritablement situer Villepin sur l'échiquier politique ? Est-il un candidat gaulliste ? Centriste ?


Il combat la logique des partis. Il se situe au dessus des partis. C'est le seul à proposer une unité nationale dans l'adversité de la crise. C'est le seul à proposer la rupture.
C’est donc un candidat gaulliste sans le moindre doute. Comme le général de Gaulle, il tient à l'indépendance de la France, notamment à la sortie de l’OTAN, par exemple.
Peut-être mettra-t-il même deux compteurs électriques comme le général ? De Gaulle avait en effet installé à l'Elysée deux compteurs EDF afin de dissocier ses frais personnels des frais de l'Etat. Sans doute Dominique de Villepin pourrait-il avoir la même honnêteté.

Puisque nous parlons du gaullisme… une alliance avec un autre candidat se réclamant du général, tel Nicolas Dupont-Aignan, ne vous semble-t-elle pas souhaitable ?

Dominique de Villepin ne s'alliera avec aucun candidat. Il tient à son indépendance. Dominique de Villepin veut aller à la rencontre des Français. Il est le seul candidat qui ait toujours été gaulliste.

Il semble pourtant que certains élus villepinistes soient davantage attirés par le centre que par le gaullisme. Il y a déjà eu des défections au profit de François Bayrou. Ne craignez-vous pas la force d'attraction actuelle de Bayrou ?

Bayrou, c'est un effet de mode. Certaines de ces défections sont dues au fait que ces personnes n'ont pas eu de poste dans l'équipe de campagne.

Je ne crois pas à la force d'attraction de Bayrou. On l’a vu en 2007, Bayrou a fait un bon score au premier tour de la présidentielle, mais il a été incapable de garantir l'unité dans son parti. Bayrou ne pourra pas rassembler les Français et les sondages ne signifient rien à cette époque. Regardez Chirac en 1995, initialement sondé très bas, et finalement vainqueur.

Je me permets une note d’humour : avez vous vu le film "La conquête", où le personnage de Villepin est très présent, ou la BD "Quay d'Orsay" de Lanzac et Blain ? Pensez-vous que votre candidat inspire les artistes ?

Malheureusement je n'ai pas eu le temps de voir « La conquête ». Notre candidat inspire les artistes et continuera de les inspirer durant la campagne. Je vous donne rendez-vous d'ici un mois.

Dans le cas où votre candidat ne figurerait pas au second tour, que décideriez-vous ?

Je n'imagine pas cette éventualité. Pour moi il sera au second tour car les sondages disent ce qu'ils veulent.  Dans un sondage il a atteint 8%. Il est trop tôt pour faire confiance aux sondages. Au deuxième tour je voterai Dominique de Villepin.

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